Mais où est passé (le vrai) Gonçalo Guedes ? C’est la question que se posent de nombreux supporters du côté de Valence. L’ailier portugais, qui entame sa troisième saison du côté de Mestalla, est loin d’afficher son meilleur niveau en ce moment. On se rappelle pourtant de l’enflammade - plutôt justifiée - qu’il avait suscitée auprès des Ches dans les mois qui ont suivi son arrivée en provenance du Paris Saint-Germain. L’ailier lusitanien offrait des prestations de haute volée, faisant passer de très mauvais moments à ses vis à vis et démontrant une capacité déconcertante pour faire la différence, avec quelques véritables golazos à la clé. Quelques petits passages à vide parfois, mais vite oubliés d’autant plus que l’équipe tournait bien et avait réussi à se hisser à la quatrième position après deux saisons assez chaotiques. Il était l’un des symboles de ce renouveau.

C’est donc sans hésiter que la direction a signé un gros chèque, le plus important de son histoire même (40M€), pour convaincre la direction parisienne de s’en séparer. Un effort financier considérable, mais qui devait être rapidement rentable compte tenu des belles choses qu’on avait pu apercevoir sur cet exercice 2017/2018, principalement en première partie de saison. Mais la suite n’a pas été aussi glorieuse que ce qu’on pouvait espérer... Même si l’équipe a encore réalisé une saison exceptionnelle, avec une nouvelle quatrième place et un sacre en Copa del Rey, le numéro 7 des Blanquinegres a déçu. Une baisse de forme qui se manifeste notamment sur le plan statistique - avec 6 passes décisives de moins - dans une équipe qui était pourtant restée pratiquement inchangée. Avec les mêmes joueurs pour l’entourer, comme le latéral gauche José Luis Gaya ou ce duo Kondogbia-Parejo dans l’entrejeu, il n’a pas su reproduire les mêmes prestations. Aucun élément extérieur tel qu’un bouleversement dans l’équipe ou un changement de coach peuvent expliquer cette baisse de régime.

Son niveau a considérablement baissé

Et cette saison a démarré de la même façon que le dernier exercice a terminé pour le joueur qui a fait ses classes à Benfica. Même si son talent n’est plus à prouver, on peut lui reprocher bon nombre de choses, comme sa tendance à foncer tête baissée et s’empaler dans la défense, sans lever la tête pour trouver des partenaires bien positionnés. Une certaine tendance à l’individualisme donc et des choix pas toujours bien réfléchis dans les derniers mètres. « Il est devenu assez prévisible sur son côté. Il ne fait plus de différence. Avec Marcelino et avec Celades ensuite, il joue plus avancé sur le terrain, ça peut être arrangeant pour lui, qui n’aime pas défendre, mais ses performances restent malgré tout en deçà », nous confie Issa, community manager et vice président de la penya Valencia CF France.

Qu’on se le dise, sa place de titulaire est en danger. Ces dernières semaines, il a déjà goûté au banc, à l’image du match de ce week-end face à Alavés, au cours duquel il n’est même pas entré en jeu. Ce fut aussi le cas face à l’Athletic le week-end dernier à San Mamés, même s’il a ensuite joué en Europe face à l’Ajax. Il faut dire qu’il y a du beau monde derrière lui. « Cheryshev commence à lui piquer sa place et à terme du côté du Mestalla, c’est Kang-In Lee qui est espéré titulaire à sa place même », confirme Issa. L’international russe et le petit prodige coréen risquent ainsi de s’emparer de ce poste d’ailier gauche dans les prochaines semaines si le Lusitanien ne se réveille pas.

Celades n’y va pas de main morte avec lui

Il convient de rappeler que le départ de Marcelino, provoqué par sa mauvaise relation avec la direction et le propriétaire Peter Lim, est très mal vécu par les supporters, qui n’hésitent pas à lancer des chants contre l’état-major singapourien lors des rencontres à Mestalla. Albert Celades, son remplaçant, n’a donc pas forcément été accueilli avec le sourire. Mais s’il a prouvé une chose, c’est qu’il n’hésiterait pas à mettre des joueurs majeurs sur le banc, et c’est ce qu’il fait avec le Portugais. « On fera tout ce qui est possible pour qu’il retrouve son meilleur niveau », confiait le coach en début de semaine dernière, avant d’être à nouveau interrogé sur son cas vendredi avant le match face à Alavés : « notre travail est de tirer le meilleur de chaque joueur, certains ont besoin de beaucoup jouer, d’autres moins. On prendra les décisions avec pour objectif d’améliorer l’équipe ». Et visiblement, la meilleure décision pour l’équipe était d’aligner Cheryshev...

Autant dire qu’aujourd’hui, les 40 millions d’euros investis à l’été 2018 commencent à peser lourd. « Maintenant, malgré le marché, il ne les vaut plus trop selon moi », explique Issa. Une situation qui met le club dans l’embarras, puisque si le poulain de Jorge Mendes avait été recruté pour un tel montant, c’est aussi parce que Peter Lim et compagnie pensaient pouvoir en tirer une somme encore supérieure avec le fil des années. Un pari raté. Aujourd’hui, force est de constater que la valeur marchande du joueur ne fait que de dégringoler, et qu’il sera compliqué de récupérer ne serait-ce que la somme investie, même si on sait que le patron de Gestifute fait des miracles...