« On a pris un but d’un mec qui n’a plus marqué en Ligue 1 depuis neuf ans ». Voilà comment, en ce samedi matin, Henri Bedimo décrivait Salim Arrache dans les colonnes du Progrès. Une phrase anodine, mais qui témoigne de l’indifférence générale dans laquelle le milieu offensif a retrouvé la Ligue 1 cet été, certains n’hésitant pas à se moquer de l’AC Ajaccio au moment de le recruter. Pourtant, avec ce but face à l’une des grosses cylindrées de l’élite, l’ancien joueur de l’OM prouve qu’il en a encore sous la semelle et que, malgré ses 31 ans, il peut rendre de fiers services à la bande à Fabrizio Ravanelli. Interrogé par France Football, l’international algérien se livre sans détour :

« C’est comme une rage. Au moment du but, plein de choses se sont passées dans ma tête. Il y avait ma famille, mon frère, mon père et des amis venus spécialement de Grèce. J’étais un joueur très côté à une époque, après j’ai fait les choix que j’ai fait. Je suis revenu ici à Ajaccio, j’ai entendu des choses comme « on ne sait pas d’où ils l’ont sorti ». J’ai pris sur moi, j’ai bossé. La préparation a été longue et dure mais je n’ai rien lâché. Le coach m’a donné ma chance contre une grosse équipe comme Lyon. Je joue chaque match comme si c’était le premier ». Une philosophie assumée pour celui qui a peut-être opté pour des choix de carrière pas toujours judicieux, ce qu’il concède d’ailleurs volontiers :

« En 2007, je pense que je n’aurais pas dû aller à Marseille après Strasbourg. Des clubs intermédiaires comme Bordeaux ou Lens m’auraient permis de continuer ma progression. J’étais jeune. J’ai accepté car je suis Marseillais. Je n’ai pas eu de chances, je suis arrivé blessé. Mon regret, c’est cette blessure (rupture des ligaments croisés, Ndlr). On aurait vu un autre Arrache à l’OM. Je me dis qu’avec davantage de maturité, il y a des choix que je n’aurais pas faits. J’aurais pu rester un peu plus longtemps en France comme mon père le souhaitait. La Grèce, je ne regrette pas même si ce n’est pas la France en termes de niveau. C’était pas mal. Le Koweït, je ne vais pas faire la fine bouche, c’était un choix financier. Mon père ne voulait pas que j’y aille aussi. J’ai 31 ans, j’ai encore 3 ou 4 ans devant moi pour prendre du plaisir ». Et pourquoi pas confirmer dès dimanche face à Montpellier.