Eté 2000. Florentino Pérez, brillant homme d’affaires ayant fait fortune dans le monde de la construction après une légère aventure dans la politique, accède à la tête du Real Madrid après avoir battu le président encore en poste, le controversé Lorenzo Sanz. L’objectif était clair, remettre le Real Madrid sur des bons rails après une décevante cinquième place lors de la saison écoulée. Ce fut une bien belle réussite, puisque lors de son premier mandat, le club de la capitale s’empare de deux titres nationaux et d’une Ligue des Champions notamment. Et pour ce faire, Pérez n’a pas lésiné sur les moyens, bien au contraire, avec le recrutement des célèbres galactiques, et les arrivées de joueurs du calibre de Figo, Zidane, Ronaldo ou encore Beckham. Dans le même temps, il mène la politique des Zidanes y Pavones, visant à promouvoir des jeunes dans l’équipe première, à l’image du célèbre Francisco Pavon ou de Raul Bravo. Son deuxième mandat, débuté en 2004, sera cependant moins fructueux, et il pose sa démission en 2006.

Il revient à la tête du club en 2009, après des saisons encore moyennes sur le plan sportif et une situation de crise sous le règne de Ramón Calderón. Là encore, il poursuit sa politique de Galactiques, avec des joueurs qu’on ne présente plus, comme Kaka, Karim Benzema, Xabi Alonso, Cristiano Ronaldo. Mais les critiques vont vite s’abattre sur Pérez, puisque les résultats sur la scène européenne ne s’améliorent clairement pas, alors que la domination du FC Barcelone en Espagne s’accroît avec Pep Guardiola. L’arrivée de José Mourinho devait cependant changer la donne, mais il n’en sera rien, malgré un titre de champion en 2011/2012. Au printemps 2013, José Mourinho fait ses valises. Florentino Pérez, critiqué de toutes parts, semblait lui aussi sur le point de faire ses valises. Les supporters lui reprochent une gestion désastreuse du club, se contentant d’empiler les noms sans réelle politique sportive. Et là encore, la comparaison avec le Barça a fait mal, d’autant que d’autres soucis, comme des supposées aides illégales de l’état ont surgi. Seulement, pour les élections de l’été 2013, aucun autre candidat ne s’est présenté. La faute aux nouvelles restrictions imposées par Florentino Pérez pour se présenter, que nous vous expliquions plus en détail dans cet article, empêchant pratiquement l’apparition de nouveaux candidats potentiels à la présidence du Real Madrid.

Le retour de la domination européenne

En 2013, il est donc réélu, et confie les clés du camion à Carlo Ancelotti. S’il n’y a pas eu de changements majeurs dans l’organigramme du club, Pérez semble s’être remis en question. En l’absence de directeur sportif, le principal dirigeant madrilène est, avec son bras droit José Angel Sanchez, est celui qui dicte la politique sportive de l’entité madrilène. Avec une équipe déjà bien en place, il n’a pas été question de recruter de nouveaux galactiques, si ce n’est Gareth Bale. Les Merengues ont donc principalement recruté des joueurs d’appoint, tout en préparant l’avenir en recrutant une grande quantité de jeunes talents, que ce soit en Espagne ou même dans le monde, tout en hésitant pas à aller piocher dans la cantera. Et plutôt que de faire monter les joueurs directement en A, le Real Madrid n’a pas hésité à les prêter, comme ce fut le cas avec Carvajal, Lucas Vazquez, Marco Asensio (cependant formé à Majorque) ou Marcos Llorente, qui portera la tunique blanche la saison prochaine.

Aujourd’hui, l’effectif madrilène est impressionnant, et en termes de jeunes talents, le Real Madrid a probablement ce qui se fait de mieux dans le monde : Kovacic, Asensio, Isco, Llorente, Sergio Diaz et bientôt Théo Hernandez. Les prochaines saisons s’annoncent donc particulièrement prometteuses pour la formation de Zinedine Zidane, d’autant plus que sur le plan économique, le club continue de se porter de façon exceptionnelle, avec des revenus qui ont augmenté de 7% entre la saison 2014/2015 et l’exercice 2015/2016. Sa faculté à diriger le Real Madrid d’une main de maître n’est plus à prouver, refusant par exemple de faire du business avec certains agents comme Mino Raiola (cf, le cas Paul Pogba) et ayant une belle capacité à revendre des joueurs pas forcément dans leur meilleur moment à des prix d’or. Cette fois, c’est le Barça qui prend cher dans la comparaison inévitable entre les deux cadors espagnols. Dans un domaine plus polémique, ses affinités avec la presse espagnole lui ont aussi rendu de fiers services, et même si c’est pour le moins contestable d’un point de vue éthique, ceci témoigne de sa puissance et des manœuvres qu’il met en place pour assurer le bien-être de l’équipe. Un temps principalement soutenu par la vieille garde des socios madrilènes, il fait désormais l’unanimité. Et cet été, pour bien démarrer son nouveau mandat, il va avoir du pain sur la planche, à commencer par le cas Cristiano Ronaldo qu’il va falloir gérer au plus vite...