L’OM se déplaçait du côté du stade de la Licorne d’Amiens pour lancer cette 9e journée de Ligue 1. Mieux en championnat depuis quelques semaines, les Phocéens restaient tout de même sur trois matches nuls de suite. Le déplacement en Picardie pouvait tomber à point contre une formation en difficulté mais André Villas-Boas devait faire sans quelques joueurs de marque. Strootman, Payet et Kamara étaient suspendus alors que Gonzalez et Thauvin restaient blessés. Amavi démarrait lui sur le banc alors Sakai jouait en latéral gauche, Sarr évoluant à droite de la défense. Rongier démarrait au milieu, tout comme Radonjic et Germain aux côtés de Benedetto. Amiens lui se représentait en 4-2-3-1 avec les présences de Dibassy et de Guirassy dès le coup d’envoi, alors qu’ils étaient incertains pour cette rencontre.

Le début de rencontre était plutôt équilibré entre deux formations qui voulaient aller de l’avant. Le jeu se montrait parfois haché mais le match partait sur de bonnes bases. Amiens validait même son début de rencontre encourageant. Kakuta pénétrait dans la surface, se jouait de Lopez par une série de dribbles et centrait parfaitement pour Aleesami. La volée du latéral gauche semblait repoussée par Mandanda mais l’arbitre validait le but, le ballon ayant passé la ligne de justesse (1-0, 11e). Devant au tableau d’affichage, les locaux reculaient sans véritable pressing adverse. L’OM en profitait donc pour se lancer à son tour à l’assaut du but. Sarr envoyait un premier parpaing stoppé par Gurtner (18e) mais le gardien picard finissait pas s’incliner.

L’OM manque de réalisme dans les deux surfaces

Après un reversement de jeu initié par Perrin, Lopez alertait Benedetto dans l’axe. Seul, l’Argentin parvenait à emmener son ballon entre trois adversaires et frappait fort du droit dans le long du poteau droit de Gurtner (1-1, 23e). Cette égalisation faisait du bien à des Marseillais qui peu à peu posaient leur jeu. Même si quelques courses dans le dos de la défense n’offraient pas un climat complètement serein, les visiteurs contrôlaient la rencontre. Pourtant sur un coup-franc excentré, Caleta-Car accrochait légèrement, mais suffisamment, le maillot de Guirassy pour concéder un penalty. L’attaquant se faisait justice lui-même et offrait l’avantage aux siens avant la pause (2-1, 41e).

L’OM était donc dans l’obligation de partir à l’abordage mais oubliait souvent de défendre. Preuve en était avec ce premier contre dès la reprise où Guirassy, couvert par Caleta-Car, s’en allait frapper sur la barre (47e). Mandanda devait aussi sortir le grand jeu face à Mendoza, qui avait à nouveau faussé compagnie à la défense (56e). Marseille n’était pas en reste mais à l’image de Radonjic, les choix n’étaient pas toujours les bons. Gurtner devait tout de même s’employer sur ce coup-franc de Benedetto (55e), alors qu’Aleesami contrait cette belle reprise de Sanson (66e). Le score tenait sur un fil entre une défense d’Amiens qui gardait le cap et des attaquants qui ne convertissaient pas. Un dernier arrêt de Gurtner devant Radonjic préservait le club picard (87e). Bien lui en a pris puisque sur le dernier contre, Diabaté lançait Mendoza à la limite du hors jeu, qui battait Mandanda après avoir crocheté Perrin (3-1, 90e+1), et offrait la victoire à Amiens.

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L’homme du match : Guirassy (8) : à la base, il ne devait pas être titulaire. Plutôt discret en début de rencontre, il s’est montré au bon moment. Le numéro 9 amiénois a été accroché dans la surface par Duje Ćaleta-Car, il s’est chargé lui-même de transformer et donner l’avantage à son équipe comme un grand (41e). Il aurait même pu enfoncer le clou juste après la pause mais sa tentative a été repoussée par la barre (47e). Il rate deux face-à-face avec Mandanda qui auraient mérité mieux. Un match plein. Remplacé par Bodmer (88e), qui a été déterminant sur le dernier contre décisif.

Amiens :

- Gurtner (7) : le gardien a été sollicité pendant cette rencontre. Mais il n’a pas flanché. Il est surpris et un peu court sur la belle frappe croisée de Darío Benedetto (23e). Quelques sorties kamikazes qui auraient pu coûter cher mais aussi de bonnes interventions comme sur ce coup-franc de l’Argentin (55e). Il est aussi responsable de la victoire de son équipe avec plusieurs parades déterminants, Régis était "on Fire" ce soir.

