Espagne-Irlande : les notes du match
14/06/2012 - 23 h 04 Euro » Euro 2012
Un doublé pour Fernando Torres !©MaxpppL'Espagne fait plus que jamais figure de favori de la compétition après son succès éclatant face à l'Irlande (4-0), désormais éliminée de l'Euro.
L’Irlande pouvait-elle freiner la machine espagnole ? Après tout, l’Italie avait bien réussi à gêner les hommes de Del Bosque... Mais la bande à Robbie Keane n’est pas du même niveau que la Squadra Azzurra et face à une Roja déchaînée, elle a pris un sacrée bouillon. Un 4-0 qui a permis aux Espagnols d’afficher leurs certitudes et de rappeler qu’ils formaient bien la meilleure équipe au monde actuellement. Emmenés par un quatuor Torres-Silva-Iniesta-Xavi de gala, ils ont étouffé leurs adversaires. En prenant bien soin de commencer le plus vite possible. Après une première alerte irlandaise signée Cox, ils ouvraient la marque par l’intermédiaire de Torres, qui profitaient d’une combinaison entre Iniesta et Xavi pour s’en aller allumer Given (4e). Et ce n’est pas cette ouverture du score rapide qui allait les pousser à desserrer l’étreinte.
Des occasions et des frappes en pagaille (7e, 8e, 23e, 25e, 26e, 40e, 41e, 44e) concrétisaient la large domination espagnole. Rendez-vous compte, seuls deux joueurs de la Roja n’avaient pas tiré au but après 45 minutes. Pour les Irlandais, sortir de leur moitié de terrain était déjà une petite victoire ! Ils pouvaient toutefois espérer en rentrant aux vestiaires avec un seul but de retard. Mais l’Espagne n’allait autoriser aucun rêve d’un exploit en prenant le large au tableau d’affichage dès la 49e. Après une frappe d’Iniesta repoussée par Given, Silva s’autorisait un petit numéro dans la surface face à trois défenseurs avant de glisser subtilement le ballon dans le petit filet.
La fin des espoirs irlandais et la poursuite de la ballade espagnole. Malgré un sursaut d’orgueil, les hommes de Trappatoni s’inclinaient à deux nouvelles reprises. D’abord face à un Torres retrouvé, qui concrétisait une ouverture de Silva (70e), puis par son remplaçant Fabregas, qui crucifiait Given (83e). Impériale, la sélection espagnole a livré un véritable récital et s’est rassuré après une prestation moins aboutie face à l’Italie. Alors bien sûr, ce n’était que l’Irlande et la Croatie opposera une opposition d’un autre niveau. Mais la Roja a marqué les esprits et justifie plus que jamais son statut de favori pour la victoire finale. L’Irlande, elle, joue désormais pour du beurre. Avec zéro points, elle est éliminée de la compétition mais aura un rôle à jouer quant aux noms des deux équipes qualifiées.
L’homme du match : Fernando Torres (8,5) : désavoué pour le premier match face à l’Italie, le buteur de Chelsea avait faim ce soir ! Et il n’a mis que 3 minutes à le prouver en allant crucifier Given d’une frappe surpuissante après avoir profité du bon travail de Silva et Iniesta. Il a failli remettre ça 5 minutes plus tard après une remise de la tête d’Arbeloa (8e). Affûté physiquement, il a enchaîné les appels et harcelé en permanence les défenseurs adverses. Parfaitement fondu dans le collectif malgré quelques incompréhensions avec ses partenaires, il s’est offert un doublé à la 70e en exploitant une balle en profondeur de Silva. Remplacé à la 73e par Fabregas après un match de haute volée ! Le joueur de Barcelone a repris le flambeau en inscrivant lui aussi un but à la 83e d’une frappe puissante.
Espagne :
Casillas (6) : un arrêt à la 2e et un autre à la 75e. Entre temps, Casillas s’est tourné les pouces.
Jordi Alba (7) : des montées permanentes et une vitesse de course dévastatrice. Mais il lui a parfois manqué de précision dans le dernier geste.
Sergio Ramos (6) : pas beaucoup de travail mais il a fait l’essentiel en remportant quasiment tous ses duels. Impeccable.
Pique (7) : lui aussi solide défensivement, il a eu le mérite d’apporter un peu plus que son partenaire sur le plan offensif. A noter une belle frappe en première période.
Arbeloa (8) : souvent raillé pour sa qualité technique en peu en-deça, il a livré une prestation de haut vol. Pas embêté par son adversaire direct, il n’a cessé de monter et s’est montré particulièrement précis dans ses centres à ras terre. Il a surtout eu deux grosses occasions de marquer (44e et 48e). Un match plein.
Busquets (7) : il a dominé sans problème l’entrejeu irlandais, aussi bien physiquement que techniquement et s’est lui aussi distingué par une frappe dangereuse mais non cadrée (62e).
Xabi Alonso (6) : l’Espagnol le moins en vue ce soir, avec des imprécisions techniques inhabituelles pour lui. Bien sûr, il n’a pas dépareillé à côté de Busquets et Xavi mais il a connu du déchet dans ses passes. Averti sévèrement et remplacé par Javi Martinez (65e), qui a pris le relai sans problème.
Xavi (8) : impérial comme souvent. A la manoeuvre, il fut incontournable. Un coup à gauche, un coup à droite, il a rendu chèvre les Irlandais et a participé au festival offensif espagnol, en y allant de ses passes en profondeur (sur le premier but pour Silva notamment). Il aurait pu être crédité de plusieurs passes décisives et même d’un but (55e) sans une superbe parade de Given.
