Dimanche soir, le Real Madrid, contre vents et marées, dictait sa loi au FC Barcelone, au Camp Nou, lors de la Supercoupe d’Espagne aller (1-3). Au terme d’un deuxième acte complètement fou, qui voyait Gerard Piqué tromper son gardien, Lionel Messi égaliser sur un penalty très généreux, obtenu après une filouterie de Suarez, puis Cristiano Ronaldo faire son apparition et se mettre en évidence, en marquant, puis en se faisant expulser deux minutes plus tard pour un doublé célébration torse nu-simulation, à dix, le Real faisait couler son ennemi et faisait du match retour, ce soir, à Santiago Bernabeu, la promesse d’un match épique. Le début de semaine des deux équipes allait faire couler beaucoup d’encre. À Barcelone, le transfert du milieu de terrain brésilien Paulinho était officialisé. Rapatrié du Guangzhou Evergrande pour 40 millions d’euros. Choix très vite remis en question par les journaux catalans. Le Président du club blaugrana subissait lui la foudre d’une partie ses supporters, réclamant sa démission en nombre. Son de cloche différent du côté de la capitale espagnole, où les journaux tombaient des nues devant la sanction de 5 matches de suspension infligée à Cristiano Ronaldo, pour avoir simulé, puis bousculé l’arbitre lors de la rencontre de Supercoupe d’Espagne aller, dimanche, au Camp Nou. Les deux joueurs cités étaient absents des débats de ce soir. Tout comme Andrés Iniesta, côté catalan, touché à la cuisse. Avec les trois buts encaissés à domicile au match aller, le FC Barcelone allait devoir passer par la case remontada pour tenter de conserver son titre.

Dans un Stade Santiago Bernabeu qui avait vu les Blaugranas s’imposer lors de leurs deux dernières sorties en matches officiels, les deux formations, qui se présentaient chacune avec de nouveaux éléments par rapport au match aller (Modric, Kovacic, Lucas Vazquez, Asensio et Sergi Roberto, Mascherano et André Gomes) ne tardèrent pas à offrir du spectacle à leurs supporters. Enfin du côté du Real surtout. Dès les premiers instants, Luka Modric, de retour de suspension, donnait des frissons à Ter Stegen, d’un extérieur du pied sublime, qui ne trouvait pas le chemin des filets à cause de l’épaule de Samuel Umtiti, bien placé (2e). Il ne fallu attendre que deux minutes de plus pour assister au premier éclair de génie de cette partie. Marco Asensio, déjà buteur à l’aller, déclenchait une frappe flottante des vingt-cinq mètres, qui terminait sous la barre d’un Ter Stegen médusé (4e). Si Suarez, d’une frappe (12e), et Messi, dans un rush solitaire bloqué par Navas (14e), donnèrent quelques suées aux Merengues, ils furent bien trop esseulés, devant, pour peser sur le premier acte. Le Real ne cessa pas de harceler la défense à trois du Barça, par les montées incessantes de Marcelo (20e), côté gauche, et Lucas Vazquez (31e), sur la droite. L’ailier droit Merengue, qui n’avait jamais perdu un Clasico en trois participations, trouvait même le poteau, sur une frappe placée, du gauche, à l’entrée de la surface (33e). Très actif sur le front de l’attaque, habitué des grands rendez-vous, c’est Karim Benzema qui concrétisait le temps fort interminable du Real, bien servi par Marcelo, et qui prenait le meilleur sur Umtiti, d’un déplacement parfaitement réalisé, avant de conclure d’une frappe croisée du gauche, devant le but. Le Barça était à terre et le Real poursuivait sa marche en avant, assez courtois pour ne pas corser l’addition, malgré les nouvelles tentatives de Lucas Vazquez (40e) et Karim Benzema (44e).

De retour des vestiaires, l’envie catalane n’avait pas vraiment refait surface. Mais le Real Madrid avait décidé de gérer, évoluant davantage en contre-attaques. Lionel Messi, l’un des seuls Blaugranas à tenter des choses ce soir, trouvait la transversale de Navas, après une bonne incursion et une frappe croisée en bout de course (53e). En contre-attaque, Karim Benzema répondait à l’Argentin, d’une frappe puissante, dans un angle fermé, que Ter Stegen enlevait de manière improbable, de l’épaule (55e). Profitant d’un relâchement volontaire de son adversaire, le FC Barcelone se projetait vers l’avant, mais la hargne de Luis Suarez n’était pas payante (57e, 59e). Sans forcé, le Real Madrid gérait son avantage, profitant du manque d’application catalan dans le dernier geste. A l’image de Sergi Roberto ou de Luis Suarez, tous deux un peu court (64e, 66e). Signe des temps incertains, l’Uruguayen trouvait même le poteau, sur une tête plongeante dans la surface (71e). Plus le temps passait et plus les tentatives Blaugranas manquaient d’envie. L’instinct de révolte, qui n’avait jamais vraiment surgi, avait complètement disparu. A l’image de la frappe sans conviction de Rakitic (74e). Sans grand intérêt, la fin de match permettait à Marco Asensio, auteur d’un nouveau but dans une finale, de sortir sous les acclamation de Santiago Bernabeu. Le FC Barcelone post-Neymar a certainement du travail devant lui. Tant dans le recrutement que sur le plan du jeu. Les Merengues, qui enregistrent un septième titre sous l’ère Zidane, semblent eux parfaitement parés pour débuter une nouvelle saison de Liga.

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