- Calabresi (5) : le latéral droit a vite subi les montées incessantes de Nemanja Radonjić mais l’Italien a plutôt bien contenu son vis-à-vis en début de match. Puis, il a commencé à prendre confiance et à prendre son couloir ce qui a particulièrement gêné Sakai. Il doit se montrer plus précis dans ses centres.

- Chedjou (6) : intelligent, souvent bien placé, l’ancien Lillois a tenu la baraque ce soir. Cependant, il peut mieux monter sur Benedetto, l’empêcher de frapper et ainsi égaliser. Par la suite, c’est un match sérieux et appliqué où il a bien dirigé sa défense même s’il a été mis en difficulté par les incursions olympiennes.

- Dibassy (6) : touché à un genou avant la rencontre, le défenseur voulait absolument jouer cette rencontre contre l’OM. Il a bien fait d’insister auprès de son entraîneur. Avec Chedjou, il forme une charnière complémentaire. Les deux centraux ne se sont pas embarrassés lorsqu’ils étaient sous pression. C’est peu académique mais efficace comme son sauvetage devant Sanson (66e).

- Aleesami (6,5) : une entame de match parfaite ! Le Norvégien a bien lancé son équipe en étant placé très haut sur le terrain et surtout à la réception d’un centre de Gaël Kakuta pour envoyer une reprise de volée que la goal-line technology validait malgré l’arrêt de Mandanda (11e). Par la suite, il aurait pu être sanctionné d’un penalty pour avoir retenu Valère Germain dans la surface.

- Blin (6) : un homme de l’ombre mais qui a une importance considérable dans ce genre de rencontre. Le milieu de terrain s’est attelé à bien ressortir les ballons chauds pour mettre ses coéquipiers dans les meilleures conditions, à mettre le pied dans les moments compliqués. Un travail de sape pour gêner les milieux marseillais qui ont du mal à exister face à l’impact dans les duels.

- Gnahoré (6) : lui aussi a réalisé un match intéressant. Dans l’utilisation du ballon, il n’a pas hésité à se porter vers l’avant pour créer le surnombre. Sa qualité de passe, 81% de passes réussies ce soir, a été très utile à son équipe. Mais c’est aussi son travail de récupération qui est à souligner avec pas moins de 16 ballons grattés dans les pieds marseillais.

- Otero (6,5) : vu que Radonjić avait décidé de ne pas faire le repli défensif dans sa zone et que Sakai se retrouvait seul face à lui, le Colombien a eu tout le loisir de faire parler sa vitesse dans les grands espaces. Remplacé par Diabaté (73e) qui lance dans la profondeur Mendoza pour le but de la victoire.

- Kakuta (7) : son début de match est excellent. Il met dans le vent toute la défense marseillaise avec un dribble dont il a le secret puis délivre un centre millimétré pour son latéral gauche qui trompe Mandanda (11e), du grand art ! Il s’est appliqué par la suite à enclencher les contres de son équipe qui ont été dévastateurs par moment. Il n’a pas non plus rechigné à défendre et à initier le pressing des siens. Remplacé par Zungu (83e).

- Mendoza (7) : insaisissable, l’attaquant a posé beaucoup de soucis à la jeune garde marseillaise. Il n’a pas arrêté de mettre du rythme pour tenter de déstabiliser son adversaire direct. Sur son côté, il a, parfois, mis en grandes difficultés Sarr qui lui montrait trop haut et laissait des espaces béants dans son dos. Son excellent match est récompensé à la fin par le but du KO, qui permet à son équipe de faire chuter l’OM à La Licorne (90+1e) !

- Guirassy (8) : voir ci-dessus.

OM :

- Mandanda (6) : on comprend mieux pourquoi Didier Deschamps l’a rappelé en équipe de France. Le capitaine olympien a sorti une belle prestation malgré les trois buts encaissés. Il est à deux doigts de sortir la reprise d’Aleesami (11e), ne peut rien faire sur le penalty (41e) mais réalise des parades importantes en seconde période. Si sa barre le sauve devant Guirassy (47e), il met Mendoza en échec et sort bien face au même Colombien (77e). Le gardien est enfin abandonné sur le dernier but (90e+1).

- Sarr (3,5) : titulaire sur la droite de la défense, l’ancien Messin a eu du mal face à la vitesse et aux appels de Mendoza. Il faut dire qu’il a souvent joué très (trop ?) haut sur le terrain, lui causant quelques torts. En déficit physique, il l’a parfois joué à l’expérience comme dans ce duel le long de la ligne de touche (14e). Il a un peu mieux terminé même s’il a encore laissé des espaces dans son couloir (75e).

