Un mal pour un bien. En juin dernier, Didier Deschamps avait décidé de ne pas sélectionner Steve Mandanda. Habitué à être convoqué, le portier aux 30 capes n’a pas été retenu, son sélectionneur préférant faire confiance à Alphonse Areola et Mike Maignan pour accompagner le numéro un Hugo Lloris. Un choix totalement assumé par DD puisque Mandanda sortait d’une saison très difficile à l’Olympique de Marseille. Mais cette décision forte n’a pas entamé le moral d’un joueur qui s’attendait à ne pas faire partie de la liste des Bleus et qui a pu en discuter avec son coach. « C’est un échange entre lui et moi. C’est une relation vraie, mais ça ne l’a pas empêché de ne pas me prendre quand je n’étais pas performant. Il est juste, il fait le meilleur choix pour le bien de l’équipe. On en a discuté avant même qu’il ne me sélectionne pas. Je n’étais pas dupe ».

À ce moment-là, le footballeur âgé de 34 ans n’a jamais imaginé stopper l’aventure avec sa sélection nationale. « À aucun moment j’ai pensé arrêter l’équipe de France. C’est un plaisir et un honneur de faire partie de ce groupe, de porter ce maillot. C’est une source de motivation supplémentaire pour pouvoir être performant et avoir dans un coin de ma tête ce rassemblement, être présent dans ce groupe. Pour ma part, ça ne m’est pas passé par l’esprit d’arrêter la sélection ». Mais a-t-il imaginé que Deschamps, qui ne l’a pas appelé non plus en septembre, ne le convoquerait plus ? « Douter ? Forcément, on doute toujours. Dans ma tête, j’avais toujours cet objectif de revenir. Il fallait tout faire pour revenir ; se donner les moyens pour être performant pour postuler en équipe de France. Par rapport aux critiques, ça fait partie du jeu aujourd’hui. Il faut savoir les accepter, comme on accepte les éloges ».

Sa cure à Merano a été l’élément déclencheur de son retour en grâce

Des éloges, Steve Mandanda en reçoit beaucoup. Cette saison, l’ancien joueur du HAC semble revenir à son meilleur niveau (17 buts encaissés, 64 ballons captés et 26 détournés en 13 matches de L1), lui qui a mis le temps qu’il avait à profit cet été pour travailler et suivre une cure à Merano. En effet, le gardien a été pointé du doigt pour son poids l’an dernier alors qu’il était moins impérial et décisif sur sa ligne. « Ce n’est pas une décision que j’ai prise en juin. Elle a été prise bien avant. Par rapport aux matches et à l’enchaînement, je ne pouvais pas la faire. Ça a été un élément déclencheur et derrière il y a eu cette non sélection, difficile au départ. Mais cela m’a permis de souffler, j’ai eu un mois de vacances, ce qui ne m’était pas arrivé depuis longtemps. J’ai pu souffler, m’aérer l’esprit et travailler pour revenir dans de meilleures conditions physiques et mentales. Ça me donne raison aujourd’hui. C’est une bonne chose ». Il a poursuivi : « Etre sportif de haut niveau, c’est être un homme avant tout. On a des passages un peu plus compliqués, des saisons un peu plus difficiles. C’est être fort mentalement, avant tout savoir se remettre en question. C’est ce qui me permet d’être devant vous aujourd’hui ».

Titulaire en sélection en l’absence de son capitaine Hugo Lloris (blessure au coude), le joueur de l’Olympique de Marseille, précieux pour son club, va enchaîner face à la Moldavie et l’Albanie. Mais tout cela ne semble pas lui mettre de pression, d’autant qu’il sait très bien que Lloris retrouvera sa place de numéro un une fois remis. « J ’ai déjà passé beaucoup d’années ici (en sélection). J’ai encore moins de pression aujourd’hui. Hugo (Lloris) n’est pas là, c’est notre capitaine. Peu importe les performances que je peux réaliser, je sais qu’il retrouvera sa place, il n’y a pas de débat ou de souci à avoir. Concernant les adversaires, on n’est pas qualifié. Il y a des adversaires qui sont motivés en face pour jouer le coup à font et participer à cette grande compétition. On sait que toutes les équipes sont motivées face à nous ». Dans les cages tricolores face à la Moldavie jeudi, Steve Mandanda devrait honorer sa 31ème sélection, ce qui en ferait le septième gardien le plus capé avec les Bleus.