Gros plan sur...Franck Ribery
22/11/2005 - 13 h 47 Foot français
« Scarface » a réalisé l’exploit de devenir en à peine quelques mois l’idole du légendaire Stade Vélodrome. International espoir, le jeune Franck (22 ans) à grandement participé à la qualification des Bleuets pour leur prochain Euro. Alors que les rumeurs enflent quant à son avenir en équipe de France A, la rédaction de Foot Mercato a décidé de réaliser un gros plan sur l’homme aux cicatrices. Nouveau phénomène ou star éphémère ?
Franck est né en 1983, du côté de la calme ville de Boulogne-sur-Mer. Sa vie va être bouleversée par une tragédie digne des romans de Stephen King.
Qu’est ce qu’elle a ma gueule ?
Lors d’un accident de la route, Monsieur Ribery père évite de peu la collision avec un autre véhicule et freine violemment pour s’immobiliser. Le petit Franck (2 ans) ne s’est pas attaché et passe à travers le pare-brise de la voiture. Heureusement, sa vie n’est pas en danger. Mais les séquelles causées par diverses lésions le dévisagent à vie. Franck devra donc vire avec cela, avec le regard des autres. Un regard de dégoût, qui se transformera par la suite en admiration, grâce à l’idolâtrie du ballon rond. Franck donne du plaisir au public, en échange il efface les blessures du passé.
La carrière de footballeur du jeune Franck débute à 16 ans, au sein du centre de formation du LOSC. Doté de qualités innées de dribles et de vitesse, Ribery est un espoir du club. Seulement, l’adolescent est mal dans sa peau, et son comportement laisse à désirer. Ses résultats scolaires en pâtissent. Après seulement 6 petits mois passés dans le Nord, Ribery est licencié.
Road Trip
Il est donc contraint de retourner vivre chez ses parents, du côté de Boulogne-sur-Mer. Il joue pour le club local. Son ascension va commencer à une vitesse folle. Il réalise de bons matchs pour l’équipe locale et suscite l’intérêt d’autres clubs de National. Il pose donc ses (légères) valises en 2002 du côté d’Alès. Il ne restera qu’un an dans le club, jouant 18 matchs. Vient ensuite une année à Brest, un club qui permet une exposition médiatique supérieure. Il y dispute la bagatelle de 35 matchs.
Les sirènes de la Ligue 1 vont retentir pour Ribery. Metz vient superviser plusieurs fois le joueur et réalise un joli coup en le faisant venir. En à peine 20 matchs, Franck va se faire un nom. Son jeu spectaculaire et efficace et sa « gueule » ne le font pas passer inaperçu. Premier fait d’arme : un match énorme au Vélodrome qui plonge l’OM dans une énième crise.
Mais des soucis au sein du club, de nouveaux problème comportementaux (on parle d’une rixe dans une discothèque lorraine) vont encore une fois le mettre sur le départ. Son épouse étant musulmane, Ribery lui-même étant converti, il n’a aucun souci à partir en Turquie, eldorado du football. On pense alors logiquement que le jeune joueur s’est exilé pour l’argent, qu’il n’est qu’un joueur éphémère. Il réalise de belles performances sous les couleurs sang et or de Galatasaray durant 14 matchs. Mais l’adaptation à la Turquie est difficile pour lui et son épouse. Et lorsque les retards de paiement de salaires se font trop fréquents, Ribery en profite pour mettre les voiles.
L’explosion
Il débarque donc au Vélodrome avec une énorme envie de bien faire. L’OM et Ribery se ressemblent beaucoup. Le jeune homme a l’accent de banlieue, la mentalité de guerrier, il ne lâche rien et harangue le stade dès qu’il le peut. Il est devenu une pièce maîtresse, on parle même de Ribery dépendance.
Il débarque chez les Bleuets et s’impose encore. Comme si il avait enfin trouvé la sérénité qui lui manquait, l’équilibre. Dans les interviews, il fait même des déclarations dignes d’un grand numéro 10 bien connu « L’important c’est l’équipe ».
Espérons pour l’avenir du football français que Franck Ribery gagne en sagesse. Ses choix de carrière vont être très importants : continuera t’il à visiter l’Europe, tel un Anelka trop pressé, ou prendra t’il le temps de mûrir, tel un JPP. Le prochain challenge pour Ribery est clair : garder la tête froide face à l’engouement médiatique qu’il suscite, afin de ne pas avoir une fin...à la Scarface.
Laurent Picard
- Foot français
Articles sur le même sujet
Commentaires