Iniesta (8) : que dire sur Iniesta que l’on ne sache déjà ? Sa technique ? Une pure merveille. Ses inspirations ? Souvent géniales. Le petit milieu offensif a encore offert un récital de crochets et de passes délicieuses à destination de ses partenaires. Il aurait pu marquer à plusieurs reprises (23e, 41e, 45+1e) mais s’est surtout distingué par les nombreuses combinaisons qu’il a enclenchées. Un régal. Remplacé par Cazorla (80e), qui s’est mis en évidence par une belle frappe cadrée (82e).
Silva (8) : quel vista ! S’il n’a pas toujours été inspiré ce soir avec quelques mauvais choix, il a fait le boulot en inscrivant un but plein de sang-froid (49e) et en délivrant une passe décisive à Torres (70e). Que lui demander de plus ?
Torres (8,5) : voir ci-dessus.
Irlande :
Given (5) : dure soirée pour le portier irlandais qui n’a pourtant pas démérité. Surpris d’entrée de match par la passivité de sa défense et la violence de la frappe de Torres (4e), il a ensuite repoussé avec constance toutes les tentatives espagnoles en première période de Silva (7e) à Piqué (16e) en passant par Iniesta (23e, 45e+1), Xavi (42e) et Arbeloa (44e). Si le deuxième but espagnol signé Silva (49e) a sonné le glas des espoirs irlandais, lui a continué à repousser la plupart des tirs adverses même s’il a eu tendance à trop boxer des ballons qu’il aurait aisément pu capter. Encore décisif sur des frappes d’Arbeloa (48e), Iniesta (55e) et Cazorla (82e), il perd son duel face à Torres sur le troisième but et ne peut pas grand chose face au talent de Fabregas qui conclut la marque d’une frappe rageuse qui heurte son poteau avant de rentrer.
Ward (3,5) : souvent au duel face à Silva qu’il a eu bien du mal à contrôler, il a réussi quelques bonnes interventions devant le meneur de Manchester City et un retour in extremis sur Torres qui filait au but (67e) mais s’est montré bien trop timide offensivement où il a abandonné Duff à son triste sort.
Dunne (3) : dommage qu’il se soit tiré une balle dans le pied d’entrée de match. Auteur d’un bon sauvetage dans les pieds de Silva à l’entrée de la surface, il oublie de dégager et perd immédiatement le ballon au profit de Torres qui s’en va battre Given d’une frappe lourde du droit sous la barre (4e). Mieux ensuite même s’il a souffert face à la vivacité et la précision des joueurs espagnols, il a tenté d’imposer son physique dans les duels et son jeu de tête sur les rares offensives de son équipe.
St Ledger (3,5) : un peu plus en vue que son partenaire en défense centrale, il s’est distingué par quelques interventions bien senties et a surtout commis moins d’erreurs. Malheureux sur le but de Silva où il prend le ballon entre les jambes et masque son gardien. Averti en fin de match pour une faute sur Ramos (84e).
O’Shea (3) : il avait la lourde tâche de se coltiner Iniesta sur son côté droit et le moins que l’on puisse dire, c’est qu’il a souffert. Constamment mis sous pression par la vitesse, les dribbles et les dédoublements du duo Iniesta/Alba, il s’est contenté de défendre comme il pouvait, ne montant que sur les rares coups de pied arrêtés obtenus par ses coéquipiers. Rarement souverain dans les duels, c’est de son côté que sont venues la plupart des offensives espagnoles.
McGeady (5) : s’il s’est montré très discret en début de match, c’était pour mieux monter en puissance au fil de la rencontre et imposer un pressing plus intense au milieu de terrain espagnol. Rugueux et accrocheur, il a donné de la voix et de sa personne pour tenter d’endiguer les vagues incessantes initiées par les Ibères.
Whelan (5) : un début de match délicat qui le voit perdre un ballon brûlant au profit de Silva aux abords de a surface (12e), il s’est bien repris ensuite en imposant le pressing, en grattant quelques ballons dans les pieds espagnols et en taclant, parfois à bon escient (33e), et parfois moins comme sur cette faute d’anti-jeu sur Silva qui menait la contre-attaque et qui lui vaut un avertissement (45e+1).
Andrews (5,5) : il a donné le ton d’entrée de match sur une bonne frappe contrée (9e) et a gardé la même intensité une bonne partie de la rencontre. Volontaire, combatif, accrocheur, il a réussi de bonnes interventions, notamment devant Silva dans la surface (22e) et a tenu bon même quand l’arbitre s’en est mêlé au point de le faire chuter (35e). Un des hommes en vert les plus en vue.
Duff (3) : pour sa 100e sélection sous le maillot vert, il n’a guère brillé. Trop souvent esseulé sur son côté gauche, il n’a que trop rarement centré pour apporter le danger et a énormément souffert face au pressing espagnol qui lui a fait perdre de nombreux ballons. En charge des coups de pied arrêtés, ils ont été ses seules occasions de briller et il les a trop souvent mal exploité. Remplacé par McClean (76e).
Keane (5,5) : le capitaine courage de cette sélection irlandaise a dû se sentir bien seul à la pointe de l’attaque. Très peu soutenu par une équipe constamment obligée de défendre, il a multiplié les appels dans le dos de la défense pour tenter de déstabiliser une charnière espagnole extrêmement solide. Plutôt bon dans le pressing, il a réussi à gratter quelques ballons dans les pieds espagnols mais sans jamais les convertir en occasions de but. Plus dangereux sur la fin quand le marquage de Piqué s’est relâché, il a sollicité Casillas sur une bonne frappe croisée à l’entrée de la surface (75e).
Cox (2) : en action d’entrée avec une bonne frappe pied gauche de l’extérieur de la surface repoussée par Casillas (2e), il s’est fait plus discret ensuite jusqu’à disparaître totalement. Remplacé par Walters à la mi-temps qui s’est montré plus entreprenant et combatif.
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