Après la première victoire de l’OM de la saison hier soir face à Lorient, c’était au tour de l’OL de poursuivre sa marche en avant. Auteur d’un sans faute en ce début de saison avec deux succès en autant de rencontres, le club rhodanien se déplaçait sur le terrain du promu Dijon. Comme dit le dicton, "on ne change pas une équipe qui gagne", Bruno Génésio alignait exactement le même onze qui a battu Caen le week-end dernier. Ainsi, Rafael était toujours préféré à Jallet, Yanga-Mbiwa et Nkoulou formaient la charnière centrale et au milieu c’était le même trio Gonalons-Darder-Tolisso. Avec 5 buts depuis le début du championnat, Lacazette était bien sur titulaire aux côtés de Fekir et Ghezzal.

Dès le début de rencontre, les deux équipes mettaient beaucoup d’intensité et offraient un joli spectacle. Chaque attaque amenait une occasion de but et ce qui donnait un match très ouvert. Dijon frappait le premier avec cette reprise ratée face au but de Diony (6e). L’OL réagissait avec une tête de Gonalons (8e) et cette occasion de Cornet (10e) repoussées par Reynet. Dijon se montrait dangereux en contre, mais Lyon semblait prendre l’ascendant avec un pressing haut et allait être rapidement récompensé. Si Lacazette voyait sa frappe contrée (15e), Tolisso profitait d’un super travail de Darder pour ouvrir le score (0-1, 20e). Seulement dans la foulée, les Gones se déconcentraient. Nkoulou fauchait Tavares par derrière les deux pieds décollés et en position de dernier défenseur. Penalty logique, mais l’arbitre n’infligeait qu’un carton jaune au défenseur grâce aux nouvelles recommandations de la LFP.

Lacazette sort blessé, Lyon sombre en deuxième période

Sammaritano ne se faisait pas prier et égalisait (1-1, 24e). Malgré le but dijonnais, Lyon reprenait sa marche en avant comme si de rien n’était. Cornet manquait plusieurs balles de but sur ce magnifique ciseau (28e), ce tacle (29e) et sur cette lourde frappe (33e). Dijon finissait par craquer sous la pression. Après une tentative (35e), Lacazette trouvait enfin le chemin des filets et marquait son 6e but de la saison (1-2, 37e). La joie sera de courte durée pour l’attaquant. Touché derrière le genou après un contact avec Varrault (41e), il sortait définitivement, remplacé par Valbuena. Les malheurs de l’OL ne s’arrêtaient pas là puisque juste avant la mi-temps Tavares profitait d’un centre parfait de Sammaritano pour égaliser de nouveau (2-2, 45e+1).

On ne le savait pas encore, mais la sortie de Lacazette allait véritablement casser la dynamique de son équipe. Toujours en contre, le DFCO se procurait des situations chaudes et profitait du laxisme défensif lyonnais. Sans réelles explications, les Gones perdaient la plupart des duels dans tous les secteurs du jeu et ne parvenaient plus à se montrer dangereux devant la cage de Reynet. Et ce qui devait arriver arriva. Après un nouveau flottement dans la surface lyonnaise, Bahamboula trouvait la faille d’une frappe croisée (3-2, 73e). Mené au score pour la première fois du match, Lyon tentait de revenir par Valbuena mais une nouvelle et dernière fois, Reynet sortait le grand jeu (84e). Cela profitait à Lees Melou qui terminait le travail pour cette merveilleuse frappe enroulée (4-2, 88e). Dijon s’offre un véritable exploit en marquant 4 buts à un outsider du championnat et une première victoire depuis son retour en Ligue 1. Lyon peut s’en vouloir d’être passé complètement à côté de son match.

L’homme du match : Reynet (8) : le portier de 25 ans a sauvé miraculeusement son équipe en repoussant tout ce qu’il pouvait. Superbe parade sur une tête au premier poteau de Gonalons sur corner (8e) et devant son propre défenseur Chafik (9e). Sur l’ouverture du score lyonnaise, il s’emploie encore en repoussant la frappe croisée de Darder (20e), sauf que Tolisso avait bien suivi. Battu sur sa droite sur le but de Lacazette (37e). En deuxième mi-temps, il remet ça sur la frappe de Darder (49e), en claquant un centre contré de Rafael (80e), en repoussant une tentative de Valbuena (83e).

