Plus de 21 ans après son début sous la tunique du Real Madrid, l’attaquant espagnol a dit adieu au football hier à l’occasion de la finale de la NASL (l’anti-chambre de la MLS), deuxième championnat de football américain. Et le moins qu’on puisse dire c’est que le Madrilène est sorti par la grande porte, puisque le New York Cosmos a remporté la finale des playoffs face à l’Ottawa Fury (3-2). Le 22e titre de la carrière de l’Espagnol, qui n’a malheureusement pas pu faire trembler les filets adverses hier soir.

Des trophées à en revendre et des statistiques impressionnantes

Le palmarès de Raúl est impressionnant. Entre 1994 et 2010, il a gagné 6 championnats nationaux avec le Real Madrid, 3 Ligues des Champions et 4 Supercoupes d’Espagne, entre autres. Même après son départ de Madrid, il a continué à gagner des titres, comme celui de champion du Qatar et de la NASL, ou la Supercoupe allemande avec Schalke 04, où il a également marqué les esprits.

- Raúl est le 2e meilleur buteur de l’histoire du Real Madrid avec 323 buts, toutes compétitions confondues. C’est Cristiano Ronaldo qui lui est récemment passé devant et qui totalise 326 buts.
- Raúl est le 3e meilleur buteur de l’histoire de la Ligue des Champions, ayant inscrit 71 buts en C1, seulement dépassé par Cristiano Ronaldo (83) et Lionel Messi (77).
- Raúl est le 5e meilleur buteur de l’histoire de la Liga. L’ancien Madrilène a marqué 228 buts en championnat espagnol. Seuls Lionel Messi, Telmo Zarra, Hugo Sanchez et Cristiano Ronaldo ont fait mieux.
- Raúl est le 2e joueur ayant disputé le plus de matchs en Liga, participant à 550 rencontres, toutes sous le maillot merengue bien évidemment. Andoni Zubizarreta, gardien de l’Athletic, du Barça et de Valence, est le seul joueur ayant participé à plus de rencontres en Liga.

Des buts légendaires

Nombreux sont les buts de Raúl dont les Madrilènes se souviendront encore longtemps. Impossible de ne pas évoquer son but inscrit au Camp Nou en 1999, quand le n°7 du Real Madrid avait fait taire le public catalan en marquant le 2-2, célébrant son but avec l’index devant la bouche ; une façon de dire "chut" aux supporters blaugranas qui exultaient en tribunes. Difficile de ne pas faire référence au but inscrit lors du derby madrilène au Calderon de la saison 96/97 contre le club qui l’a formé, l’Atlético. Après une superbe action individuelle dans la surface des Colchoneros, il avait réussi à envoyer le ballon dans le fond des filets malgré un angle presque mort. Enfin, son but en Coupe Intercontinentale 98 face à Vasco Da Gama restera dans les mémoires madrilènes. Raúl avait mystifié deux défenseurs brésiliens avec un crochet avant de se crucifier le gardien.

Pas le plus doué, et pourtant...

L’édito de son ancien coéquipier Santiago Solari sur le site de El Pais résume à merveille le joueur qu’était Raul. « Comment a-t-il pu être le meilleur attaquant sans être le meilleur de la tête, ni le meilleur finisseur, ni le meilleur dribbleur, ni le plus puissant, ni le plus rapide, ni le plus grand, ni le plus costaud, ni le plus créatif, ni le plus habile ? Comment a-t-il pu marquer plus de buts que personne ? Les explications sont généralement accompagnées des mots suivants : sacrifice, courage, honneur, compétitivité, mérite », écrit l’Argentin sur la version numérique du quotidien espagnol. Des valeurs et une certaine humilité qui en ont fait un des joueurs les plus appréciés de l’autre côté des Pyrénées, et ce, même par les supporters du FC Barcelone, tout comme des joueurs comme Carles Puyol ou Andrés Iniesta sont éminemment respectés du côté de la capitale.

Un pur produit de la capitale espagnole

Si Raúl était autant apprécié à Madrid, c’est aussi à cause de son parcours. À l’instar de son ancien coéquipier Iker Casillas, il incarne la success-story à l’espagnole. Le légendaire nº 7 madrilène a grandi dans le très modeste quartier de San Cristóbal, au sud de Madrid, et son parcours a fait rêver plusieurs générations d’enfants espagnols. C’est probablement pendant son enfance qu’il a appris à tout donner sur le terrain et à ne jamais lâcher prise ; des qualités qui lui ont permis de rester titulaire pendant presque toute son étape madrilène, et ce, malgré les nombreuses recrues réalisées tous les ans dans le secteur offensif. On sait également que les supporters Merengues apprécient toujours le fait d’avoir des joueurs locaux dans l’effectif ; et forcément quand ils sont plutôt performants, ils deviennent vite des idoles.

La Roja : sa seule épine dans le pied

C’est peut-être le seul reproche qu’on peut faire à Raúl. Il n’a jamais réellement brillé sous le maillot rouge et jaune comme ont su le faire des joueurs comme David Villa et Fernando Torres. Ses statistiques restent plus que correctes (44 buts en 102 matchs), mais il n’a jamais été en mesure de marquer ce but décisif qui l’aurait définitivement fait entrer au panthéon du football. À sa décharge, Luis Aragonés l’a écarté de la sélection juste avant l’Euro 2008, au même moment où la génération dorée espagnole arrivait à maturité ; l’ancien sélectionneur estimant que le Madrilène n’avait pas les épaules pour jouer en sélection. Heureusement pour l’Espagne et malheureusement pour Raúl, le temps a fini par donner raison à l’ancien sélectionneur espagnol.