Ce mercredi, l’Olympique Lyonnais affichait ses résultats financiers semestriels. Tout va bien pour le club de Jean-Michel Aulas qui s’est à nouveau dit très déçu par l’écart financier entre le Paris Saint-Germain alors que le club de la capitale s’apprête à affronter le Real Madrid au Santiago Bernabeu. « Indéniablement que c’est bien qu’il y ait un top 4 en Ligue 1. Si vous vous souvenez ce qui s’est passé en Premier League anglaise, il y avait les grands 4 clubs qui sont plus nombreux, évidemment c’est une bonne chose, ce qui est plus inquiétant, je ne veux pas redétailler vous connaissez ma position c’est l’écart entre le 1er et les 3 autres. Qu’il y en ait 4 c’est formidable. Mais qu’il y ait autant d’écart entre le premier et les trois autres, c’est gênant. Je voulais dire aussi que les droits télés qui devraient permettre d’augmenter substantiellement les revenus de ces quatre puisque pour le moment c’est fixé jusqu’en 2020. J’entendais que l’arrivée de Neymar allait transformer les droits télés, c’est faux jusqu’en 2020. et comme à l’étranger on a singé avec beIN et qu’ils n’augmentent pas leurs revenus, les dés sont un peu pipés. Ça me fait mal au coeur d’entendre des trucs qui ne sont pas la réalité et qu’on nous accuse d’être jaloux », a commencé par expliquer le grand boss de l’Olympique Lyonnais lors d’une conférence téléphonique ce mercredi.

Il s’est ensuite exprimé à propos de la rencontre entre Madrilènes et Parisiens affirmant qu’il sera derrière les Français. « Premièrement complètement d’accord avec la dimension de l’affiche et j’en suis content. D’une part, car c’est un club français et qu’en Champions’ League, tout ce qui permet de rapporter des points aux autres clubs français c’est une bonne chose. Je suis ravi et même si Florentino Pérez est un ami personnel qui m’a d’ailleurs offert des places pour ce soir, je serai supporter à fond du PSG parce que c’est dans l’intérêt de tous les clubs français. Après, aujourd’hui Madrid fonctionne sur une économie réelle. Il est faux de dire qu’il est criblé de dettes, ce que j’ai entendu sur une chaîne de L’Équipe il n’y a pas très longtemps par un homme d’État (Nicolas Sarkozy, ndlr), ce qui est faux. Il a une économie qui est une économie performante, il dégage 100 millions d’euros là où l’OL en dégage que 50 et sans l’aide d’un État. La France n’a que deux places sures en Ligue des Champions. On sait qu’il y a des améliorations potentielles, mais s’il y en a une qui est systématiquement attribuée parce que l’aide d’État est de 300 millions d’euros par an à un club. Je défends mon club et une économie durable et que, si ce n’est pas Lyon, ce soit Marseille. Si ce n’est pas Marseille, ce soit Nice, que si ce n’est pas Nice ce soit Saint-Etienne ou Bordeaux », a ensuite détaillé Jean-Michel Aulas.

« Il est possible d’avoir des vrais revenus »

Toutefois, Jean-Michel Aulas n’en démord pas, une sorte de concurrence déloyale s’est glissée dans l’Hexagone, mais aussi sur le Vieux Continent. « Il est possible comme le Bayern, comme le Real, comme le Barça, comme les clubs anglais d’avoir des vrais revenus et c’est pour ça que l’appel d’offres des droits télé anglais a permis aux clubs anglais de passer dans une autre dimension. Mais ce sont des vrais revenus, de billetterie, de droits télévisuels, ce ne sont pas des abonnements de comptes courants qui faussent la compétition. Moi, j’applaudis à deux mains le spectacle. Je serai à fond derrière le PSG ce soir comme je l’ai été il y a deux ans à Manchester City en quart de finale contre les Citizens. Mais il ne faut pas confondre. Aujourd’hui, on est dans une économie française où les droits télés sont les plus faibles des cinq grands championnats. Donc ça veut dire que tous les autres clubs ne peuvent pas compter sur les droits télé pour compenser ce qu’il se passe à l’étranger donc si, en plus, il y a cet écart qui est très significatif, ça enlève des chances à Lyon de réussir son modèle de manière performante », a avancé le patron de l’équipe actuellement classée quatrième de Ligue 1.

Enfin, il s’est exprimé à propos des chances du PSG et attend accessoirement un démenti pour le vrai budget de la formation francilienne. « Je pense par ailleurs que le PSG a de bonnes chances de l’emporter parce qu’il y a une réalité économique en valeur absolue. J’ai entendu dire que, lorsque j’avais évoqué le budget entre 700 et 800 millions d’euros, ce n’était pas vrai, j’attends le démenti chiffré », a enfin conclu le président de la formation rhodanienne. L’ambiance s’annonce chaude lors des prochaines retrouvailles entre Jean-Michel Aulas et Nasser Al-Khelaïfi, le président du Paris Saint-Germain.