Ces derniers jours, la presse espagnole avait annoncé bon nombre de noms comme potentiels remplaçants de Zinedine Zidane. Mauricio Pochettino, Michel, Tite ou Antonio Conte par exemple. Mais personne n’avait parlé de Julen Lopetegui. Du côté de Madrid, la surprise a donc été énorme. « La capacité de Florentino Pérez à nous surprendre ne prendra jamais fin. Sans véritables options sur le marché pour remplacer l’entraîneur français (Zinedine Zidane, NDLR) après avoir vu plusieurs portes se fermer, il a ouvert la plus inattendue, celle du sélectionneur national », peut-on lire sur Marca

« C’est évident que ce n’était pas le moment idéal... Mais c’est aussi certain que les circonstances ont conditionné ce dénouement. [...] On ne peut pas douter de son professionnalisme ni de son engagement. On ne peut pas penser à une mauvaise intention du Real Madrid, qui voulait solutionner le plus rapidement la crise générée par le départ de Zidane », est une autre analyse publiée sur le site du journal, répondant ainsi aux critiques concernant le timing de l’annonce. « La nouvelle est tombée comme une bombe dans le stage de la sélection à Krasnodar. [...] Même si la rumeur est tombée il y a quelques jours, personne ne pensait que Lopetegui allait briser son contrat avec la sélection », explique AS.

Lopetegui critiqué dans la presse généraliste

Mais dans les journaux généralistes, on est bien plus sévère. « L’Espagne se tire une balle dans le pied. La décision de Lopetegui de rejoindre le Real Madrid, quelques semaines après avoir prolongé son contrat jusqu’en 2020, peut se comprendre d’un point de vue professionnel, mais la gestion des faits, du timing et la forme sont une irresponsabilité à laquelle le sélectionneur et la Fédération ne sont pas étrangers », charge ainsi le quotidien El Mundo. Même son de cloche dans El Pais.

« Ni le Real Madrid ni l’entraîneur ne se sont inquiétés le moins du monde des effets déstabilisateurs de cette grenade sur la Roja », « les entraîneurs doivent être les leaders et le dernier exemple qu’ils devraient donner est de faire passer leurs intérêts avant le groupe » ou « à deux jours d’un Mondial, on ne peut pas risquer d’être un pyromane dans celle qui est encore notre maison », sont certaines des phrases qu’on peut lire dans le journal le plus lu du pays.

Les Catalans craignent pour la Roja

Et en Catalogne, cette nomination fait aussi beaucoup parler. Le timing de l’annonce est clairement critiqué, et Florentino Pérez en prend pour son grade. « Il était étrange que le Real Madrid et son président maintiennent un profil aussi bas après le départ de Zidane. Le club préparait un coup, mais les conséquences de celui-ci pourraient être néfastes pour la sélection. [...] Florentino Pérez et le Real Madrid ont fait exploser la Roja avec cette décision qui devrait être expliquée de façon immédiate. [...] Une maigre faveur à une sélection qui va être très, très touchée avant de commencer le Mondial », peut-on lire dans Sport.

Mundo Deportivo est un peu plus tempéré, mais souligne que « la nomination de Lopetegui entraîne aussi un grand risque pour le Real Madrid. Une mauvaise copie de l’Espagne au Mondial pourrait alerter les supporters et aussi l’effectif, qui pourrait se demander si Lopetegui était le candidat idéal et si les choses n’ont pas été trop précipitées ». Autant dire que ses premiers pas seront scrutés de très près en Espagne. A moins qu’un rebondissement étonnant vienne l’en empêcher !