OL :

- Lopes (5) : il a connu un début de match agité avec deux sorties risquées loin de son but (6e, 11e) et un penalty sur lequel il est battu (24e). Pas vraiment inquiété ensuite, il ne peut rien faire sur le but de Tavarès, fusillé à bout portant (45e+1) ni sur les réalisations de Bahamboula (73e) et de Lees Melou (88e). Régulièrement abandonné par sa défense, il ne fait pas un mauvais match mais il n’est pas décisif non-plus hormis sur cette situation dangereuse (48e).

- Rafael (4) : match en demi-teinte de sa part. Le Brésilien a connu de bonnes périodes mais aussi des moments d’absence. Très offensif en début de match, il s’est calmé pour tenter d’éviter les nombreuses situations de contre dijonnaises mais cela n’a pas été très efficace. Il a souffert de la rapidité du jeu adverse et n’a pas toujours été précis dans ses transmissions.

- Yanga-Mbiwa (3,5) : il n’avait jamais été aussi inquiété depuis le début de la saison. Après une bonne entame de match, le défenseur a montré pas mal de signes de fébrilité. Pas toujours irréprochable dans les duels, il a souffert face à Tavarès et n’a pas toujours bien lu les trajectoires de balle. Il manque également une interception qui aurait pu être plus lourde de conséquences (54e).

- Nkoulou (3) : quel match épouvantable de sa part. Il a à peu près tout raté. Son jeu long n’a rien apporté et il a pris des décisions parfois risquées comme cette protection de balle mal maîtrisée (14e) et ce duel perdu face à Diony (49e). Il frôle la correctionnelle sur ce tacle par derrière dans sa surface ce qui lui vaudra un jaune et un penalty concédé (24e). Il est le symbole du naufrage défensif de l’OL aujourd’hui.

- Rybus (4) : un peu comme Rafael, il a montré du bon et du moins bon sur le terrain. Très concerné, il était dans le ton du match et n’a jamais rechigné à apporter du soutien notamment défensif. Seulement, il s’est montré un peu brouillon par des relances approximatives et des prises de décisions parfois étonnantes. De plus, sa responsabilité est engagée sur le second but de Dijon puisqu’il est pris dans son dos (45e+1). Remplacé par Ferri (67e).

- Gonalons (4) : lui non-plus ne s’est pas montré à son avantage ce soir. Fébrile au milieu, il a assez mal protégé son axe défensif ce qui explique en partie les errements de Lyon derrière et les nombreux contres. Il a perdu un ballon qui a mis son équipe dans le dur (6e) et des duels importants. Il est également auteur de quelques interventions en retard dont une qui lui vaudra un jaune (74e). Sa tête cadrée aurait mérité meilleur sort (8e).

- Darder (6) : une première mi-temps où il a régalé et une seconde où il a sombré. Véritable chef d’orchestre du jeu lyonnais, c’est lui qui orientait et guidait son équipe en variant les attaques. Il est le détonateur sur le but de Tolisso et n’a pas hésité à tenter sa chance (13e, 50e). Seulement, il a disparu en seconde période, peut-être à cause d’un déficit physique. Il a beaucoup subi et ne s’est plus retrouvé au centre du jeu de son équipe.

- Tolisso (6) : un peu comme Darder, il réalise une première partie de match excellente mais il a fini par disparaître en seconde période. Il a livré une grosse d’ébauche d’énergie avec beaucoup d’aller-retour sur le pré malgré la forte chaleur. À la baguette comme pour Cornet (9e), il a surtout ouvert le score (20e). Malheureusement pour lui, il n’a pas eu le même rendement par la suite et s’est complètement éteint, souffrant de l’impact des Dijonnais.

- Fekir (4) : il semble retrouver le chemin de la forme physique mais il lui manque encore ce petit déclic. Il effectue un match correct où ses choix ont souvent été judicieux mais il a rarement été récompensé. Son entente avec Lacazette progresse en témoigne cet échange entre les deux (15e). Il aurait pu se voir siffler un penalty (3e) mais un peu comme le reste de l’équipe, on ne l’a pas beaucoup vu sur la deuxième période. Remplacé par Grenier (77e) qui n’a pas eu le temps de s’exprimer.

- Cornet (4,5) : avec le recul, c’est aussi lui qui coûte la victoire à l’OL. Très en jambes, il a multiplié les tentatives sans jamais trouver la faille. Il manque une grosse occasion face au but (9e) puis voit Balmont repousser sur sa ligne son magnifique ciseau (28e). Il est un peu court sur ce centre de Lacazette (29e) et frappe en force au-dessus du but (33e). Isolé et orphelin de Lacazette après sa sortie, il a occupé la pointe sans jamais trouver ses marques.

