L’image parle d’elle même. Lors de sa sortie tête basse à la 71e minute, Gareth Bale a reçu des sifflets de la part d’un Santiago Bernabéu, encore frustré de cette nouvelle prestation insipide du Gallois. Le score était alors de 0-0 mais Valladolid avait tapé deux fois la barre transversale. Le public s’impatientait. Il a finalement connu la joie d’une victoire (2-0 grâce à Vinicius et Ramos), la première en Liga pour Santiago Solari et du Real Madrid en championnat depuis le 22 septembre. Mais outre le problème Benzema qui reçoit de moins en moins de soutien de la part des supporters, celui de Gareth Bale commence à peser.

Car si le Real Madrid n’a pas marqué en Liga pendant 481 minutes, c’est aussi la faute de ses attaquants. Le Français n’a plus marqué en championnat depuis le 1er septembre (victoire 4-1 face à Leganes), soit le même jour que son compère britannique. Ce dernier accumule désormais 550 minutes sans le moindre but toutes compétitions confondues, soit 9h10. Sa dernière réalisation remonte au 19 septembre en Ligue des Champions contre la Roma. Pire encore, il n’a délivré aucune passe décisive sur cette période.

« Bale est dans son propre monde »

Avant la rencontre de Valladolid pourtant, Solari l’avait encensé, assurant qu’il allait redevenir un élément clé. « Bale est sous les projecteurs. Il est fantastique. Nous voulons l’apprécier et faire ça tous les jours. » Mal lui en a pris puisque Bale aura été le joueur le plus critiqué, perdant tout de même 14 ballons et tirant seulement deux fois au but sans trouver le cadre. Le Bernabéu n’a pas apprécié non plus son manque d’activité et son intégration ratée au sein du collectif. Même en passant du côté droit au côté gauche, il n’a pas retrouvé plus d’efficacité. « Dans son propre monde. Bale était erratique » écrit AS dans ses colonnes.

C’est peut-être finalement là la principale mission de Solari, savoir relancer l’ancien joueur de Tottenham. Souvent handicapé par des blessures, il est sans doute en proie à un problème plus mental que physique cette fois. « Les gens s’expriment sur le moment. Demain ils fêteront les buts avec lui, a défendu le coach du Real en conférence de presse à propos des sifflets. Le travail de Bale, Asensio et Casemiro (les trois joueurs sortants, ndlr) était tout aussi important que celui de Vinícius, Lucas et Isco (les joueurs entrants, ndlr) car les matches durent 90 minutes. Il est vrai que les remplaçants ont donné de la fraîcheur à l’équipe, mais auparavant, il y a eu un travail de fait. » Dans l’œil du cyclone, Bale va devoir faire preuve de caractère, lui qui semble tellement en manquer, avant que Solari lui-même, ou son futur remplaçant, ne perdent patience.