C’est fait. Antoine Griezmann est enfin un joueur du FC Barcelone, après plusieurs jours pour le moins tendus pour l’attaquant français, en conflit ouvert avec son ancien club, l’Atlético de Madrid. Le champion du monde 2018 vient ainsi renforcer un secteur offensif catalan qui a parfois montré de sacrées limites cette saison, dépendant trop souvent d’un Lionel Messi qui a porté l’équipe à bout de bras à bon nombre de reprises. S’il y a eu des doutes dans le vestiaire catalan, du moins selon la presse catalane, et même au sein des supporters du champion d’Espagne, Grizi est un renfort de poids pour la formation entraînée par Ernesto Valverde.

Que va-t-il apporter au Barça ? De tout, à vrai dire. Ces dernières années, le natif de Mâcon a su élargir sa palette et est devenu la référence offensive de l’Atlético de Madrid. C’est lui qui organisait l’animation offensive de l’équipe, créait des décalages, était à la dernière passe et terminait les actions. Qu’on se le dise, il faisait le travail de plusieurs joueurs en même temps ! Mais ce qui manque surtout à ce Barça, c’est cette touche de folie dans les derniers mètres, que le Français peut apporter. Pourtant, ces dernières saisons il avait légèrement mis de côté sa facette de joueur un peu excentrique sur le terrain, capable de déborder et éliminer des défenseurs très facilement, devenant plus tueur, plus efficace, plus précis et plus discipliné dans les derniers mètres. Il pourra aussi endosser cette casquette d’alternative à Luis Suarez dans la surface, que l’Uruguayen soit sur le terrain avec lui ou pas.

Quelle compatibilité avec Lionel Messi ?

A vrai dire, Antoine Griezmann est probablement le joueur qui ressemble le plus à Messi dans le football actuel. Pas en termes de niveau, l’Argentin étant encore quelques échelons au-dessus de son nouveau coéquipier, mais en termes de leadership, de qualités techniques, de polyvalence dans les derniers mètres, de prise de décisions etc... Mais ce rôle de leader de l’équipe appartient clairement à Messi à Barcelone aujourd’hui, et Griezmann va donc devoir se contenter d’être, comme tous les joueurs offensifs catalans, une arme de complément prête à offrir des solutions à l’Argentin. L’entente entre les deux hommes sera particulièrement intéressante à suivre. Comme expliqué ci-dessus, l’ancien de la Real Sociedad va devoir s’adapter.

Dans la mesure où Messi est un électron libre, Griezmann va lui avoir moins de liberté. On le verra a priori principalement partir de l’aile pour repiquer vers la surface, que ce soit balle au pied ou via des appels, et il pourra devenir ce deuxième joueur de surface dont le Barça a tant besoin. Avec la présence de l’Argentin à ses côtés, son influence sera moindre, et on peut donc s’attendre à voir un Griezmann plus dans la provocation et (encore) plus buteur. S’il risque d’être un peu difficile de faire encaisser les pièces du puzzle devant d’un point de vue tactique, l’entente entre les deux hommes s’annonce cependant plus que prometteuse. Nul doute que Grizi, qui a fait des appels dans le dos des défenses une de ses spécialités, se régalera avec les ballons bien sentis de La Pulga. Dans les petits espaces, les deux hommes devraient également avoir des facilités certaines pour se trouver. Messi pourra également respirer, puisque les défenseurs adverses auront un autre joueur létal à surveiller, ce qui n’était pas toujours le cas avec Dembélé ou Coutinho.

Un repositionnement en pointe à l’avenir ?

La configuration actuelle du Barça devrait cependant être favorable au Français. Il est habitué à jouer avec des latéraux relativement offensifs, il sait partager la vedette avec d’autres stars (en Equipe de France notamment) et sa polyvalence devrait a priori lui permettre de s’adapter à n’importe quelle situation. La solution la plus probable reste celle d’un repositionnement sur le flanc gauche de l’attaque dans le 4-3-3 d’Ernesto Valverde, là où jouaient souvent Dembouz ou Coutinho. Sur le papier du moins, puisque les joueurs offensifs du Barça décrochent et permutent en permanence, et leur position sur la composition officielle ne reflète pas forcément toujours leurs zones d’influence sur le terrain.


En cas d’absence de Luis Suarez, c’est logiquement lui qui occupera la pointe de l’attaque, et un autre joueur - Coutinho ou Dembélé en fonction des départs - prendra la place du Français sur l’aile gauche. Un remplacement qui risque d’ailleurs de devenir permanent sur le moyen terme, puisqu’on peut imaginer qu’il ne reste plus beaucoup d’années au plus haut niveau au goleador uruguayen. Dans un profil différent, forcément, puisque les deux hommes n’ont pas les mêmes points forts. On retrouvera toujours des points communs, comme la qualité des appels des deux hommes ou leur sang froid face aux cages, mais l’ancien de Liverpool est par exemple plus dans le contact. On peut aussi imaginer qu’avec l’âge, Lionel Messi reculera sa position sur le terrain, et là, Griezmann pourra avoir plus de responsabilités.

Le 4-4-2, comme à l’Atlético ?

Mais aujourd’hui, ce n’est plus forcément pêché pour les entraîneurs barcelonais de se passer du 4-3-3. Ernesto Valverde a ainsi souvent opté pour un 4-4-2 à plat cette saison, surtout dans les grosses rencontres d’ailleurs. Un système que Grizi connaît pas cœur, puisque sacré pour le Cholo Simeone. On retrouve d’ailleurs beaucoup de similitudes entre les deux équipes lorsque le Barça évolue en 4-4-2, avec cette habitude de mettre des milieux à la base axiaux sur les flancs, à l’image de Rakitic ou Vidal à Barcelone, ou Koke et Saúl à Madrid. Seulement, au Camp Nou, Griezmann devra lui a priori évoluer sur un côté si Valverde venait à miser sur un 4-4-2. A gauche, ou à droite, Rakitic ayant joué sur les deux flancs cette saison. Un rôle besogneux auquel il est cependant habitué. En cas d’absence de Suarez ou de Messi, il pourrait occuper le même poste qu’à Madrid.

Autre option intéressante pour Ernesto Valverde, le 4-4-2 losange, qui reviendrait finalement à une sorte de 4-3-3. On peut ainsi imaginer voir Lionel Messi derrière Luis Suarez et Griezmann. Rien de vraiment nouveau pour l’Argentin, qui se retrouve très souvent dans cette configuration, mais le Français pourrait évoluer dans une position plus axiale et plus proche de la surface que dans un 4-3-3, laissant également plus d’espace à Jordi Alba pour prêter main forte aux joueur offensifs. Messi pourrait alors exploiter au maximum ses capacités de playmaker, et Griezmann sera dans un registre plus finisseur. Pour résumer, l’arrivée de la gloire déchue de l’Atlético de Madrid va permettre à Lionel Messi d’avoir un nouvel associé de qualité, apportant son lot de buts et de passes décisives, et la présence du Français laissera plus de choix à Ernesto Valverde pour surprendre ses adversaires en changeant de système à sa guise... Et une éventuelle arrivée de Neymar pourrait encore redistribuer les cartes et rendre les choses encore plus intéressantes.

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