Véritable révélation de la saison dernière avec Villarreal, Rodri a rejoint l’Atlético de Madrid cet été. Un retour aux sources, puisque l’international espagnol a effectivement fait ses premiers pas au sein du club colchonero, avant de s’en aller terminer sa formation du côté du Sous-Marin Jaune. Souvent comparé à Sergio Busquets, dont il est appelé à prendre la place en sélection, il n’a coûté que 20 millions d’euros au club de la capitale espagnole. Et son apport est immédiat. Très rapidement, il s’est imposé dans le onze titulaire de Diego Simeone, prenant la place laissée vacante par le capitaine Gabi dans le double-pivot du 4-4-2 du Cholo. Le numéro 14 colchonero, dans un registre différent de son prédécesseur, apporte tout autant si ce n’est plus.

Concrètement, Rodri est moins "guerrier" que Gabi. Avec son arrivée, l’Atlético a perdu un peu de muscle dans l’entrejeu, et c’est donc pour ça qu’il semble peut-être un peu plus vulnérable défensivement et que Jan Oblak, Godin ou Giménez ont plus de boulot. Bien qu’il soit tout à fait capable d’arracher des ballons dans les duels, le joueur de 22 ans est effectivement plus dans l’anticipation et la lecture du jeu que dans la lutte corps à corps, ce qui lui permet de réaliser bon nombre d’interceptions avant de lancer une contre-attaque. Il brille également dans le jeu aérien, où sa taille (1m91) lui offre logiquement un avantage conséquent sur ses vis à vis.

Un grand bol d’air frais au milieu

Mais c’est surtout lorsque son équipe a le ballon que son apport est remarquable. Sa vista et sa qualité technique lui permettent d’être la première rampe de lancement de l’Atlético, et il n’a aucun mal à briser les lignes via un ballon bien senti pour un partenaire placé plus haut sur le terrain, comme il est aussi capable de temporiser et de calmer le jeu si besoin. Lors du derby face au Real Madrid, où il avait tout de même de beaux clients en face de lui, 49 de ses 51 passes ont trouvé leur destinataire. Les ballons arrivent plus régulièrement aux joueurs en charge de créer le jeu. Sa facilité à protéger et conserver le ballon est aussi épatante. « Rodrigo grandit au fur et à mesure des matchs, il a une très bonne sortie du ballon qui nous permet de nous positionner entre les lignes sur les séquences offensives et faire très mal au rival », lançait récemment Diego Simeone.

L’entraîneur argentin a ainsi gagné en talent, en fraîcheur et en créativité dans l’entrejeu, et son arrivée fait forcément du bien à ses partenaires. Saúl par exemple, est un peu plus libéré, laissant les premières séquences d’élaboration des actions dans les mains - ou les pieds en l’occurrence - de Rodri, et il peut ainsi se projeter plus facilement vers les derniers mètres, où il est plus à l’aise. De même pour des joueurs comme Koke ou Thomas Lemar, qui trouvent en plus un partenaire de choix sur lequel s’appuyer et avec qui combiner. Les supporters eux, sont conquis. On se rappelle par exemple de ce match du 15 septembre dernier, où l’idole Simeone avait essuyé quelques sifflets lorsqu’il avait osé sortir Rodri en début de deuxième période alors qu’il était l’un des meilleurs sur la pelouse ! Le retour du natif de Madrid est pour le moins réussi !