Leader à l’issue de la fin des 30 journées de Jupiler League, le Club Bruges ne va pas devoir se relâcher. Malgré une saison aboutie, les Gazelles doivent encore batailler pour remporter le titre de Champion de Belgique. Car oui, telle la NBA basket-ball ou encore la Major League Soccer (États-Unis) et la Scottish Premier League (Écosse), la Belgique fonctionne avec un système de play-offs. Celui-ci se déroule sous forme de mini-championnat regroupant les six meilleures formations de la saison régulière. Cette année, les heureux élus sont le Club Bruges, Anderlecht, Charleroi, La Gantoise, Genk et le Standard de Liège. Ces formations vont se battre pour le titre bien entendu, mais aussi pour les accessits européens. Le vainqueur se qualifie pour la phase de poules de la Ligue des Champions tandis que son dauphin devra jouer le troisième tour préliminaire de la compétition.

Les trois places qualificatives pour la Ligue Europa s’effectuent de la manière suivante : le vainqueur de la Coupe de Belgique, soit le Standard de Liège dispute la phase de poules, le troisième se retrouve qualifié pour le troisième tour préliminaire tandis que la dernière place se joue sur un match de barrage entre le quatrième et le vainqueur des play-offs 2 (qui regroupe les équipes ayant terminées entre la 9e et la 15e place cette saison ainsi que les 2e, 3e et 4e de deuxième division). Se disputant sur confrontations aller-retour, les play-offs ont également une particularité surprenante. Ils reprennent le nombre de points obtenus par une équipe lors de la saison régulière et le divisent par deux. Il n’y a pas de demi-points puisqu’on arrondit à l’unité supérieure. Pour ne pas désavantager les équipes qui ont inscrit un nombre de points pair, ces dernières prennent l’avantage en cas d’égalité à l’issue des play-offs.

Vers un duel Bruges-Anderlecht

Ainsi, le Club Bruges qui a obtenu 67 points débute les play-offs avec 34 points, Anderlecht avec 28 points, Charleroi avec 26 points, La Gantoise avec 25 points tandis que Genk et le Standard ont 22 points. En tête avant ces confrontations directes, le Club Bruges est favori pour remporter le quinzième titre de champion de son histoire. Solide leader pendant la grande majorité de la saison (27 journées sur 30), le club entraîné par Ivan Leko a eu la mainmise sur le championnat depuis la 6e journée. Solide sur les confrontations directes avec 16 points inscrits sur 30 possibles, Bruges dispose le meilleur bilan à ce niveau avec Charleroi. Fort d’un collectif bien huilé mêlant expérience et jeunesse, les Flamands doivent convertir un exercice maîtrisé de bout en bout. Porté par le Néerlandais Ruud Vormer, actuel meilleur passeur du championnat (15 offrandes, mais aussi 10 buts) dans son entrejeu, le champion 2016 dispose de deux canonniers avec Abdoulaye Diaby (11 buts) et Hans Vanaken (10 buts). Les internationaux Kenneth Vermeer (Pays-Bas), Vladimir Gabulov (Russie), Jordy Clasie (Pays-Bas) et Matej Mitrovic (Croatie) apportant du vécu à ce collectif qui s’avance en favori. A noter, l’excellente saison du néo-international belge Anthony Limbombe.

Champion en titre, Anderlecht va devoir batailler pour conserver son bien. Après une entame de saison catastrophique aussi bien en Jupiler League qu’en Ligue des Champions - quatrième de sa poule - les Mauves ont réussi à relever la tête. Après s’être séparé de son entraîneur René Weiler, le club de la banlieue de Bruxelles a nommé Hein Vanhaezebrouck. Le technicien de 54 ans a opéré de grands changements au sein de l’équipe. Après avoir installé le solide duo Trebel-Kums au cœur du jeu et reculé Leander Dendoncker en défense centrale, il a remis en selle le buteur polonais Łukasz Teodorczyk. Auteur de 10 buts en championnat, l’ancien attaquant du Dynamo Kiev a retrouvé des couleurs au meilleur des moments. Toutefois, Anderlecht devra faire sans l’Algérien Sofiane Hanni parti au Spartak Moscou au mercato d’hiver. Une perte importante puisqu’il s’était distingué comme l’un des hommes forts du RSCA.

