C’est un Bruno Genesio pour le moins offensif qui s’est présenté en conférence de presse, 48 heures après le nul décevant obtenu par l’OL face à Hoffenheim (2-2) en Ligue des champions. L’entraîneur lyonnais, très remonté, s’est livré à un match de ping-pong haletant avec les journalistes présents. Des joutes verbales provoquées notamment par le traitement médiatique infligé à l’Olympique Lyonnais depuis plusieurs semaines. Pour Genesio, à force de stigmatiser au quotidien les performances rhodaniennes, ses joueurs ne parviennent pas à emmagasiner la confiance suffisante pour obtenir des résultats plus probants.

Et pour l’intéressé, la rencontre de mercredi au Groupama Stadium met en exergue cette théorie. Un discours similaire à celui tenu par Jean-Michel Aulas après le match face à la formation allemande. « Ce que le président a voulu dire, c’est que quand on est dans un contexte négatif, tout ce qui est véhiculé autour du groupe peut avoir un impact, c’est ce qu’il a voulu dire je pense. Les joueurs sont avant tout des hommes, lorsque vous pointez le plus souvent ce qui ne fonctionne pas, cela peut avoir un impact. Si vous dites à vos enfants ce qui ne fonctionne pas, ce n’est pas le meilleur moyen de leur donner confiance. Il y a deux lectures de ce match, oui c’est vrai on s’est fait rattraper. Mais le système a été assimilé très vite par les joueurs, il y a eu du jeu, on a été présents dans les duels, on a eu des occasions », décrypte le technicien de l’OL.

Bruno Genesio tape du poing sur la table

Passablement irrité, Bruno Genesio n’a pas hésité à afficher son courroux et a fustigé avec véhémence la volonté des médias de ne conserver que le négatif sur les prestations de son équipe. Pour le principal protagoniste, si il existe deux aspects pour analyser la situation, tirer le signal d’alarme constamment ne se justifie pas selon lui. « On peut aussi dire que tout va mal, mais on peut aussi dire qu’on est deuxième de notre poule en Ligue des champions et qu’on a notre destin entre nos mains, et qu’on est à quatre points du podium en Ligue 1. Il y a toujours deux manières d’appréhender les choses », confie ainsi Genesio. Interrogé sur la possibilité que le 3-5-2 utilisé face à Hoffenheim perdure dans le temps, le coach lyonnais s’est une nouvelle fois insurgé face à la remise en cause de sa décision sur le plan tactique.

« Je regarde beaucoup de matchs et certains grands entraîneurs ont utilisé plus de systèmes que moi. Alors pourquoi quand c’est moi, on ne sait pas où on va ? Moi, la question que je me pose, c’est quel est le système le plus approprié avec les joueurs que j’ai à disposition ? Expliquez moi, quand se sont des entraîneurs étrangers qui changent de schéma c’est loué, mais quand c’est en France on a un traitement différent. Expliquez moi pourquoi ? On ne change pas de système parce qu’on ne sait pas où on va, c’est faux. Guardiola peut utiliser des schémas différents c’est exceptionnel, et pourquoi quand c’est moi au Rudi Garcia par exemple on ne sait pas ou on va ? Expliquez moi, » a répliqué avec conviction Bruno Genesio. Une prise de becs avec les médias qui ferait presque occulter l’importance du match à Guingamp samedi pour l’Olympique Lyonnais (17h, à suivre sur notre live commenté). Bruno Genesio y verra peut-être l’opportunité de prouver que ses choix restent les plus adaptés pour hisser son équipe vers les sommets...