L’ASSE a misé sur le bon cheval. Le 4 octobre, les Verts ont décidé de confier les clés de l’équipe première à Claude Puel, après avoir écarté préalablement Ghislain Printant. Arrivé en tant que manager général et entraîneur, l’ancien coach du LOSC, qui a également intégré le Directoire du club, savait que sa mission serait difficile. À cette époque-là, les Stéphanois étaient à la dix-neuvième position du classement de Ligue 1 Conforama (8 points, 2 victoires, 2 nuls et 4 défaites). Mais le technicien français était confiant, lui qui avait pris son temps avant de dire oui aux pensionnaires du stade Geoffroy-Guichard. « Il y avait une réflexion à mener de ma part. Saint-Étienne est mal classé. C’est toujours difficile de reprendre un club en cours de saison, c’est la deuxième fois (après Leicester en octobre 2017, ndlr). C’est un vrai challenge. Il faut aller à l’essentiel. Partout où je suis passé, j’ai essayé de donner le meilleur de moi-même. Je me donne à fond pour le long terme. Mon action est toujours portée pour développer les différentes composantes du club », avait-il expliqué lors de sa conférence de presse de présentation.

Saint-Étienne invaincu avec Puel

Deux jours après, Puel vivait son premier match sur le banc des Verts. Un match pas comme les autres puisqu’il s’agissait du derby face à l’Olympique Lyonnais, un club où il n’est pas parti en bons termes. Face à une équipe également en crise, le natif de Castres a réussi sa grande première puisque ses troupes se sont imposées 1-0 à domicile, plongeant le rival lyonnais au fond du trou et entraînant le limogeage de Sylvinho. Un succès initial important pour Claude Puel qui a pu profiter de la trêve internationale du mois d’octobre pour travailler sereinement et poser sa patte. Ensuite, l’ASSE a enchaîné avec 6 matches toutes compétitions confondues. Et que ce soit en Ligue 1 Conforama (4 rencontres) ou en Ligue Europa (2 matches), Saint-Étienne est resté invaincu. Ainsi, depuis l’arrivée de Claude Puel début octobre, les Stéphanois affichent un bilan de 4 victoires et 1 nul en 5 journées de championnat. Ils ont pris 13 points sur 15 possibles. Outre le fait qu’il s’agisse du meilleur démarrage d’un entraîneur au sein du club de la Loire, l’ASSE est tout simplement la meilleure équipe depuis la 9ème journée de L1, soit depuis la première de son nouveau coach.

Entre le 9e et la 13e journée, Saint-Etienne (13 points) a fait mieux que Paris (12 points pris). Surtout, même si tout n’a pas été parfait et qu’il reste encore du travail à fournir, la formation stéphanoise est parvenue à s’en sortir alors qu’elle n’avait pas forcément un calendrier évident. Elle a gagné face à des adversaires tels que Lyon, Bordeaux, Monaco et Nantes. Elle a concédé le nul face à Amiens (2-2). Une équipe invaincue qui n’a, en revanche, pas connu la victoire en Ligue Europa face à Olexandriya (1-1, 2-2). Quoi qu’il en soit, Claude Puel a réussi à redresser la barre en championnat. Dix-neuvièmes avant son arrivée, les Verts sont aujourd’hui troisièmes de L1, ex æquo avec Angers (21 points). Mais l’entraîneur de l’ASSE ne veut pas s’enflammer. « Justement, c’est provisoire. Je ne me préoccupe pas du classement. Mon unique objectif est de voir cette équipe s’améliorer. En jouant tous les trois jours, c’est très dur d’effectuer des séances d’entraînement complètes sur le plan tactique. Mais autour de ce groupe, le climat est très bon. L’essentiel pour moi, c’est la constance dans les résultats. Il faut apprécier chaque instant, mais les comptes seront faits à la fin. Maintenant, on va bien récupérer. Puis il faudra revenir avec la même dynamique. On va également devoir gérer les retours des internationaux au fil des jours pendant la trêve ».

Un groupe ouvert et une concurrence positive

Une trêve dont il profitera pour continuer à travailler et peaufiner les détails, lui qui a déjà apporté pas mal de choses aux Verts. Le coach tricolore compte sur tout un groupe, lui qui a utilisé 26 joueurs différents depuis sa prise en main de l’équipe, comme l’a expliqué la LFP. Il veut concerner tous ses joueurs et maintenir une concurrence saine et forte alors qu’il a eu quelques blessés. « On connaît le onze qui va débuter le jour du match. Parfois la veille. C’est un plus, car ça marche. Cela maintient une concurrence », a expliqué Ryad Boudebouz récemment. Une stratégie payante pour le coach qui a su faire des choix gagnants (entrée de Beric buteur lors du derby), miser sur les jeunes comme Aby ou Fofana, tout en essayant de relancer des éléments qui avaient perdu confiance avec Printant comme Boudebouz. « J’essaie de faire comprendre aux joueurs que cette rotation est nécessaire pour que chacun puisse apporter au groupe de la fraîcheur quand il rentre. C’est une bonne concurrence. Une année avec Lille, on a joué plus de 60 matches en une saison car on avait commencé par la Coupe Intertoto. On a fait tourner lors de chaque rencontre. Cette saison-là, on a atteint les 8e de finale de la Coupe de l’UEFA et fini 2e du championnat ».

Une méthode qui fonctionne puisque les résultats suivent. Un peu plus solide derrière (3 clean sheets et 4 buts encaissés en L1 et 3 en C3), l’ASSE se montre aussi très efficace devant puisqu’elle a trouvé le chemin des filets lors des six matches dirigés par Puel (11 buts marqués). Arrivé cet été, Denis Bouanga est l’homme en forme côté stéphanois avec 4 buts et 1 assist en L1 (contre 1 but et 1 passe décisive avant Puel). Tout se passe donc très bien pour Claude Puel qui a donné les clés de sa réussite après la victoire dimanche face à Nantes. « L’état d’esprit et le travail. On commet une grosse faute de placement sur le premier but qu’on encaisse, mais on réagit bien. On marque des buts superbes, on est en progrès même s’il y a encore beaucoup de travail à effectuer. On doit s’arracher lors de chaque match. Mais cette réussite, on sait la provoquer ». Après la trêve, les Verts vont enchaîner avec un gros bloc de plusieurs matches. Ils croiseront notamment la route de Montpellier, Rennes ou encore du PSG d’ici la trêve de décembre. À ce moment-là, Claude Puel saura s’il a réussi à définitivement relancer la machine stéphanoise. Ce qui est certain, c’est que tous les voyants sont au vert actuellement pour qu’il y parvienne, lui qui avait déjà connu une situation similaire lorsqu’il était venu au chevet de Leicester.