- Lacazette (non-noté) : il démarrait bien la rencontre malgré quelques choix de jeu pas toujours évident mais on le sentait en confiance. Il s’offrait d’ailleurs une première belle occasion (15e), puis une seconde pas évidente (34e). Il a fini par faire trembler les filets (37e) mais est rapidement sorti sur blessure (41e). Remplacé par Valbuena (5,5) (45e) qui a plutôt été bon mais il n’a pas réussi à déstabiliser le collectif dijonnais. Très mobile, il a tenté de déclencher des mouvements collectifs mais il s’est souvent heurté à une défense très basse malgré ses passes précises.

Dijon

- Reynet (8) : voir ci-dessus.

- Rüfli (5,5) : match assez timide du Suisse, moins inquiété que ses coéquipiers de la défense. De belles interventions défensives, comme lorsqu’il contre au dernier moment Lacazette qui s’apprêtait à marquer (15e). Quelques montées intéressantes aussi en contre.

- Abdelhamid (6,5) : a eu du pain sur la planche face aux attaques de l’OL. Mais s’est montré très précieux pour protéger son équipe. Solide, pour détourner le coup-franc de Valbuena (52e) ou pour contenir Cornet à plusieurs reprises (65e, 82e). Il a grandement contribué au succès des siens.

- Varrault (5,5) : le capitaine dijonnais a beaucoup souffert sur les offensives adverses. Une intervention limite sur Fekir (3e). Sa perte de balle devant Lacazette (12e) aurait pu coûter très cher. Beaucoup trop lent sur une incursion de Darder dans la surface (33e), c’est lui qui envoie Lacazette à l’infirmerie juste avant la pause. Il s’est bien repris au retour des vestiaires en écartant plusieurs ballons chauds.

- Chafik (7) : tout près de tromper son propre gardien (9e). Pour le reste, il s’est montré très précieux. S’est bien occupé de son adversaire direct Rybus tout au long du match. A eu fort à faire, aussi, face à Valbuena au retour de vestiaires mais s’en est bien sorti. Se permet même une offensive très dangereuse dans la foulée du troisième but.

- Marie (6) : match assez discret du milieu de terrain, qui a tout de même réussi la plupart de ses passes et gagné un certain nombre de duels (12) au cours de ce match.

- Balmont (5) : une prestation mi-figue mi-raisin de la part du vétéran de 36 ans. Il sauve à la fois son équipe en repoussant sur sa ligne la frappe de Cornet (29e), mais la condamne sur sa perte de balle entraînant le deuxième but lyonnais (37e). Il est averti pour son excès d’engagement sur Valbuena (54e).

- Sammaritano (7) : le petit lutin bourguignon transforme le penalty égalisateur en prenant Lopes à contre-pied (24e), inscrivant ainsi le premier but officiel de la saison du DFCO. Dans l’ensemble, il a dézoné et tenté d’apporter de la vivacité à son équipe. Son centre côté droit trouve remarquablement Tavares sur le second but dijonnais (45e+1). Remplacé dès la 55e minute par Bahamboula auteur du troisième but sur corner (73e).

- Amalfitano (6) : il a surtout fait le sale boulot défensif sur son côté. Accueille comme il faut Valbuena dès son entrée en jeu (45e+2), ce qui lui vaut un carton jaune. Moins en réussite offensivement, comme sur cette reprise ratée (71e).

- Diony (5,5) : volontaire mais assez maladroit, à l’image de sa frappe qu’il envoie dans les nuages sur un centre en retrait de Tavares (6e).Sa déviation dans la surface dès le retour des vestiaires manque de lober Lopes. Il cède sa place à Lees Melou (62e), très tranchant pour son entrée en jeu et auteur du coup de grâce sur une délicieuse frappe enroulée (88e).

- Tavares (8) : non seulement ses échappées en contre ont souvent été dangereuses, mais en plus le Cap-Verdien a été dans tous les bons coups offensifs des siens. Un très bon centre en retrait complètement vendangé par Diony (6e). Il obtient un penalty sur la faute en tant que dernier défenseur de N’Koulou. Coupe parfaitement le centre de Sammaritano (45e+1). Son centre en rentrait amène le corner conduisant au but victorieux de Bahamboula (73e). Un match plein achevé à un quart d’heure de la fin, lorsqu’il cède sa place à Gastien.