Saison 2009/2010. Le nord-ouest de l’Espagne assiste à l’explosion d’un tout jeune phénomène issu de l’académie du Racing de Santander, Sergio Canales. Doté d’une conduite de balle extraordinaire, le petit blondinet n’a besoin que de quelques rencontres de Liga pour s’affirmer comme l’un des plus gros espoirs si ce n’est le plus gros espoir du football espagnol. Forcément, le Real Madrid n’a pas voulu laisser passer une telle opportunité, se jetant dessus dès le mercato estival 2010. Mais chez les Merengues, le joueur originaire de Cantabrie a, comme c’est souvent le cas pour les jeunes qui débarquent à Concha Espina, dû se contenter d’un temps de jeu plus que famélique. A l’été 2011, il prend donc la direction de Valence, dans le cadre d’un prêt avec option d’achat. Et c’est là que le calvaire va commencer. Les croisés dès le mois d’octobre 2011, puis une nouvelle fois les croisés quelques semaines après son retour, en avril. En hiver 2014, il débarque à la Real Sociedad.

Au Pays-Basque, les choses se passent plutôt bien et il retrouve des sensations. La saison 2015/2016 aurait pu marquer un tournant dans sa - toujours jeune - carrière. Mais juste avant la trêve hivernale, rebelote. Les croisés. Il revient donc pour le début de la saison 2016/2017, regagnant peu à peu une place de titulaire, jusqu’à son explosion définitive lors de la saison 2017/2018. Affichant une force et une détermination sans relâche, on voit vite qu’il n’a rien perdu de son toucher de balle, en plus d’avoir énormément gagné en maturité, ce qui lui permet de prendre les commandes du secteur offensif de l’équipe. En fin de contrat, il s’envole vers le Betis. Un mariage qui semblait idoine, puisqu’il allait évoluer sous les ordres de Quique Setién, avec qui il partage les mêmes origines, mais surtout, un coach qui sait particulièrement bien exploiter les joueurs de son profil, dans un schéma de jeu très porté vers l’attaque. Mais la réalité a peut-être même dépassé les attentes qu’avaient les observateurs.

La sélection en ligne de mire

Dix ans après ses premiers pas en Liga, Sergio Canales est enfin ce joueur à qui on prêtait un avenir brillant. Bien installé dans l’entrejeu andalou, aux côtés de joueurs comme Giovani Lo Celso et avec une certaine liberté pour "entreprendre" balle au pied, le joueur de 27 ans s’éclate. Son talent n’était pas à remettre en question, mais il sait maintenant se montrer régulier. Capable de briser des lignes via des gestes techniques qui scotchent les défenseurs à la pelouse ou par des passes bien senties, Canales est la pièce maîtresse de ce Betis de Quique Setién. Mieux encore, il affiche un état de forme physique incroyable, à l’heure où certains commencent à accuser le coup, dissipant ainsi tous les doutes concernant ses pépins physiques passés. On commence également à lui découvrir une nouvelle facette, celle de finisseur, comme le témoignent ses six réalisations en championnat cette saison.

« Quand je suis venu ici, j’étais convaincu que le coach allait tirer le meilleur de moi. [...] Je pense que oui, je suis dans le meilleur moment de ma carrière, surtout grâce à la continuité que j’ai dans l’équipe », confiait-il à la Cadena SER il y a quelques jours. En Espagne, tout le monde est sous le charme. « Sa mentalité est incroyable, au delà de son niveau footballistique. Il est à un niveau pour être sélectionné », expliquait ainsi Dani Parejo, le capitaine de Valence, aussi à la SER. « Sergio est incroyable. Il a eu plusieurs blessures au genou, et au final il s’agit de s’entraîner, travailler, prendre soin de soi », confiait Jesé lors de sa présentation. Il faut dire que de l’autre côté, une absence dans la prochaine liste de la Roja serait difficilement acceptée par bon nombre de journalistes et de fans. Canales lui même a confié avoir la sélection pour objectif. Nul doute que s’il continue à ce niveau, Luis Enrique n’aura pas d’autre choix que de l’appeler.