Dans un monde du football où seuls les résultats restent dans la mémoire collective, le Stade Rennais n’a pas vraiment été gâté. Depuis 1971 et une Coupe de France glanée face à l’Olympique Lyonnais, le club breton traîne une sale réputation d’équipe aimant la défaite n’ayant toujours réussi à garnir une vitrine à trophées attendant désespérément un nouvel occupant depuis donc maintenant 48 ans. Une frustration qui est devenue encore plus grande sous l’ère Pinault et les trois défaites en finale de coupes nationales (en 2009 et 2014 en Coupe de France, en 2013 en Coupe de la Ligue). À cela s’ajoute également une incapacité à jouer régulièrement les premiers rôles en championnat. Dans son histoire, Rennes n’a ainsi jamais été plus haut que le quatrième rang et la saison passée, cela faisait au moins dix ans que les Rouge-et-Noir n’avaient plus atteint le top 5 de la Ligue 1. Un constat cruel pour les supporters rennais.

Mais cette saison, si le Stade Rennais pointe à une piètre dixième place au classement, une sensation se dégage depuis de nombreux mois. Dotée de plusieurs éléments au profil séduisant (Ben Arfa, Grenier, Sarr, Niang entre autres), l’équipe entraînée par Julien Stéphan séduit. Demi-finaliste de la Coupe de France, Rennes affrontera l’Olympique Lyonnais au Groupama Stadium le 2 avril prochain et peut encore rêver d’une finale au Stade de France. Mais cette année, la principale nouveauté est le parcours européen du club. Après avoir passé la phase de poules pour la première fois de son histoire, le SRFC s’est offert le scalp du Betis Séville en seizième de finale de Ligue Europa, en s’imposant 3-1 en Espagne au match retour, et vient tout juste d’infliger à Arsenal la première défaite de son histoire sur le sol français en huitième de finale aller (3-1). De quoi laisser penser que Rennes a enfin franchi un palier ?

Les bons débuts de l’ère Létang

« On a dit qu’on allait beaucoup travailler pour construire un club pour être performant dans la durée. Le club grandit et ce type de soirée doit donner au club l’envie de revivre une épopée européenne. Et pour ça, ça passe par le championnat.On a basculé avec les joueurs en leur disant qu’on a la réception de Caen. Pour nous, la Ligue 1 reste quelque chose de fondamental. Je crois au bilan dans la durée. En quinze mois, il y a eu un certain nombre de choses qui ont bougé. Il y a un an, quand je disais que je voulais que le Stade Rennais joue une compétition européenne de façon régulière, on m’a peut-être pris pour un fou. Aujourd’hui, on est en train de démontrer qu’on fait un travail de qualité, de fond. Il y a tout un club derrière ce résultat. Je suis très heureux pour tous les gens qui travaillent au quotidien. On retiendra cette soirée si on fait des performances dans la durée », a déclaré Olivier Létang, nommé président du Stade Rennais en novembre 2017.

Et si la volonté de réussir une bonne saison en championnat peine encore à être exaucée, le parcours européen de la bande de Stéphan possède toutefois des effets bénéfiques pour le groupe. « Oui, on se sert de ce genre de matches pour franchir des étapes. Jouer contre des équipes comme Arsenal ça nous aide à nous surpasser. Il faut en profiter et continuer à progresser », a fait savoir Adrien Hunou en zone mixte. « Depuis le début de saison, on travaille très bien. Ça fait quelques mois qu’on est invaincu à domicile et on avait envie ce soir de le rester. On a une équipe plutôt intéressante avec des individualités, mais il ne faut surtout pas s’enflammer », a pour sa part prévenu Clément Grenier. Et pour que cela continue, Rennes va devoir tout donner pour avoir le droit de côtoyer à nouveau le gotha européen la saison prochaine.