C’est ce qui s’appelle une masterclass en management. Après un début de saison mitigé en championnat (4 points pris en 3 matches), le Valencia CF s’apprêtait à entamer une semaine XXL avec deux déplacements très compliqués. A Barcelone, pour le compte de la 4e levée de la Liga, et à Chelsea pour le début de la Ligue des Champions. Deux rencontres très importantes nécessitant une grande préparation. Sauf que c’est à ce moment-là que le propriétaire du club ché, Peter Lim, a décidé de tout chambouler.

Hier, en début d’après-midi, les médias espagnols annonçaient que les heures de Marcelino à la tête de l’équipe première étaient comptées. Une information qui s’est vérifiée quelques heures plus tard avec l’officialisation du départ du technicien et son remplacement par l’inexpérimenté Albert Celades. Virer un coach aimé de tous et présentant un bon bilan (qualifié à chaque fois en Ligue des Champions) pour installer un novice qui n’a jamais entraîné de groupe professionnel, la technique est imparable pour chambouler les têtes de l’équipe. Cependant, si le timing du licenciement de Marcelino est terrible, ce n’est pas franchement une surprise.

Un timing catastrophique

Il y a peu, nous vous relations la grosse crise couvant au VCF. De grosses dissensions en interne entre Peter Lim et le directeur général Mateu Alemany, notamment. En clair, l’homme d’affaires singaporien souhaite prendre le contrôle absolu du club et faire ce qui lui chante, quitte à sacrifier le bon fonctionnement de l’équipe. La nomination de Celades a donc logiquement fait réagir. A commencer par l’ancien gardien emblématique du VCF, Santi Cañizares. Dans des propos relayés par Marca, l’ancien international espagnol prédit une aventure très compliquée au nouvel homme fort du club.

« Marcelino a rempli tous les objectifs pour lesquels il avait été engagé. Le renvoyer est un véritable scandale. Celades est un gars qui vient tout juste d’être formé au métier d’entraîneur des équipes de jeunes et il n’avait pas d’opportunités pour signer dans un club de première division. Quand ce genre d’opportunité arrive alors que vous êtes à la recherche d’un contrat, vous perdez tout concept d’honneur et d’éthique. Je crois qu’il ne sait pas où il a mis les pieds et comment se trouve le vestiaire. Dès le départ, ce sera compliqué pour lui. Il se trouve dans une équipe distraite et qui a honte de son club, ce qui implique une baisse au niveau de l’engagement (des joueurs) ».

Le vestiaire furieux contre Lim

Les joueurs, eux, sont ulcérés. Le média valencian Super Deporte rapporte en effet qu’une réunion de crise entre les capitaines de l’équipe s’est tenue hier au centre d’entraînement du club ché peu de temps après l’annonce du départ de Marcelino. Un événement qui traduit parfaitement la colère d’un groupe complètement acquis à la cause de son ex-entraîneur et « qui se sent trahi ». Ce dernier a d’ailleurs quitté ses protégés non sans larmes, ajoute le journal. « On aurait dit une ambiance de mise en bière. On verra bien quand on arrivera à se remettre de ça », a même confié un membre du vestiaire au média.

Les jours à venir s’annoncent donc difficiles à gérer pour la direction valenciane et Celades. Car les messages de soutien affichés par certains éléments de l’équipe sur les réseaux sont très clairs. « Coach, je vous souhaite le meilleur. Je suis sûr que là où vous irez, ça vous conviendra et qu’ils vous laisseront travailler. Merci d’avoir rendu ce club plus grand », a posté Dani Parejo. Mais la plus grosse charge est venue d’Ezequiel Garay. « Après plusieurs années passées avec vous (et pas seulement à Valence), je connais votre perfection, aussi bien en tant que professionnel et au niveau personnel. Je ne suis pas le seul à penser cela, vous l’avez montré à tout le monde. Vous vous en allez par la grande porte coach. Celui qui a pris cette décision n’a pas seulement eu votre peau, mais il a aussi touché toute une équipe et ses supporters. Donc je le dis haut et fort : ce n’est pas juste ! » Ambiance...

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