Régression, impression de « gâchis », beaucoup prédisent à Nabil Fekir une erreur de parcours. En rejoignant le Betis, qui a déboursé moins de 20 millions d’euros - hors bonus - pour s’attacher ses services, le milieu offensif de 26 ans sait qu’il ne disputera aucune compétition européenne cette saison. Et pourtant, le sourire qu’il affiche depuis son arrivée en Andalousie en dit long. Alors que le collectif betico tangue en raison du mercato, que le club doit s’adapter aux méthodes d’un nouveau coach, les performances du Français sur le terrain enthousiasment, elles, presse locale et supporters. Des débuts rêvés pour Nabil Fekir ?

26 juillet 2019. Trois jours après avoir été transféré de l’Olympique Lyonnais au Betis, Nabil Fekir traversait l’Atlantique et déjà faisait ses premiers pas sous ses nouvelles couleurs. Vert et blanc. En tournée au Mexique, le milieu de terrain entrait à la 74e minute de jeu de la rencontre amicale disputée par les Sévillans face au Querétaro FC, désormais deuxième de Liga MX après trois journées. Avec un seul entraînement dans les jambes, en à peine 15 minutes de jeu, Nabil Fekir montrait déjà de quoi il était capable à ses nouveaux partenaires.

Première apparition de Nabil Fekir avec le Betis face au Querétaro FC.

La presse sévillane, El Desmarque en tête, le soulignait. Coïncidence ou non, jusqu’ici accrochés, les Verdiblancos trouvaient la faille (2-0) lorsque le Lyonnais entrait en jeu à seize minutes du terme, à la place d’Andrés Guardado, le régional de l’étape. Positionné derrière les deux attaquants, Nabil Fekir se voyait offrir une grande liberté de mouvement par Rubi, troisième coach de son parcours professionnel après Rémi Garde, Hubert Fournier et Bruno Génésio. À peine arrivé et déjà lancé dans le grand bain. Au-delà de ces quelques minutes, une chose semblait évidente : le nouveau coach du Betis comptait déjà sur lui.

L’éclaircie Fekir dans le ciel gris de Puebla

28 juillet 2019. Deux jours plus tard, changement de décor. Du nord-ouest au sud-est de la capitale, Mexico, le Betis disputait une deuxième rencontre amicale, face au CF Puebla. L’occasion pour Rubi d’offrir sa première titularisation à Nabil Fekir. Un baptême réussi malgré une prestation collective terne de l’équipe sévillane, battue (0-2). Positionné dans la ligne de trois d’un 4-2-3-1, schéma préférentiel de l’ancien coach de l’Espanyol, Nabil Fekir échangeait les positions avec Joaquín et Cristian Tello. Mis en difficulté d’entrée de jeu (2-0 pour les Mexicains à la 13e), le Betis s’en remettait au milieu français, qui portait l’équipe à bout de bras.

Le coup franc de Nabil Fekir face à Puebla.

En soixante-treize minutes, Nabil Fekir sauvait les apparences d’un Betis en difficulté. Démarrage sur la gauche, débordement et centre pour Juanmi (17e). Trois joueurs adverses effacés, puis une frappe qui passe à côté (22e). Sa plus belle opportunité, sur coup franc, obligeait le gardien adverse à un arrêt compliqué (24e). En Andalousie, on appréciait. El Diario de Sevilla parlait des « prémices de Fekir, tout ce qu’il faut retenir d’un Betis méconnaissable pour ses adieux au Mexique ». Pour Estadio Deportivo, la première titularisation de Nabil Fekir était « le point le plus positif de ce match face à Puebla. De ses pieds sont nées les meilleures occasions d’un mauvais Betis », précisait le journal.

Bizutage et présentation réussis

4 août 2019. Nabil Fekir aurait encore besoin de gagner du rythme et de mieux connaître ses partenaires pour combiner. Mais l’aperçu entrevu au Mexique semblait augurer de bonnes choses pour la suite. La suite, justement, c’est à Casablanca qu’elle se passait. Quatre jours après avoir improvisé une danse devant ses coéquipiers lors d’un bizutage remarqué, au cours duquel il ne fut pas « désolé » de reprendre le fameux titre de Sexion d’assault, le champion du monde français était de retour comme titulaire sur la pelouse du Raja Casablanca. Dans un stade Mohammed-V à guichets fermés, là encore, le Betis n’emballait pas les foules.

