Ukraine-France : les notes du match
15/06/2012 - 21 h 34 Euro » Euro 2012
Les Bleus peuvent célébrer leur belle victoire contre l'Ukraine©MaxpppL'équipe de France s'est imposée contre l'Ukraine (0-2) sur la pelouse de la Donbass Arena. Un succès mérité après un match dominé et maîtrisé, malgré une première période hésitante. Les Bleus sont sur les bons rails pour la qualification en quarts de finale.
Une sélection évoluant à domicile et euphorique après une victoire lors du match d’ouverture, un public de la Donbass Arena logiquement acquis à sa cause et des conditions climatiques dantesques (le match a été interrompu après cinq minutes de jeu avant de reprendre aux alentours de 19h) : l’équipe de France a dû franchir plusieurs obstacles pour l’emporter ce soir contre l’Ukraine (0-2). Mais l’essentiel est là. Dominateurs d’entrée de jeu, les Bleus ont raté plusieurs situations chaudes par Ménez (26e, 29e), Benzema (6e, 28e), Mexès (38e) et Diarra (39e).
Ils auraient pu être cueillis à froid sur un contre de l’éternel Shevchenko, finalement stoppé par Lloris (34e). La première période laissait une impression quelque peu mitigée. Au retour des vestiaires, Franck Ribéry et ses partenaires allaient rapidement dissiper ces doutes. Le Munichois initiait lui-même une offensive très rapide, poursuivie par Benzema et conclue par Ménez (1-0, 53e), qui justifiait là la confiance de Blanc. Les protégés du Président passaient la seconde et Yohan Cabaye, sur une belle ouverture de Benzema, aggravait le score (2-0, 56e). La domination s’accentuait en fin de rencontre malgré quelques sursauts d’orgueil ukrainiens désordonnés et inoffensifs.
Score final (0-2). Une excellente opération pour les Tricolores qui prennent provisoirement la tête du groupe C avec 4 points avant la fin de la rencontre entre l’Angleterre et la Suède. Hugo Lloris et ses troupes sont donc maîtres de leur destin. Et s’ils peuvent encore faire mieux, ils ont prouvé qu’ils montaient en puissance dans cet Euro. On ne va pas faire la fine bouche. Après tout, il s’agit de la première victoire de la France dans une phase finale depuis le Mondial 2006 et la demi-finale contre le Portugal (1-0). Et dans les conditions du jour, c’est déjà très bien !
L’homme du match : Frank Ribéry (8) : gros match pour le milieu gauche des Bleus. Il a d’abord aidé Clichy défensivement se montrant particulièrement combatif. Il a ensuite sans cesse mis les Ukrainiens en difficulté en les provoquant balle au pied, débordant d’activité. La majeure partie des actions dangereuses françaises est née de ses pieds avec deux centres en retrait extrêmement dangereux (26e, 29e) et des rushs tonitruants dans toutes les zones du terrain. Sur l’un d’eux, il a d’ailleurs initié l’action du 1-0 (53e). Il a été au bout de lui, confirmant le retour du véritable Ti’Franck sous la tunique bleue.
Ukraine :
Pyatov (6) : ce soir, il avait décidé de faire durer le suspens le plus longtemps possible. Impérial en première période, il a repoussé toutes les tentatives françaises, de Ménez (4e), à Benzema (6e, 27e) en passant par Mexès qui a bien cru ouvrir le score sur une tête qui prenait la direction de la lucarne (39e). Il ne peut pas grand chose sur les deux buts où il est abandonné par sa défense mais il a mis un point d’honneur à ne pas prendre une "valise" et à empêcher Benzema (61e) et Nasri (87e) d’aggraver la marque.
Selin (3) : en difficulté face à la vitesse et aux dribbles d’un Jérémy Ménez mort de faim qui est venu percuter inlassablement sur son côté droit, il n’a jamais été en mesure d’endiguer la vague bleue ni d’apporter une quelconque solution offensive. Averti pour une faute sur Rami (55e).