- Perrin (3,5) : le jeune défenseur a lui aussi éprouvé pas mal de difficulté ce soir. Il a connu des problèmes de placement et n’a pas toujours effectué les bons choix entre suivre l’attaquant ou sortir sur le joueur adverse. Il a certes du répondant dans les duels et n’est pas maladroit quand il s’agit de sortir le cuir mais il a souffert. Il est d’ailleurs encore trompé par le dernier dribble de Mendoza sur le but du 3-1 (90e+1).

- Caleta-Car (2,5) : un match vraiment compliqué pour lui. Le vice-champion du monde a été pris à de trop nombreuses reprises dans son dos lorsque les Amiénois lui échappaient comme sur cet appel d’Otero (34e) et cette percée de Guirassy où il monte trop tardivement (47e). Il commet également une petite faute qui suffit à M. Hamel pour siffler penalty (39e).

- Sakai (6,5) : heureusement qu’il était là ce soir car il a sauvé les siens à plusieurs reprises. Il coupe parfaitement la trajectoire du ballon alors qu’Otero filait au but (34e). L’international japonais se sacrifie une seconde fois pour fermer l’intérieur devant Guirassy (50e). Même s’il n’a pas réussi à apporter le surnombre devant, il a colmaté les brèches derrière et c’est déjà pas mal. Il a fini sur les rotules et voit sa frappe contrée in extremis (81e).

- Lopez (4) : un peu de bon et pas mal de moins bon pour le minot. Présent dans le jeu, il a essayé de faire courir le ballon mais malgré pas mal de tentatives, il a surtout connu l’échec dans les secteurs clés du terrain, ajustant mal une passe dangereuse pour Rongier, qui est contraint à la faute (66e). Kakuta a fait de lui sa chose sur l’ouverture du score (11e) et il est en plus averti pour un geste de nervosité (42e). Remplacé par Khaoui (72e) dont l’entrée n’a pas apporté grand-chose.

- Rongier (4) : comme ses compères au milieu du terrain, il ne s’est pas distingué. La dernière recrue marseillaise est d’abord devancée par Aleesami (11e) sur le but amiénois. Averti simplement d’un jaune alors que Guirassy partait seul dans la moitié de terrain marseillaise (66e), l’ancien Nantais n’est pas parvenu à sortir son épingle du jeu dans le registre offensif et défensif. Aligné en pointe basse, il a eu du mal à faire avancer son équipe et n’a pas assez protégé son axe.

- Sanson (3,5) : quasiment inexistant en première période, l’ex-joueur de Montpellier réalisait une prestation dans la lignée de ses dernières sorties : décevante. Malgré des courses dans les espaces libres, il a souvent été servi à contre temps, notamment par Radonjic, et n’a pas su exploiter les rares ballons donnés dans le bon tempo. Il est monté un peu en puissance durant la seconde période avec cette reprise de volée (66e) avant de baisser pavillon entre un centre raté (71e) et une frappe trop enlevée (74e). Il a perdu beaucoup trop de ballons (22). Remplacé par le jeune Lihadji (79e), qui a tenté de faire parler ses dribbles et sa vitesse.

- Germain (3,5) : une nouvelle fois aligné sur le côté droit, l’ancien Monégasque a offert un début de rencontre encourageant. Sa connexion avec Benedetto semblait bien partie, d’autant qu’il parvenait à trouver ses partenaires seulement il a rapidement disparu. Il s’est trop souvent englué dans la défense, voulant partir au duel avec des golgothes pour adversaires. Forcément battu, il a touché trop de ballon pour sortir du lot.

- Benedetto (5,5) : il signe son 5e but cette saison (23e), magnifique par ailleurs, et c’est tout. Auteur d’un exploit personnel sur l’égalisation, l’ancien de Boca n’a plus existé de la rencontre. Pour preuve, il a touché une grosse vingtaine de ballons seulement et n’a plus eu une balle de but à se mettre sous la dent. C’est aussi la faute de ses coéquipiers qui n’ont pas réussi à le mettre dans les bonnes dispositions. Il y a juste ce coup-franc cadré mais bien lu par Gurtner (55e).

- Radonjic (4,5) : il est volontaire mais toujours aussi limité. Doté d’une grosse pointe de vitesse, il a souvent essayé de mettre à mal la défense amiénoise et notamment Calabresi mais le Serbe effectue tellement de mauvais choix entre une course directement en six mètres (8e), un ballon poussé trop loin (37e) ou encore cette frappe largement au-dessus (64e). Sa fin de match est meilleure. Il parvient à centrer dans le bon timing pour la magnifique reprise de volée de Sanson (66e).