Le rêve des prodiges US tournera-t-il au cauchemar ?
17/02/2009 - 15 h 32 Autres championnats
Coupe du Monde 1994, les États-Unis accueillent pour la première fois l’un des événements sportifs les plus regardés dans le monde. Terre de basket-ball, de base-ball et de football américain dont le jeu ressemble davantage à du rugby qu’à notre football, les USA se mettent au « soccer ». Éliminés sans honte en huitièmes de finale par les futurs champions du monde brésiliens (0-1), les coéquipiers d’Alexi Lalas se prennent au jeu de ce sport peu populaire.
Présente en 1998, la sélection US se distingue en 2002 lorsqu’elle échoue aux portes des demi-finales en se faisant sortir par le finaliste malheureux allemand. Toujours sur ce score maudit de 1 but à 0. Elle ne marquera toutefois pas l’histoire de l’édition 2006 puisqu’elle terminera dernière de son groupe. Derrière les Tchèques, les Ghanéens ainsi que les Italiens, vainqueurs de l’épreuve. Si le mondial allemand ne restera pas dans les mémoires des supporters américains, les présences répétées de son équipe nationale en coupe du Monde ont fait naître une nouvelle mode.
Alors que l’Amérique du Sud est le vivier de talents le plus scruté au monde, son voisin du Nord tend à voir le jour. Lors de ces dernières années, bien qu’ils n’aient pas été nombreux, certains joueurs « made in USA » ont eu la chance d’intégrer les plus grandes formations européennes. Annoncés comme de futurs talents, ils ont aujourd’hui l’opportunité de prouver qu’ils sont les fiers porte-drapeau d’une nation où les équipes de MLS n’ont pas leur stade à elles et sont souvent obligées d’aller jouer sur des terrains de football... américain. Mais ont-ils tous réussi à franchir l’Atlantique avec succès après avoir tant fait parler d’eux ?
Une étiquette de flop qui colle à la peau
Premier cité : Landon Donovan. Âgé de 26 ans, le joueur des Los Angeles Galaxy évolue aujourd’hui au Bayern Munich. Prêté par la formation californienne, l’Américain est de retour en Allemagne pour la troisième fois après deux expériences au Bayer Leverkusen. Un troisième séjour qui tourne au vinaigre, le Bayern n’étant visiblement pas disposé, contrairement au Milan AC, à conserver une des stars des Galaxy. Avec seulement trois apparitions (les 3 comme remplaçant), Donovan n’a inscrit aucun but. Une statistique qui rappelle étrangement celle de la saison 2004/2005 lorsque son compteur but était resté au même niveau lorsqu’il était au Bayer Leverkusen et qui souligne le faible niveau de la MLS. L’an dernier Donovan avait en effet terminé la saison avec 20 buts en 25 matches.
Âgé de 19 ans, Freddy Adu s’inscrit lui dans le rayon des déceptions. Élevé au rang de star dans son pays, le joueur d’origine ghanéenne fait davantage recette en matière de publicité qu’autre chose. Ancien pensionnaire du DC United et du Real Salt Lake, Adu multiplie les essais dans plusieurs clubs prestigieux tels que Manchester United ou Newcastle. Mais à chaque fois il n’est pas retenu. Un fait qui surprend tant la précocité du joueur (il a débuté sa carrière à 15 ans) avait été louée partout. C’est finalement le Benfica Lisbonne qui donne sa chance en Europe. Le résultat est un fiasco total. 2 réalisations en 11 matches (tous comme remplaçant) de SuperLiga. Prêté cette saison à Monaco, l’international US confirme malheureusement que sa destinée risque fort d’être celle d’un flop, même si à son âge il peut encore avoir le déclic qui le fera décoller.
Issu de la même génération qu’Adu, Jozy Altidore peine lui aussi à confirmer chez un grand d’Europe. Arrivé à Villarreal l’été dernier en provenance des New York Red Bulls, cet attaquant de 19 ans n’a pas fait long feu au Madrigal. Après 6 petits matches et 1 but, il est cédé chez le leader de la deuxième division espagnole, Xerez.
Annoncées comme de futurs prodiges, ces starlettes US ont donc plus de mal que prévu à percer sur le Vieux continent. Débarquées d’un championnat plus faible, elles paient sans doute le prix d’une adaptation difficile au haut niveau européen. Jeunes, elles peuvent encore redresser la barre, mais le temps presse, car il leur serait plus que nuisible de voir leur étiquette de flops leur coller à la peau de manière permanente.
Matthieu Margueritte Suivre @MattMargueritte
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