Jean-Michel Aulas est sans conteste le président le plus efficace de la Ligue 1. Son parcours à la tête de l’Olympique Lyonnais parle évidemment en sa faveur. En une dizaine d’années, l’envergure prise par son club dépasse même surement ses rêves les plus fous. Si l’OL a su bâtir une telle dynastie, aujourd’hui enfin contestée, c’est notamment grâce à des recrutements souvent très judicieux, marqués par quelques gros coups. Le premier d’entre eux, Sonny Anderson, a permis au club rhodanien de véritablement décoller.

Au fil des années, cette clairvoyance sur le marché des transferts s’est quelque peu atténuée et l’OL, si prompt à dénicher des perles, s’est attaché à faire un recrutement « made in Ligue 1 ». Et le succès n’a pas toujours été au rendez-vous. Abdelkader Keita, acheté pour 18 M€, est le symbole d’une moins grande maîtrise de la période estivale si importante. Toujours prompt à encenser son club et ses joueurs, Jean-Michel Aulas ne laisse apparaître que très rarement regrets ou remords. Alors, ce jour est à marquer d’une pierre blanche, car le président lyonnais a reconnu les erreurs effectués durant le mercato.

« C’est vrai que l’on a surpayé et on n’a pas fait 100 % de bonnes affaires. Je regrette d’avoir acheté Fred à ce prix-là et je m’en veux d’avoir acheté Keita à ce prix-là. Mais, nous n’avons jamais mal cédé et si l’on a payé aussi cher, c’est aussi parce que nous en avons les moyens », avoue JMA au Progrès, avant de revenir sur les ratés de la saison. « Les joueurs étaient programmés pour aller plus loin cette saison, mais on a beaucoup souffert des blessures. Et puis, il y a eu un problème d’intégration ». De qui parle-t-il ? « Fred et Fabio Santos. Fred ? Je l’ai rayé de mon esprit. Il a fait trop de mal à l’institution. Il a pollué le vestiaire et le jeu. Il n’a pas été honnête dans tous les sens du terme », s’insurge-t-il. Quant à Fabio Santos, les propos d’Aulas laisse imaginer une scène dantesque entre Claude Puel et son joueur lors du match face à Valenciennes. « J’étais entre lui et le coach à Valenciennes, et en vingt-deux ans de présidence, je n’avais jamais vu ça. J’ai pris mes responsabilités », raconte-t-il.

Habitué à défendre ses investissements, le président lyonnais n’a plus d’arguments pour assurer le bien fondé de quelques recrutements. Ce mercato représente donc un nouveau départ pour le club qui a vu son hégémonie interrompue par les Girondins de Bordeaux. En espérant que le mea culpa d’Aulas ne se répète pas l’année prochaine...