Foot Mercato : Tout d’abord, comment allez-vous ?

Raphaël Guerreiro : Tout va bien merci ! C’est vrai que j’ai vécu de bons moments ces derniers temps, j’espère que ça va continuer comme ça.

FM : Félicitations pour le nul contre l’Olympique de Marseille (1-1, 16e journée de L1). Quelle analyse faites-vous de cette rencontre ?

RG : On a fait un bon match. C’est vrai que l’OM a eu pas mal d’occasions, il aurait pu marquer quelques buts en plus, mais on a eu la force et le courage de tenir. Ça montre qu’on reste solide, malgré notre position au classement.

FM : Qu’avez-vous pensé de l’équipe de Bielsa ?

RG : Marseille est une grosse équipe. Ils ont mis beaucoup de rythme, ils ont été impressionnants. On en a tous parlé entre nous dans le vestiaire. Ils nous ont limite plus impressionné que le Paris SG, qu’on a joué quelques semaines auparavant (1-2, 13e journée de L1). Je pense qu’au niveau des individualités, Paris est au-dessus. Après, ce que Marseille fait collectivement sur le terrain est meilleur. Contre nous, ils ont prouvé qu’ils pouvaient se créer énormément d’occasions dans un match. Mais, on a su tenir contre eux.

FM : Pour en revenir à Lorient, l’équipe enchaîne les résultats positifs et est sortie de la zone rouge, même si l’équilibre reste fragile (16e position avec 3 points d’avance sur le 18e). Comment expliquez-vous cette bonne passe ? Qu’est-ce qui a changé ?

RG : Je pense que tout le monde s’investit un peu plus. On sait qu’on est en difficulté. Maintenant, on fait le nécessaire pour ne plus l’être. Sur le terrain, ça se ressent. Quand on voit que l’on arrive à tenir contre Marseille, ça encourage encore plus. À Toulouse, lorsque l’on est mené (1-0), on trouve les ressources pour mettre trois buts en cinq minutes. On se dit qu’avec cet état d’esprit compétitif, si on ne lâche pas, on peut faire des choses intéressantes pour les matches suivants. Il y a eu une prise de conscience. On était vraiment dans le dur. C’est compliqué de reprendre l’entraînement le lundi après avoir perdu le week-end. On a réussi à relever la tête en travaillant à l’entraînement, en donnant un peu plus chaque jour qu’on réussit à sortir de là.

FM : Sur le plan personnel, vous avez été l’un des acteurs du redressement lorientais avec vos trois buts en novembre. Aviez-vous des talents cachés de buteur ?

RG : En U19, j’arrivais à marquer mais après ça a été plus compliqué ! (rires) Contre Paris, ce n’était que mon premier but en L1. Être décisif, ça fait du bien au moral et ça rebooste pour la suite de la saison. Ce n’est pas mon habitude de marquer, mais j’espère que ça va continuer ! Je ne le travaille pas spécialement. Je m’entraîne de la même façon, je ne m’entraîne pas vraiment devant le but, je suis davantage un centreur. Mais j’ai de la réussite, j’en profite !

FM : Avez-vous lancé un défi à Jordan Ayew (4 buts) et Valentin Lavigne (3 réalisations) pour le titre de meilleur buteur du FCL en fin de saison ?

RG : Non, je leur laisse la place ! (Rires) Ce n’est pas mon truc d’être le meilleur buteur du club. Je préfère gagner des matches que marquer des buts !

FM : Justement, que pensez-vous des premiers pas de Jordan Ayew avec les Merlus ?

RG : C’est vrai qu’il est très important pour nous parce qu’il est décisif. Je crois qu’il est à 4 buts et 4 passes décisives. Jordan est un joueur important de l’effectif. Il nous tire vers le haut quand il est avec nous sur le terrain.

FM : Comme lui, vous êtes un joueur important de Lorient. C’est le signe que vous vous êtes parfaitement adapté à la L1. Comment ce processus s’est-il déroulé, vous qui venez de Caen, à l’époque en L2 ?

RG : Christian Gourcuff m’a mis directement titulaire à mon arrivée la saison dernière. J’étais obligé de m’adapter assez rapidement ! Mais quand on a une équipe qui joue au ballon, ce qui correspond à mes caractéristiques, c’est vrai que c’est beaucoup plus facile pour s’adapter. Après, dans l’impact physique, j’ai eu beaucoup plus de mal qu’en Ligue 2. Aujourd’hui, ça va mieux. J’essaie de davantage jouer sur mes qualités, sur l’anticipation plus que sur les duels.

