Le centre de formation de l’Olympique Lyonnais s’est imposé comme un modèle d’excellence. L’ossature de l’équipe première du club rhodanien est constituée ainsi essentiellement de jeunes issus de l’Académie, et bien des espoirs révélés entre Rhône et Saône font aujourd’hui le bonheur d’autres clubs. C’est notamment dans le secteur offensif que la formation à la lyonnaise est la plus efficace, puisque les Karim Benzema, Ludovic Giuly, Sidney Govou, Frédéric Kanouté, Anthony Martial, Hatem Ben Arfa, Nabil Fekir, ou encore Alexandre Lacazette sont passés ou évoluent encore au centre d’entraînement de Tola Vologe. D’autres espoirs pouvaient espérer suivre cette voie, mais ont dû s’en aller pour réussir. C’est le cas de Kilian Pagliuca, qui vient tout juste de quitter la capitale des Gaules, pour rentrer dans sa Suisse natale, et défendre les couleurs du FC Zürich.

Pourquoi l’avant-centre de 19 ans a-t-il ainsi décidé de dire adieu à un club qu’il avait rejoint en août 2012 ? Pour FM, celui qui se décrit comme fan d’Edinson Cavani explique son choix : « Je voulais partir pour lancer ma carrière. À Lyon, je ne me sentais plus à l’aise, j’avais perdu le plaisir. C’était très compliqué, je ne ressentais plus la confiance du club. Mon bilan est positif, j’ai passé des moments excellents notamment avec Armand Garrido (entraîneur U17) et Stéphane Roche (directeur du centre de formation). J’ai fait une belle préparation estivale avec les pros, mais je garde un goût amer car j’aurais aimé que certains épisodes se déroulent mieux, comme mes cinq minutes en finale de Gambardella alors qu’on perdait 2-0 à la mi-temps. Je n’ai pas l’impression d’avoir eu complètement ma chance, en étant trimballé à gauche, à droite, et en numéro 9 », lance l’attaquant qui a participé à 11 rencontres de CFA cette saison.

Pagliuca de l’OL au FC Zürich

Mais plus que son utilisation sur le pré, c’est le traitement qui lui a été réservé à son départ qui fait mal à l’espoir helvète : « J’ai publié une lettre d’adieu sur les réseaux sociaux, je pars la tête haute car j’ai toujours eu le respect du maillot, j’ai toujours tout donné. Tous les entraîneurs pourront confirmer que je suis quelqu’un d’investi pendant les séances, de respectueux, de ponctuel, qui travaille et fait même des extras supplémentaires. Le communiqué (fait par le club) était génial, très encourageant à mon égard, et pas du tout glacial... C’était plutôt un bon coup de vent (rires) », déplore-t-il dans un sourire, avant de poursuivre : « Je tiens à préciser qu’en aucun cas quelqu’un à l’OL m’a dit de partir. Mon transfert est uniquement le fruit d’une longue discussion, avec ma famille et mes agents, pour savoir ce qui était le mieux pour moi. Dans ma tête, c’était clair, je ne voulais pas rester ici même avec un contrat pro pour jouer en CFA. Ça m’a touché de lire dans le communiqué que mon départ était de l’initiative du staff des pros et de l’académie, ça m’a déçu. Je ne demandais pas la lune, mais au moins un message de bonne chance ».

Mais pas trop le temps de cogiter, l’avant-centre doit désormais se tourner vers son nouveau club, qu’il a rejoint dans le cadre d’un transfert à « 100 000 € auxquels pourront s’ajouter différentes incentives, 100 000 € pour sa 1ère présence sur une feuille de match ainsi qu’un intéressement sur un éventuel transfert ». Le FC Zürich, voilà donc la nouvelle équipe dont Pagliuca défendra les couleurs, avec ambition : « Mes trois années à l’OL ont été fantastiques et enrichissantes, mais je suis extrêmement heureux de partir, je sais que j’ai fait le bon choix. Je voulais revenir absolument en Suisse, car je pense que c’est le meilleur moyen de prendre mon envol. Mon aventure à l’OL m’a permis de progresser énormément, ça me servira toujours, voilà pourquoi je n’ai pas de regrets. Tout ce que j’ai emmagasiné ici me servira plus tard. C’est le deuxième centre de formation d’Europe, c’est un grand honneur de sortir d’ici. J’avais des propositions pour rester en France, mais ma volonté était de rentrer chez moi, et Zürich a été le club qui me voulait le plus parmi les clubs intéressés. J’ai signé mon premier contrat pro jusqu’en 2020, le club compte énormément sur moi, le discours du président a été clair, il ne m’achète pas pour jouer avec les U21. Je suis motivé pour réussir ici, je sais qu’avec du travail et de la volonté, je peux le faire ». À lui de s’en donner les moyens. Avec un triplé et une passe décisive pour son premier match avec les U21, le voilà déjà bien parti pour intégrer rapidement le groupe professionnel.