Le Standard de retour dans la cour des grands

Troisième au terme de la saison régulière, Charleroi a su confirmer sa belle progression au cours des derniers exercices. Régulièrement en play-offs, la formation coachée par Felice Mazzu a surpris par sa capacité à se hisser au niveau des meilleurs. Avec le meilleur bilan ex-aecquo lors des matches du top 6, le club wallon a aussi affiché une belle régularité. Seul point noir, une fin d’exercice difficile avec six nuls et deux défaites sur les huit derniers matches. Interrogé par La Dernière Heure, le gardien français Nicolas Penneteau est revenu sur la mauvaise passe de son équipe : « Je pense qu’il y a eu un peu de fatigue, physique et mentale. C’est nouveau pour Charleroi de jouer les premiers rôles. On se rend compte que c’est usant dans les têtes. Les années précédentes, c’était usant, car il fallait absolument rentrer dans les play-offs. Ici, c’était usant pour ne pas laisser les autres équipes nous rattraper. Il faut l’accepter, mais il ne faut pas oublier que nous sommes encore en apprentissage. Charleroi est un club en pleine évolution. »

Moins impressionnants que les dernières saisons, La Gantoise et Genk ont malgré tout atteint les play-offs. Si rattraper Bruges s’annonce peu évident, ces équipes sont respectivement à trois et six points d’une place qualificative en Ligue des Champions. Un objectif loin d’être impossible, mais qui nécessitera toutefois plus de régularité pour deux équipes qui sont en plein renouvellement. En régression depuis la saison 2015-2016 où le club avait atteint les huitièmes de finale de Ligue des Champions, La Gantoise a perdu la plupart de ses cadres à l’image de Danijel Milicevic parti à Metz.. Très irréguliers, les Buffalos peuvent néanmoins nourrir l’ambition de retrouver l’Europe la saison prochaine. Après avoir perdu Leon Bailey et Wilfried Ndidi lors de l’hiver 2017, Genk a complètement rajeuni son équipe. A l’exception d’Ibrahima Seck (28 ans), Danny Vukovic (33 ans) et Thomas Buffel (37 ans), tous les joueurs ont 26 ans ou moins. Un manque d’expérience qui s’est avéré préjudiciable tout au long de la saison.

Dernier larron de la bande, le Standard de Liège a représenté le vent de fraîcheur de cette saison. De retour au premier plan après des années compliquées et qualifiées pour les play-offs pour la première fois depuis 2014-2015, le club coaché par Ricardo Sá Pinto a retrouvé de l’inspiration sous la houlette du Portugais. Après un mercato d’été intéressant où les Rouches ont fait venir Guillermo Ochoa, Luis Cavanda, Duje Cop et Mehdi Carcela-Gonzalez, le technicien de 45 ans a trouvé une alchimie parfaite. Sixième en saison régulière, le club a également remporté la Coupe de Belgique et a déjà composté un billet pour la Ligue Europa. Néanmoins, le club rêve déjà de Ligue des Champions. Une forte ambition que comprend Ricardo Sá Pinto même si ce dernier ne veut pas sombrer dans l’enflammade comme il l’explique dans La Dernière Heure : « Qui en parle ? Quels joueurs ? Ils ont dit cela ? Oui, ils ont même la volonté de finir à la première place. Mais nous devons être calmes, tout en gardant notre ambition, car nous sommes le Standard. Il faudra donner le maximum, profiter de ces affiches, mais nous avons déjà atteint nos objectifs. Nous devons tous être fiers du boulot qui a été accompli. » Pour rêver plus haut, cela démarre dès ce vendredi soir contre le Sporting Charleroi (20h30).