Avant même le terme de la saison 2018/2019, Hatem Ben Arfa (32 ans) avait choisi de claquer la porte du Stade Rennais. Parti en froid avec le club breton, le milieu offensif avait déclaré vouloir relever un challenge plus excitant. Un objectif qu’il pensait atteindre lorsque des clubs tels que le Séville FC, le Betis ou encore la Sampdoria lui faisaient les yeux doux. Mais depuis, plus rien. Ces dernières semaines, on a bien cru que le FC Nantes allait le sortir de son chômage. Mais une fois encore, les négociations ont capoté. Toujours à la recherche d’une équipe, l’ancien Rennais conserve l’avantage d’être disponible sans devoir attendre la prochaine période du mercato, en janvier. Mais plus il reste inactif, plus une question se pose : combien de temps lui faudra-t-il pour retrouver tous ses moyens physiques ?

Depuis qu’il a quitté les Rouge et Noir, HBA s’entretient avec un préparateur physique. Est-ce suffisant ? Pour tenter d’en savoir davantage, nous avons interrogé un ancien préparateur physique passé par des clubs de L2, de L1 et une sélection africaine. « En général, on fait environ entre 100 et 120 mètres par minute, pendant 90 minutes. Il faut faire des entraînements qui se rapprochent de ça. Or, quand vous vous entraînez avec quelqu’un, il y a toujours des pauses, donc vous ne vous entraînez jamais pendant une heure et demie à ce rythme. Ça n’existe pas. C’est ça la différence. » S’entretenir avec un préparateur reste bien entendu un moyen de ne pas être totalement inactif, mais cela ne garantit donc pas un retour plus rapide à la compétition. Et s’il n’existe pas vraiment de recette miracle, une chose est sûre : le travail de remise en forme s’annonce chargé.

« Les five, ce n’est pas un match de foot »

« C’est difficile de reproduire l’enchaînement des matches. Déjà, il faudrait qu’il arrive dans une période de matches amicaux, sauf qu’en janvier, il n’y en a pas. Les préparateurs des clubs vont y aller crescendo de peur de la blessure. Ils vont mettre entre deux et trois semaines pour essayer de lui faire faire un match global. Ou alors, un match entier dès le départ et voir ensuite comment il gère ça. Un match, c’est une heure et demie non-stop. Ça va aussi dépendre forcément de son état de forme. S’il a quelques kilos en trop... Il y a plein de paramètres. Si le joueur n’est pas fit, s’il n’a pas joué pendant plusieurs mois, ça va être compliqué. S’il est resté inactif juste pendant trois mois (Ben Arfa n’a pas joué depuis 6 mois), c’est plus jouable. Après, les joueurs font souvent des fives (foot à 5), mais les fives, ce n’est pas un match de foot. »

Recruter Ben Arfa aujourd’hui, c’est donc devoir le préserver durant quelques semaines avant de le remettre dans le bain. « Sans vouloir être catégorique, on peut tenter de faire jouer l’athlète dès la première semaine, mais après il va y avoir les effets boomerang. Comme vous n’êtes pas prêt à 100%, vous risquez de vous blesser, donc il faut aménager. Le premier mois, c’est de l’aménagement. Le deuxième, si l’aménagement s’est bien passé, on peut se dire qu’il peut enchaîner les matches. » Une théorie dont l’un des parfaits exemples se nomme Adrien Rabiot. L’ancien joueur du Paris Saint-Germain a passé huit mois sans jouer avant de rejoindre la Juventus le 1er juillet dernier. Il a ainsi pu participer à toute la préparation de présaison du club turinois. Mais malgré tout, Maurizio Sarri a mis du temps avant de l’utiliser. Apparu pour la première fois sous le maillot bianconero le 24 août face à Parme, le natif de Saint-Maurice avait ensuite dû attendre un mois avant de pouvoir rejouer, Sarri ne le jugeant pas encore prêt.

Plus compliqué pour les joueurs explosifs

Privé de tout match officiel depuis six mois tout pile (sa dernière apparition remonte au 12 mai lors du match Rennes-Guingamp), Ben Arfa risque donc de devoir cravacher avant de retrouver 100% de ses moyens. En 2018, lorsqu’il avait rejoint Rennes le 2 septembre, après un an passé sans jouer au PSG, le natif de Clamart avait commencé à jouer trois semaines environ après son arrivée et seulement un mois après la reprise du championnat. Cette fois, la donne sera différente s’il retrouve un club cet hiver. Outre le fait d’avoir un âge plus avancé, Ben Arfa aura plusieurs mois de compétition de retard sur ses nouveaux coéquipiers.

Un retard physique auquel s’ajoute un autre critère. Et pas de moindres. « C’est comme si vous rentrez sur un circuit de formule 1 alors que la course a déjà démarré, c’est compliqué. Après, il y a des joueurs de type marathoniens, qui courent tout le temps, et d’autres dits explosifs. Et pour eux, c’est plus compliqué. » Joueur dont le profil correspond plutôt à la deuxième catégorie, HBA reste un pari séduisant de par sa situation contractuelle et ses qualités techniques. Mais à 32 ans et une deuxième longue période d’inactivité au compteur, le recruter à ce stade de la compétition oblige forcément les clubs intéressés à bien réfléchir sur la manière de le remettre en forme.