Certains joueurs ont connu des débuts professionnels extrêmement précoces. C’est le cas de la sensation norvégienne Martin Ødegaard (15 ans) ou encore du prometteur Alen Halilovic, qui foulait les pelouses sous contrat dès 16 ans. Mais la situation inverse existe elle aussi, bien qu’elle se présente encore plus rarement. En France, c’est notamment le cas de Steve Savidan, qui a fait ses débuts professionnels à 27 ans en Ligue 2 avec Valenciennes après une saison en National. Bien que son éclosion soit particulièrement tardive, un gardien belge a littéralement fait voler en éclat cette statistique.

Passé professionnel à l’âge de 31 ans, déjà un petit record en soi, le gardien de but du club de Mouscron-Péruwelz en Jupiler League a été titularisé pour la première fois samedi à l’âge de 37 ans lors de la réception du FC Malines ! Et c’est un curieux concours de circonstance qui lui a permis de réaliser cette performance. Seulement troisième dans la hiérarchie du club belge, Patrick De Vlamynck a profité de la convalescence de Sven Dhoest et de la blessure trois jours auparavant de l’ancien Sochalien Pierrick Cros pour prendre place d’emblée sur le pré pour la toute première fois de sa carrière.

« J’ai appris ma titularisation vers 17h lorsque le coach a couché l’équipe sur le tableau. Si je m’y attendais ? Tu sais, quand tu es joueur pro, tu dois t’attendre à jouer n’importe quand, à être prêt quand le coach le demande. Jouer en D1, c’est le rêve de tout footballeur », a-t-il révélé à la Dernière Heure à l’issue de la rencontre. S’il a encaissé un but, sur lequel sa défense s’oublie, il permet tout de même à son équipe d’obtenir le nul (1-1), malgré la relative pression qui pesait sur ses épaules : « Oui, c’était une première pour moi, mais, à 37 ans, je peux affirmer que j’ai assez d’expérience et de maturité pour faire face à cette particularité. Il fallait assez de concentration avant de débuter ce match. Je ne me suis pas mis de pression », précise-t-il.

Il faut dire qu’il n’y avait pas vraiment de raison, l’objectif était déjà atteint en foulant la pelouse ce premier samedi d’octobre au regard de son parcours : « Je suis devenu pro il y a six ans. Avant, ce n’était pas vraiment possible pour moi. J’ai eu quelques contacts avec des clubs de D1, mais à ce moment-là, cela n’était pas possible. C’est la vie qui veut cela. Et puis, cela m’a permis d’avoir de nombreux amis dans le milieu du football qui est finalement très petit en Belgique », explique-t-il. Car auparavant dans sa vie, il lui est arrivé de travailler dans l’entreprenariat, et plus précisément le bricolage.

« Ce n’était pas possible pour moi de concilier le foot au niveau professionnel et mes sociétés », confie-t-il avec du recul. Et maintenant qu’il est lancé, De Vlamynck n’a pas vraiment l’intention de raccrocher : « Actuellement, je me sens bien. Quand vais-je mettre fin à ma carrière ? Quand on ne voudra plus de moi », plaisante-t-il. D’autant qu’il sait que le milieu du football pourrait même lui offrir une reconversion toute trouvée : « Devenir entraîneur des gardiens ? On me l’a déjà souvent demandé. Personnellement, je ne me suis pas encore posé la question car il y a tellement de choses à faire dans le football. Mais pourquoi pas ? Cela pourrait être sympa. » De quoi faire durer le conte de fées.