« Si nous continuons comme ça et ne faisons pas de profonds changements, il sera difficile d’aller au Mondial en Russie ». Cette phrase prophétique prononcée en 2015 est signée Jorge Sampaoli. L’entraîneur argentin est alors toujours le sélectionneur de la Roja, avec laquelle il a gagné la première Copa América de l’histoire de la sélection, face à l’Argentine (0-0, 4 tab à 1). Cette déclaration n’est pas sortie à l’époque, et pour cause. Outre cette vision, Sampaoli confie alors son désarroi à plusieurs journalistes, de manière officieuse. Or, dans la nuit de mardi à mercredi, le Chili a échoué à se qualifier pour la Coupe du Monde et la presse chilienne veut des coupables. Le journal Las Ultimas Noticias révèle donc aujourd’hui le contenu des déclarations de Sampaoli en 2015. Et elles valent le détour tant elles soulignent le manque de professionnalisme, déjà établi pour certains (comme Arturo Vidal), de ses ouailles.

Au sujet du joueur du Bayern Munich, Sampaoli confirme son penchant pour la bouteille. « Il aime boire et ne se contrôle pas. Quand nous étions dans un avion pour revenir de Lima, il m’a demandé s’il pouvait ouvrir une bière qu’il avait achetée à l’aéroport. Je lui ai répondu non parce que des dirigeants étaient présents. Il avait aussi réussi à avoir une bouteille de whisky grâce à l’aide d’un chauffeur que j’ai dû limoger alors que je savais que le coupable était Vidal », raconte-t-il. Vidal n’est, malheureusement pour le Chili, pas le seul joueur à avoir un comportement déplorable une fois arrivé en sélection selon Sampaoli. Au sujet de Gary Medel : « Il aime sortir et s’amuser. Mais il ne boit plus. » Sur Eduardo Vargas, meilleur buteur de la Copa América en 2015 et 2016 : « à chaque fois que je le vois arriver au Chili, il est pire qu’avant. » Sur Mauricio Pinilla (attaquant) : « quand je le convoque, il ne pense qu’à faire la fête. »

Alexis Sanchez seul dans son coin

Alexis Sanchez est relativement épargné, mais Sampaoli met en avant son côté solitaire. « Il se réveille avec son casque sur les oreilles. Il ne s’assoit que pour déjeuner, sans parler à personne », glisse l’actuel sélectionneur de l’Argentine, avant de remettre en cause l’autorité du gardien Claudio Bravo. « ils le mettent en avant, mais ce sont ceux de la bande de Pitillo qui ont le leadership de l’équipe ». Selon la presse chilienne, la « bande de Pitillo » est composée de Gonzalo Jara, Arturo Vidal, Jean Beausejour, Jorge Valdivia et Mauricio Pinilla. Pas les moins fêtards évidemment.

Sampaoli était donc lassé par le comportement de ses joueurs, qu’il avait pourtant réussi à mener sur le toit de l’Amérique du Sud, et qui sont même parvenus à y rester l’année suivante, avec Juan Antonio Pizzi (un entraîneur espagnol) sur le banc de touche. Les excès des joueurs étaient alors masqués par les résultats. Jusqu’à mercredi dernier, où la défaite 3-0 au Brésil conjugée aux autres résultats les ont écartés du Mondial russe. Ce n’est pas contre le Brésil que le Chili a raté le coche. Mais peut-être plus lors du rassemblement de fin août, avec une défaite cinglante à domicile face au Paraguay (0-3). Avant ce match, Vidal avait organisé une fête dans un casino, qui a dû être arrêtée par la police... Sampaoli avait, lui, arrêté les frais en janvier 2016 en trouvant un accord avec la fédération chilienne pour quitter son poste. Ses paroles de 2015 trouvent aujourd’hui un écho retentissant dans la presse chilienne.