Les plus jeunes n’ont pas connu le joueur Fabrizio Ravanelli. L’attaquant italien n’était pas le plus talentueux, mais il était l’un des plus combatifs et aussi l’un des plus filous. Cet esprit de conquête, cette volonté de réussir coûte que coûte sans avoir des qualités hors-normes, voilà ce que tente de transmettre aujourd’hui Ravanelli à ses ouailles à Ajaccio.

« Nous sommes obligés de donner le maximum. Obligés. J’espère que cette équipe ressemblera à son coach, dans le caractère. Ne jamais partir battus, avoir quelque chose de plus que les autres, pas sur le plan tactique, mais dans les têtes et les cœurs. Après, les jambes, elles suivront toujours », lance Ravanelli dans les colonnes de France Football. « J’aimerais que le club, les joueurs et moi, nous laissions notre marque. C’est quelque chose de très difficile. Ça ne se fait pas en un mois, en dix mois, en un an. »

Vous l’aurez compris, Ravanelli aime les bosseurs et rejette les individualistes. De quoi nourrir des conflits avec la star de l’équipe Adrian Mutu, dont le comportement n’a pas toujours été irréprochable la saison dernière ? L’Italien assure en tout cas qu’il n’y aura pas de passe-droits. « Les vrais leaders, ce sont ceux qui se mettent à la disposition de l’équipe. (…) Moi j’aime les stars, mais les stars qui ont envie de travailler. (…) Je l’ai dit le premier jour : la place, elle se gagne aux entraînements. Moi, je me suis toujours battu pour gagner ma place. Adrian, c’est un joueur extraordinaire. Pour l’instant, il n’y a rien à dire. Il travaille très bien. S’il reste professionnel comme cela, il marquera 20 buts. Je l’ai parié avec lui. Il doit être notre leader », explique-t-il.

Entre les deux hommes au caractère trempé, la cohabitation s’annonce risquée. Fabrizio Ravanelli arrivera-t-il à imposer sa marque à l’ACA ? Il l’espère, car pour lui, cela pourrait s’avérer un excellent tremplin pour sa carrière. « Ah oui, ça c’est sûr. Mon rêve, c’est d’entraîner Marseille. Je ne vais pas mentir. Mais, pour l’instant, je suis concentré sur Ajaccio. Je n’ai encore rien gagné, je veux montrer ma valeur. Je suis sûr que, si ça se passe bien, il arrivera des propositions intéressantes. Mais pour le moment, pour moi, Ajaccio représente autant que le Barça, la Juventus ou le Real Madrid. » Déjà candidat au poste laissé libre par Deschamps, Ravanelli est conscient qu’une belle réussite en Corse pourrait lui ouvrir les portes du club phocéen, qu’il a gardé dans son cœur.