Le grand écart. Sacré champion du monde avec la France cet été, Corentin Tolisso a eu le malheur de se blesser en début de saison avec son club, le Bayern Munich. Interrogé à sujet par le site de la FFF, l’ancien Lyonnais est revenu là-dessus : « C’était le premier match de la saison où j’étais titulaire. Il y avait 1-1 à ce moment-là, j’avais marqué. J’étais bien, j’étais content de ce que je faisais. À un moment donné, j’ai la balle, j’essaye de faire une passe entre deux joueurs, elle est interceptée. Du coup, je veux me rattraper. Le joueur passe devant moi, je veux récupérer la balle. Je mets ma jambe devant lui et avec son genou il vient percuter l’arrière de mon genou. Je sens directement que mon genou part. Cette sensation, je ne l’avais jamais ressenti. Je me suis dit c’est grave, ce sont les croisés. La sensation que j’ai eue, c’était vraiment étrange. Je me tiens le genou. J’avais une vive douleur. Les kinés et le docteur arrivent. Là, j’arrive à me relever et à marcher un peu. Donc je me dis que ce n’est peut-être pas si grave que ça. On m’emmène dans les vestiaires. Au bout de 5 minutes quand ils me font les tests, ils me disent qu’ils sont presque sûrs à 90% que ce sont les ligaments croisés. Ils m’ont montré la vidéo du choc. Une heure après, quand j’ai fait les radios, on m’a confirmé que c’étaient les ligaments croisés ».

Il poursuit : « Là, je me dis que je ne vais pas jouer pendant six mois. Ça fait mal, surtout quand on est compétiteur, on a envie de jouer tous les matches. Il fallait faire une grosse saison après le titre de champion du monde. On se dit que tout tombe à l’eau, que ça va être compliqué. J’ai surtout pensé au fait que tout va vite dans le foot. Un mois et demi avant, j’étais en vacances, content d’avoir été champion du monde, je fêtais ça. On ne peut rien y faire ; c’est le destin c’est comme ça. Il faudra être fort mentalement pour justement revenir encore plus fort. La chance que j’ai eue, c’est que je me suis fait opérer 24 heures après, donc je n’ai pas eu le temps de cogiter. J’ai pu passer directement à l’étape suivante, la récupération. J’avais beaucoup d’ambition, beaucoup d’envie cette saison. D’un coup, tout est remis en question ». Mais Tolisso poursuit tranquillement sa rééducation, lui qui ne veut pas précipiter son retour. « Pendant 4 ou 5 semaines, je n’ai pas pu poser le pied à terre. Il fallait vraiment que je fasse attention. Aujourd’hui, je « marche » sans béquilles. Je me suis entretenu physiquement avec le préparateur physique du Bayern Munich. J’ai fait beaucoup d’exercices, j’ai récupéré de la masse musculaire. J’ai récupéré l’extension complète de ma jambe (...) Tu es obligé de passer par là. Il ne faut pas penser à j’aurais aimé jouer ou faire ci ou ça. Je me concentre sur ma progression et mon genou, mais aussi le fait d’aller de l’avant ».