Ce n’est un secret pour personne, la Liga regorge de joueurs intéressants en dehors des quelques grosses écuries qui font la course en tête. Et lorsqu’on parle de bons éléments évoluant ailleurs que chez les cadors espagnols, on doit forcément se tourner vers Alavés. Déjà excellent en deuxième partie de saison dernière, alors qu’il semblait condamné à la relégation en deuxième division, le club basque impressionne, ayant remporté ses trois dernières rencontres de championnat et s’étant fait une place aux côtés des gros. S’il semble tout de même peu probable que le club de Vitoria puisse se maintenir à ces positions Ligue des Champions jusqu’à la fin de la saison, une chose est sûre ; l’effectif regorge de bons joueurs. Parmi eux, Ibai Gomez...

On ne peut pas dire que le Basque soit une révélation, puisqu’il est déjà bien connu des suiveurs de la Liga. Du haut de ses 28 ans, il comptait déjà plusieurs saisons intéressantes à l’Athletic, avant d’arriver chez le (à l’époque) promu Alavés, à l’aube de la saison 2016/2017, après avoir résilié son contrat avec les Leones, où il n’entrait pas dans les plans d’Ernesto Valverde. L’ailier, aujourd’hui utilisé sur le flanc droit du 4-4-2 d’Abelardo, s’est rapidement imposé comme un titulaire du côté de Mendizorroza, mais, comme à Bilbao, les pépins physiques l’ont parfois empêché d’être régulier. Ce qui ne l’a tout de même pas empêché de livrer certaines grosses performances. Cette saison, il a bien commencé, avec 3 réalisations sur les 2 dernières rencontres de Liga.

Loin de la pression de l’Athletic

Mais au delà des statistiques, c’est surtout son style de jeu qui est impressionnant. Celui qui a inscrit un doublé lors de la grosse victoire d’Alavés chez le Rayo ce week-end (5-1) a peut-être la meilleure frappe d’Espagne, et surtout, il est excellent des deux pieds. Droitier, il est tout à fait capable d’envoyer une mine en lucarne du pied gauche ! Et c’est un joueur redoutable balle au pied, dribbleur, intelligent, capable de faire la différence à tout moment, aimant repiquer dans l’axe pour combiner avec ses partenaires du secteur offensif. Il forme un duo redoutable avec Jony, qui évolue lui à gauche.

Un Ibai libéré, loin de la pression inhérente à l’Athletic, qui l’avait déstabilisé lors de ses dernières saisons à San Mamés comme il le confiait à El Correo cet été : « ça m’est arrivé d’espérer ne pas jouer à cause d’une pression difficile à assumer. Tu ne te sens pas bien, pas capable. Mais tu ne vas pas dire à ton coach que tu ne veux pas jouer. J’ai beaucoup pleuré à la maison, passé beaucoup de nuits sans pouvoir dormir. Je me souviens de deux ou trois matchs où j’ai raté des contrôles comme ça ne m’étais jamais arrivé avant. Être sur l’aile et ne pas vouloir le ballon. Je me disais que je perdais la confiance de tout le monde et les gens ne savaient pas ce qui m’arrivait. ». Des problèmes qui rappellent les confidences d’André Gomes sur sa situation compliquée à Barcelone.

Un plan physique particulier et une diète spéciale

Et si le mental n’a pas toujours été au top, le physique lui a aussi souvent fait défaut, à tel point qu’il a dû prendre des mesures. « Pour moi, c’est vital (de prendre soin de soi, NDLR). La nature nous a attribué des caractéristiques physiques et des qualités techniques. Certains joueurs sont mieux physiquement que d’autres sans forcément faire attention à ce qu’ils mangent. Dans mon cas, à cause de mon historique de blessures, j’ai besoin de prendre plus soin de mon corps que d’autres, et ça m’a fait grandir. L’alimentation a été un élément clé dans ma croissance sportive », confiait-il cet été à Marca. Le joueur suit effectivement une diète paleo, basée sur de la viandes maigres, de poisson sauvage, et de fruits et de légumes de saison. Un cas assez rare dans le football, où on encourage généralement la consommation de glucides et d’aliments riches en protéines.

Il travaille également avec des préparateurs physiques et un physiothérapeute particulier, pour l’aider avec ses genoux. Du travail spécifique qui s’est avéré payant, et qui peut notamment expliquer ce regain de forme depuis son arrivée à Alavés. « Avant, quand je jouais, je pouvais à peine marcher le lendemain. Maintenant, je tiens bien pendant les matchs, je termine sans problèmes et après je n’ai plus de gênes », expliquait-il à Mundo Deportivo en mai 2017. Bien installé à Alavés, bien dans sa tête et bien dans ses crampons, Ibai Gomez est dans la forme de sa vie, pour le plus grand bonheur de son entraîneur, de ses coéquipiers, des supporters et des fans de Liga, qui espèrent pouvoir profiter de sa qualité pendant bien longtemps encore...