FM : Avec le départ de Christian Gourcuff, il y a eu une mini-révolution à Lorient cet été. Quels ont été les changements majeurs depuis l’intronisation de Sylvain Ripoll à sa place ?

RG : Avec le coach Ripoll, il y a plus de communication. Dans le jeu, il essaie de faire dans la continuité de Christian Gourcuff. Avec les joueurs, c’est vrai qu’il parle un peu plus. C’est rassurant.

Des débuts rêvés avec le Portugal, un avenir doré ?

FM : Vous êtes brillant avec Lorient. Vous l’avez également été avec le Portugal, en offrant la victoire à la Seleção contre l’Argentine (1-0), en amical. Racontez-nous cette folle soirée.

RG : J’étais sur le banc au coup d’envoi. Je ne devais pas jouer car le sélectionneur Fernando Santos voulait voir l’autre latéral gauche, Tiago Gomes. Seulement il s’est blessé vers la 50e. Je suis rentré sans m’échauffer. J’ai essayé de faire du mieux possible contre une bonne équipe d’Argentine. À la fin, je me suis retrouvé seul devant le but, j’ai pris ma chance et j’ai marqué. Un but, avec le Portugal, contre l’Argentine, c’est quelque chose d’exceptionnel. C’est une sensation différente, quelque chose de plus fort qu’en club.

FM : La question que tout le monde se pose : alors, Cristiano Ronaldo, Ballon d’Or 2013 et star du Real Madrid, en vrai, ça donne quoi ? Est-il votre favori pour sa succession pour 2014 ?

RG : C’est énorme, en plus, c’est mon joueur préféré. Lui dire bonjour déjà la première fois, ça fait quelque chose ! C’est un grand joueur. Forcément, ça donne envie de retourner très vite en sélection pour côtoyer ce genre de joueurs. Pour moi, c’est le favori pour le Ballon d’Or, c’est clair. Son image arrogante ? Pour moi, ça n’a pas été le cas du tout. Franchement, il était super cool. Pas juste avec moi d’ailleurs, avec tout le groupe. Il ne me connaissait pas, il m’a posé des questions, mais il m’a vite mis à l’aise.

FM : Derrière Fabio Coentrão, qui est souvent blessé, personne ne se dégage vraiment à gauche en sélection. Êtes-vous conscient d’avoir une énorme carte à jouer en vue de l’Euro 2016, en France ?

RG : L’objectif, c’est d’être à l’Euro 2016 en France, c’est clair. Je n’avais pas encore eu la chance d’être appelé auparavant. Là, je l’ai eue et je l’ai saisie. Je pense que j’ai mis le doute dans l’esprit du sélectionneur. J’espère qu’il va me rappeler pour les prochaines sélections. Maintenant, j’ai ça en tête et j’espère en être !

FM : Vous auriez également pu évoluer pour la France. Pourquoi avoir choisi le Portugal ?

RG : J’ai choisi le Portugal par rapport à mes origines, par mon père. Quand j’étais petit, je regardais tous les matches du Portugal, j’étais supporter. Je ne suivais pas spécialement les matches de l’équipe de France. J’ai le Portugal dans mon cœur.

FM : La L2, la L1, la sélection du Portugal... Quelle sera la prochaine étape dans votre plan de carrière ?

RG : La prochaine étape, c’est m’imposer aussi en sélection à l’avenir et trouver un très grand club. Ça se fera dans les prochaines années j’espère. Pour l’instant, je n’en ai pas encore parlé avec Lorient. Je suis concentré sur la fin de saison avec Lorient. On verra plus tard.

FM : On commence déjà à parler de vous dans de très grands clubs : Manchester City, Paris, Porto... Comment appréhendez-vous tout cela ? Avez-vous des préférences ?

RG : C’est toujours agréable de voir des choses comme ça. Après quand on est concentré sur son club, on ne fait pas trop attention. Ça fait toujours plaisir d’entendre ce genre de choses.

FM : En tant que natif du Blanc-Mesnil, avez-vous une préférence pour le PSG ?

RG : Je suis pour Paris en Ligue 1. C’est intéressant quand on entend des choses comme ça, mais pour l’instant, il n’y a pas de préférences. Si je peux rester en France dans un premier temps, c’est sûr que je le ferai.