Las Palmas est la sensation de ce début de saison en Espagne. Hier soir, les Pio Pio ont tenu le match nul 2-2 face au Real Madrid, avec une égalisation en fin de match d’Araujo. Kevin-Prince Boateng lui n’était pas de la partie, suspendu après un carton rouge reçu contre la Real Sociedad. Mais le Ghanéen réalise un bon début de saison, avec deux réalisations sur ses deux premières rencontres disputées, et s’est intégré à merveille à l’équipe insulaire, aux côtés des jugones canarios, comme Jonathan Viera, Roque Mesa ou Tana. Pourtant, tout n’a pas été rose ces dernières années pour celui qui semble renaître de ses cendres. Dans un long entretien accordé à El Pais, il s’est livré sur ses moments les plus difficiles.

« C’est curieux parce que j’ai récemment redécouvert l’amour pour le foot, celui que j’avais au début. Ce vrai amour, qui fait que même si tu ne joue pas, tu profites du ballon. Pendant un moment, je l’avais perdu. Peut-être parce qu’il y a eu une époque où les choses se passaient mal et je me voyais comme un simple numéro. J’avais la sensation que tout était réduit à ça. La personne ne comptait pas, on était simplement un numéro de maillot, et si tu ne faisais pas les choses bien, ils te faisaient sortir et adieu. Ça n’importait pas que tu sois une bonne personne, quelqu’un d’agréable, que tu aies des sentiments ou des émotions. Je me demandais : mais comment tu as consacré ta vie à ça pour qu’au final tu sois vu comme un numéro de maillot non comme une personne ? J’ai même envisagé de prendre ma retraite parce que je n’avais même pas envie d’aller m’entraîner. La famille et les amis m’ont convaincu. Et voilà, je suis ici maintenant, heureux », a-t-il confié.

L’ancien de Milan et de Schalke, entre autres, a aussi évoqués ses problèmes liés à l’argent. « J’ai du apprendre tout seul parce que je n’avais personne à mes côtés pour le faire. J’ai jeté beaucoup d’argent par la fenêtre, c’est plus tard que j’ai appris qu’il fallait économiser parce que le foot ça ne dure pas toute la vie. C’est compliqué de gérer ça à 20 ans. Je suis arrivé à Londres, tous les mois de l’argent entrait, et je dépensais, dépensais, et dépensais encore, dans les voitures, des vêtements, des discothèques. C’est ce que je faisais. Je dépensais mon argent dans des bêtises qui me rendaient heureux pendant quelques heures, puis, l’effet passait », a-t-il avoué. Maintenant que tous ses démons semblent être derrière lui, Kevin-Prince Boateng a donc toutes les cartes en main pour redevenir celui qu’il aurait dû être...