Ils ont tout gagné ensemble ou presque avec le FC Porto (Ligue des Champions, Liga Sagres, Coupe du Portugal, Supercoupe du Portugal, etc.). Alors, quand José Mourinho a dit à Benni McCarthy, une fois sa carrière de joueur terminée, qu’il avait le potentiel pour être entraîneur, le Sud-Africain n’a pas hésité. « Lorsque j’ai arrêté, j’ai demandé conseil à quelques ex-entraîneurs, dont José Mourinho, à qui je téléphonais et j’envoyais souvent des messages. Je lui ai demandé s’il me voyait bien devenir entraîneur et il m’a répondu : "Benni, tu as une très bonne vision du jeu, tu comprends les joueurs, tu peux devenir un grand entraîneur". Là, je me suis dit que je devais le faire. Car quand José dit ça... », a-t-il raconté dans les colonnes du média belge Sport/Foot Magazine.

Il a donc accepté l’invitation de Chris O’Loughlin à devenir son adjoint sur le banc de touche de Saint-Trond. Même s’il doit pour cela se montrer parfois plus dur que ce qu’il a été lorsqu’il jouait. « Sam Allardyce, mon ex-coach à Glasgow, m’a dit que mon caractère devait changer. Sur le terrain, j’étais un monstre mais en dehors, je rigolais sans cesse, je ne me plaignais jamais. J’étais un bon gars. Trop gentil, trop mou pour être entraîneur, selon Sam. Pourtant, je peux me montrer dur. Demandez-le à ce joueur égocentrique à qui j’ai dit l’autre jour qu’il ferait bien de retirer son doigt de son cul », a-t-il plaisanté. Il faudra un peu de temps pour juger la méthode, car le Bafana Bafana et son staff ont pris le train en match après le départ en début de saison de Yannick Ferrera vers le Standard de Liège.

Aujourd’hui septième de Jupiler League, le promu, au sein duquel évoluent plusieurs Français (William Dutoit, Yvan Érichot, Pierre-Baptiste Baherle, Jean-Luc Dompé, Yohan Boli), compte sur l’expérience de l’ancien international sud-africain (80 capes, 31 buts), passé par l’Ajax Amsterdam, le Celta Vigo, Porto, Blackburn et West Ham notamment, pour continuer à surprendre les grands du football belge. L’intéressé, lui, entend se servir des conseils passé du Special One pour réussir sa reconversion. « Tout le monde cherche le mot exact pour le décrire mais on ne saisit la portée de sa puissance qu’une fois qu’on joue sous ses ordres. À Porto, tout le monde allait au feu pour lui, même les joueurs avec qui ça a coincé au début », a-t-il glissé avant d’ajouter.

Suivre l’exemple Mourinho

« Parce que Mister Mourinho, comme on l’appelait, prenait toujours notre défense, que ce soit auprès de la direction lorsque nous réclamions des primes plus élevées, ou des médias lorsqu’ils nous critiquaient. Je n’ai jamais connu un entraîneur qui se glissait aussi facilement dans la tête des joueurs. C’était un mentor, un ami, un père. Il pressentait le moindre problème », espérant pouvoir motiver ses hommes à la manière du Lusitanien. « Avant un match important, il lui arrivait souvent de donner un DVD de cinq minutes à chaque joueur : deux avec des phases de son adversaire personnel et trois avec un best-of de lui-même. Il me montrait, par exemple, comment j’avais pris le meilleur sur Rio Ferdinand, John Terry ou Paolo Maldini. Du coup, je n’avais plus peur de personne », a-t-il raconté, indiquant comment il motivait.

« D’autant que Mister Mourinho me parlait : "Après le match, il va te demander ton maillot, il n’oubliera jamais l’attaquant qui l’a tué". J’avais l’impression de mesurer deux mètres de plus. Si ça ne marchait pas, parce que je ne suivais pas ses instructions, Mourinho demandait à un équipier de me transmettre un petit papier : "Benni, à deux reprises, tu n’étais pas au premier poteau sur un corner. Si ça arrive encore une fois, je te sors". Ou bien : "Benni, je te donne encore dix minutes pour marquer, sans quoi tu viendras t’asseoir à côté de moi". Dans ces cas-là, croyez-moi, je me donnais à fond », a-t-il assuré, le sourire aux lèvres.

D’ailleurs, à Saint-Trond, McCarthy et le reste du staff aura sous ses ordres plusieurs joueurs prêtés par Chelsea et Mou, à savoir le milieu ivoirien Victorien Angban (19 ans), le milieu offensif chilien Cristian Cuevas (20 ans) et l’attaquant colombien Joao Rodriguez (19 ans). L’occasion de prouver à son mentor qu’il peut faire du bon boulot avec eux avant de les renvoyer vers les Blues. Alors, peut-être, le Portugais fera sa publicité outre-Manche, là où le natif d’Hanover Park au Cap rêve d’officier à l’avenir. « Je rêve d’arriver en Premier League. Et si possible à Manchester United, mon club favori depuis que je suis petit », a expliqué Benni McCarthy. Marcher sur les traces de José Mourinho, encore et toujours...