Khacheridi (3) : s’il a réussi a couper quelques trajectoires en début de match, il a vite montré ses limites face à la vitesse des attaquants français. Des approximations, des relances hasardeuses et une défense qui prend l’eau.
Mikhalik (3) : à l’instar de son partenaire en défense centrale, il est plutôt bien rentré dans son match mais a vite compris qu’il allait souffrir de son manque de vitesse. En permanence sous pression, il a lui aussi fini par céder face à la multiplication des occasions tricolores.
Gusev (3) : il avait la lourde tâche de se coltiner un Franck Ribéry des grands soirs, bien aidé par les montées rageuses de Gaël Clichy et il n’a jamais été en mesure de mettre un frein aux velléités offensives françaises ni d’apporter le surnombre offensivement.
Nazarenko (3,5) : il a certes réussi à gratter quelques ballons en début de match grâce au bon pressing initié par son équipe mais s’est peu à peu noyé, impuissant face à la supériorité du milieu français. Il aurait pu coûter un but à son équipe sur un ballon brûlant perdu au profit de Ribéry (26e) mais Ménez a manqué le cadre. Remplacé par Milevski (60e).
Tymoshchuk (4) : solide à la récupération, il est parvenu à arracher quelques ballons dans les pieds français, avant de baisser le pied progressivement et de se faire plus discret. Des passes manquées, des tirs trop enlevés et un ensemble décevant pour un joueur de son calibre. Averti en fin de match.
Yarmolenko (5) : un des Ukrainiens les plus en vue, il réussit un enchaînement passements de jambes/frappe pied gauche de toute beauté qui file de peu à côté au meilleur de la domination ukrainienne en milieu de première période (25e) avant de disparaître un peu de la circulation. Des centres mal ajustés et une frappe contrée (67e) en deuxième mi-temps avant d’être remplacé par Aliyev (68e).
Voronine (2) : extrêmement discret, l’ancien joueur de Liverpool fêtait ses 32 ans aujourd’hui et a eu bien du mal à exister. Malgré un bon pressing pour gêner la relance en début de match, il n’a strictement rien apporté avant d’être remplacé, à la pause, par Devic qui a apporté plus de mobilité et de vivacité.
Konoplianka (3,5) : percutant en début de match, il a bien gêné la relance française et fait parler sa vitesse sur le côté gauche avant de disparaître des écrans radar en seconde période.
Chevtchenko (6) : il a été tout simplement incroyable de combativité ce soir malgré ses 35 ans. Remuant, disponible, il a multiplié les appels dans le dos de la défense et a fait parler son expérience pour se jouer des défenseurs français et se faire oublier régulièrement. Il s’est baladé sur tout le front de l’attaque pour brouiller les pistes mais a exploité tous les ballons avec intelligence. Il n’a eu que deux réelles occasions à se mettre sous la dent mais les deux ont failli faire mouche et sans un Lloris vigilant, le sort du match aurait pu être tout autre. Un sans-faute. Chapeau.
France :
Lloris (6) : le capitaine de l’équipe de France a eu un seul véritable arrêt à faire, mais il a été présent. Grâce à sa parade devant Sheva (34e), il a maintenu les Bleus dans le match. Vigilant, il a assuré plusieurs sorties ensuite, au sol (37e) ou dans les airs (73e, 85e). Il a été bien aidé par la maladresse des Ukrainiens dans l’exercice des tirs. Un match parfaitement maîtrisé.
Debuchy (5,5) : face au rapide Konoplianka, le Lillois a réalisé plusieurs bonnes interventions (7e, 14e, 21e, 61e), ne lui laissant quasiment jamais d’espace. S’il s’est montré disponible dans le jeu vers l’avant, il n’a pas toujours été très bien servi. Ses centres ont laissé à désirer (84e). Averti (78e).
