En moins d’un an, la vie d’Eduardo Camavinga a changé du tout au tout. Le 14 décembre dernier, le jeune crack âgé de 16 ans signait son premier contrat professionnel jusqu’en 2021 en faveur du Stade Rennais. Un club qu’il avait rejoint à l’âge de 11 ans. « Je crois que je l’ai su en première année de centre. À la fin de l’année, j’ai su qu’ils voulaient me proposer un contrat professionnel. Je n’ai pas hésité une seule seconde. Tout le monde était content chez moi, moi aussi. C’est allé très vite. Rennes, c’est ma ville, c’est mon club. J’aime beaucoup cette ville », a-t-il expliqué ce mercredi au site officiel de la Fédération Française de Football. Lancé dans le grand bain de la Ligue 1 le 6 avril 2019, Camavinga a gravi les échelons à une vitesse phénoménale, devenant un titulaire en puissance au sein de l’équipe entraînée par Julien Stéphan. De quoi d’ailleurs attirer les regards des meilleurs clubs européens, dont le Real Madrid. La FFF a aussi suivi de près le cas du Rennais, né en Angola.

Et il y a quelques jours, Eduardo Camavinga a été naturalisé français. Une bonne nouvelle qui n’a pas été la seule pour lui. En plus de fêter ses 17 ans, il a eu le plaisir d’être appelé pour la première fois avec les Espoirs. Une folle semaine qu’il a racontée au micro de la FFF. « Ça commencé, d’abord, quand j’ai su que j’étais français. Ça m’a fait un bien fou. Ensuite, il y a eu mon anniversaire hier (mardi) et cette sélection aujourd’hui. Je n’étais pas prêt. J’étais dans ma chambre et j’ai reçu ensuite un appel du coach. Il m’a dit que j’étais sélectionné. Du coup, je suis descendu. Comme c’était mon anniversaire, il y avait toute ma famille. Je leur ai dit que j’étais sélectionné et tout le monde était heureux. Ensuite mon père est arrivé. Lui aussi était heureux. Entre temps, le coach m’a dit que j’allais recevoir un appel du sélectionneur. J’avais laissé mon téléphone en haut et je me suis souvenu que je devais récupérer mon téléphone. Personne ne voulait me lâcher. Du coup, je suis parti en courant là haut pour prendre mon téléphone. Mon cousin me l’a ramené ».

Camavinga raconte ses premiers pas en équipe de France

Puis il a évoqué ses premiers pas à Clairefontaine. « C’est sécurisé (sourire). C’était un honneur. Je suis heureux d’être là. J’y pensais et y être, c’est vraiment fabuleux. Je suis né en Angola, je suis arrivé ici à l’âge de 2 ans (...) Depuis, je suis ici. Ça fait 15 ans. La France, c’est mon pays depuis tout petit ». Forcément, revêtir la tunique frappée du coq est particulier pour lui. « C’est une émotion de malade. Depuis tout petit, quand je regardais l’équipe de France 98 sur cassette, quand ils ont gagné la Coupe du Monde, j’espérais porter ce maillot un jour. Je pense à ma famille. Il va y avoir beaucoup d’émotions ». Entendre La Marseillaise sera aussi un moment spécial à ses yeux. On l’a d’ailleurs déjà entendu l’entonner une fois sa naturalisation officialisée. « Je revenais des cours, je suis allé à l’entraînement. Je vois que tout le monde m’attendait dans les vestiaires. Je savais qu’ils voulaient que je chante. Du coup, ils ont tous pris leurs téléphones pour me filmer. Ils m’ont dit de chanter La Marseillaise. Je la connais depuis longtemps. On l’a appris à l’école. Il y avait de l’émotion car j’espérais la chanter le plus vite possible ».

Il pourrait la chanter vendredi face à la Géorgie ou mardi face à la Suisse, si Sylvain Ripoll décide de lui donner du temps de jeu. Ce qui est sûr, c’est qu’Eduardo Camavinga est prêt à tout donner. « Je peux apporter mon envie, mon agressivité. Je suis quelqu’un de souriant qui aime aller vers les gens et qui ne se prend pas la tête. J’essaye de tirer le groupe vers le haut, d’amener des petites ondes positives ». Un jeune homme plein d’énergie qui avait pratiqué le judo avant de se lancer à fond dans le football, après avoir tapé dans l’œil de surveillantes dans la cour de récré. Toujours scolarisé, le milieu tricolore a expliqué. « Je suis au Stade Rennais, je fais mes cours là-bas. Je pense que si j’étais dans un lycée normal, je n’aurais pas continué comme là, je ne serais pas allé en ES. Ce sont plus eux qui m’ont poussé à aller en ES. Je m’y plais bien ». Capable de jongler entre les études et le football, Eduardo Camavinga est inarrêtable sur tous les terrains.