Nabil Fekir se mettait en évidence sur coup de pied arrêté. Il enroulait un coup franc de son pied gauche à vingt-cinq mètres et obligeait le portier du Raja à une envolée sur sa gauche (30e). Joliment servi par Tello, sa volée, appliquée, déclenchée depuis l’entrée de la surface, trouvait le cadre mais également les gants du gardien adverse (51e). Les occasions étaient surtout marocaines et Joel Robles, le portier betico, multipliait parades et duels remportés. Une prestation qui éclipsait celles de ses partenaires de champs. Le jeune Raúl libérait le Betis d’un coup de tête à la retombée d’un centre de Lainez (0-1, 88e)). Le Français, lui, avait été remplacé à la 75e minute par Wilfrid Kaptoum.

6 août 2019. Après les efforts, le réconfort. Ce mardi, le Real Betis Balompié présentait Nabil Fekir à la presse ainsi qu’aux supporters. L’ancien joueur de l’Olympique Lyonnais expliquait son choix. Après plusieurs vidéos lui rendant hommage puis les discours élogieux des dirigeants du Betis, le nouveau numéro 15 du club espagnol livrait ses premières impressions, lui qui était resté silencieux depuis sa signature. « Aujourd’hui, est un grand jour pour moi. Ça fait longtemps que j’attendais ce jour. Je suis très heureux d’être ici », déclarait le joueur, semble-t-il apaisé de retrouver du calme après de longues semaines de tractations.

Un but pour sa première au Benito Villamarin

7 août 2019. De nouveau titulaire, Nabil Fekir découvrait hier soir le stade Benito Villamarin de Séville. Pour l’occasion, le Français avait troqué le numéro 15 pour le 8. Victor Camarasa parti à Crystal Palace dans la journée, le Lyonnais retrouvait un chiffre qu’il avait souvent porté en coupe, à Lyon. Lot de consolation, le 18, son numéro fétiche, étant la propriété non cessible du Mexicain Andrés Guardado à Séville. L’accueil était des plus chaleureux pour Nabil Fekir dans son nouvel antre. Mais le Français ne volait tout de même pas la vedette à Ruben Castro. Meilleur buteur de l’histoire du Betis (148 buts), l’attaquant de 38 ans était de retour au bercail.

La soirée lui était dédiée. Désormais dans les rangs de Las Palmas, blessé, il assistait à la rencontre depuis le banc. Après les acclamations en signe de reconnaissance, le début de rencontre avait des airs de passation de pouvoir. Nabil Fekir profitait, dès le quart d’heure de jeu, d’une interception de Joaquin, qui le trouvait devant la surface, pour aller ajuster le portier canarien Josep Martinez d’un intérieur du pied gauche imparable (1-0). Son premier but sous le maillot du Betis, devant un stade Benito Villamarin à moitié rempli. Débloquer son compteur, un détail pas anodin et qui peut laisser présager de bonnes choses pour le futur proche.

D’autant que la presse sévillane l’a bien noté. Le Betis se cherche encore. Si Rubi semble opter pour un 4-2-3-1 et qu’il souhaite que son équipe ait le contrôle du ballon, l’adaptation des joueurs à ce système prendra du temps. Un schéma qui exige des attaques plus rapides et un repli défensif tout aussi éclair à la perte du ballon. Mais que Nabil Fekir a déjà expérimenté à l’OL. Le Betis se projette dorénavant sur une rencontre amicale face au Deportivo La Corogne, pensionnaire de deuxième division, samedi. Une dernière rencontre amicale qui sonne comme une ultime répétition pour un Betis qui semble loin d’être près, à un peu plus d’une semaine du lancement de la nouvelle saison de Liga, à domicile face au Real Valladolid.

10 août. Titularisé pour l’occasion dans le 4-2-3-1 façonné par Rubi, l’ancien capitaine de l’OL n’a pas particulièrement brillé pour cette dernière rencontre. Très discret sur le pré, le champion du monde a semblé manquer de repères avec ses partenaires. Le natif de Lyon a même été remplacé à la 78e par Juanmi. Pour sa dernière avant la reprise de la Liga, le Betis terminait par une défaite 1-0. En parallèle, Nabil Fekir a très certainement rendu sa plus mauvaise copie depuis son arrivée en Andalousie. Pour mieux rebondir et marquer de son empreinte la Liga ? Affaire à suivre...

Les résultats du Betis avec Nabil Fekir

- Querétaro 0 - 2 Betis (entré à la 74e minute)

- Puebla 2 - 0 Betis (73 minutes disputées)

- Raja Casablanca 0 - 1 Betis (74 minutes disputées)

- Betis 1 - 0 UD Las Palmas (66 minutes disputées, 1 but marqué)

- Deportivo 1 - 0 Betis (78 minutes disputées)

Le programme du Betis

- Betis - Real Valladolid (1ère journée de Liga, dimanche 18 août, 21h)

- FC Barcelone - Betis (2e journée de Liga, dimanche 25 août, 21h)

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