Rami (4) : il a eu du mal à entrer dans son match avec plusieurs sautes de concentration sur une relance extrêmement dangereuse plein axe (29e) et un marquage très lâche sur Shevchenko (34e). Gêné par l’entrant Devic, il a néanmoins été précieux à la tombée de nombreux ballons aériens et sur deux actions décisives face à Sheva (13e, 51e).
Mexès (5,5) : le Milanais a joué avec le feu avec une passe en retrait très dangereuse pour Lloris (2e) avant l’interruption du match. Bien plus tranchant ensuite malgré une ou deux hésitations ou fautes, il a surveillé Sheva comme le lait sur le feu dans sa zone (23e). Pas vraiment en réussite sur ses relances, il a failli ouvrir le score d’une superbe tête smashée repoussée par Pyatov (38e). Averti (81e).
Clichy (6) : préféré à Evra, il a laissé une impression légèrement mitigée en première période. Il a parfois souffert face au remuant Iarmolenko (37e). Bien meilleur en seconde période, il s’est montré disponible et a complètement pris la mesure de ses vis-à-vis, annihilant plusieurs actions chaudes (73e, 77e) et se montrant disponible offensivement. Solide.
Diarra (5,5) : hormis quelques choix dangereux comme une tête en retrait mal assurée (12e) ou un dribble plein axe (32e), la présence du Marseillais, notamment dans le domaine athlétique, a semblé rassurer la défense tricolore. Moins en vue qu’en seconde période face à l’Angleterre, il s’est tout de même montré utile et s’est encore une fois procuré une occasion franche à la tombée d’un corner, mais un défenseur ukrainien s’est interposé devant ses buts (39e).
Cabaye (8) : le n° 6 des Bleus a effectué une partie de haut niveau avec énormément de ballons grattés dans l’entrejeu et un soutien sans faille à ses latéraux. Intelligent dans le placement et ses transmissions (très peu de touches de balle), il a été un rouage essentiel du jeu français, mettant souvent ses partenaires dans le bon sens. Une partie XXL récompensée par un joli but d’une frappe croisée (56e). Il aurait même pu s’offrir le doublé si le poteau n’avait pas repoussé sa frappe pure (65e). Remplacé par M’Vila (68e). Le Rennais a rassuré sur son état physique. Peu de déchets et une frappe au-dessus (83e) à signaler.
Nasri (6) : il a bien démarré le match, semblant sentir les bons coups et tenant bien le ballon. Plus emprunté dans le cœur du premier acte, disparaissant quelque peu des débats, il a refait surface avant la mi-temps pour adresser un magnifique coup franc à Mexès (39e) et un joli corner à Diarra (39e). Il a souvent cherché des angles de passes compliqués, multipliant trop souvent les touches de balle. Quelques fulgurances techniques (rush 83e et coup franc 87e) trop rares sur la durée du match, mais un match encourageant malgré tout.
Ménez (5,5) : le Parisien a justifié la confiance de Blanc en mettant l’équipe de France sur la voie du succès du gauche à la conclusion d’un bon mouvement collectif (53e). Il a par ailleurs affiché de l’envie et des jambes, même si ses tentatives n’ont pas toujours été heureuses (26e, 29e, 47e). Certaines approximations techniques et ses efforts défensifs trop sporadiques ont toutefois entaché sa prestation. Averti (40e). Remplacé par Martin (73e). Il a apporté du liant quand il le pouvait par son jeu de passes.
Ribéry (8) : voir ci-dessus.
Benzema (6) : comme contre les Anglais en match d’ouverture, il a beaucoup dézoné, décrochant très souvent pour venir chercher les ballons, et a beaucoup tenté de loin sans succès (6e, 28e, 62e). Mais ce soir, le Merengue a su se montrer décisif en offrant deux buts, le premier à Ménez (53e) et le second à Cabaye (56e). Des efforts défensifs à souligner également. Remplacé par Giroud (76e). Le buteur de Montpellier a effectué plusieurs appels et a affiché de l’enthousiasme dans ses remises. Une frappe complètement ratée (80e).
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