C’était soir de derby entre Lyon et Saint-Etienne, le tout premier de l’histoire au Parc OL. Les Gones avaient absolument besoin d’une victoire après deux défaites consécutives toutes compétitions confondues contre Lorient en championnat et Séville en Ligue des Champions. Problème pour Genesio, il devait composer avec les absents comme Lacazette, Cornet, Gonalons ou encore Yanga-Mbiwa. Ainsi, il alignait son 3-5-2 avec Mammana en défense centrale, Tolisso dans le couloir droit et Valbuena en soutien de Fekir. Saint-Etienne n’était pas verni non plus puisque les forfaits pullulaient avec notamment Théophile-Catherine, Pogba et surtout Perrin. Galtier innovait avec Selnaes en défense en compagnie de Lacroix et Malcuit. Beric était épaulé en attaque par Hamouma et le jeune Nordin.

Dans ces surprenantes tactiques, ce sont les Verts qui prenaient petit à petit l’ascendant. Si la première opportunité est à mettre sur le compte de Fekir qui, en situation de contre, perdait son duel face à Ruffier (3e), Saint-Etienne se montrait à son avantage et bien plus efficace dans le jeu. Les hommes de Galtier se trouvaient facilement et n’éprouvaient aucun mal à s’infiltrer dans la surface de Lopes. L’activité de Nordin, l’intelligence de jeu de Beric, les percées de Pajot et les déboulés de Malcuit mettaient en difficultés les Gones malgré une possession largement à leur avantage. Pajot pensait d’ailleurs ouvrir le score mais Beric se trouvait sur la trajectoire et empêchait le ballon de rentrer (14e). Derrière, l’ancien milieu de terrain rennais envoyait une seconde frappe, bien captée cette fois-ci par Lopes (18e).

Le réalisme lyonnais fait la différence

Même la sortie d’Hamouma sur blessure ne gênait pas les Verts (25e). Dabo s’offrait un petit numéro dans la surface mais dévissait complètement sa frappe alors qu’il se trouvait en très bonne position (36e). Acculé dans son camp, Lyon parvenait tout de même à revenir au vestiaire avec un but d’avance. Très en jambes depuis le début du match, Fekir s’infiltrait côté droit et centrait au deuxième poteau pour la tête de Darder (1-0, 41e). Contre le cours du jeu, l’OL se retrouvait tout heureux de mener à la pause. Cela n’empêchait pas les Stéphanois de revenir avec les mêmes intentions que durant le premier acte. Seulement la sortie de Beric, touché et remplacé, par Soderlund offrait moins de solutions devant. Il fallait alors passer par les côtés. Oublié à gauche de la surface, Monnet-Paquet trouvait le poteau sur un bel enroulé (49e). Sur l’action suivante, c’est Pajot qui échouait une nouvelle fois face à un Lopes bondissant et décisif avec cet arrêt du pied à bout portant (50e).

Toujours à l’aise dans le jeu, l’ASSE poursuivait sa domination mais ne profitait pas de cet OL inoffensif. Elle se montrait moins concrète devant le but alors que la tension montait d’un cran sur le terrain à l’image de ce contact de Valbuena sur Monnet-Paquet (53e) et de Ferri sur Dabo (67e). Lyon avait su faire le dos rond et la rentrée de Ghezzal à la place de Valbuena (64e) coïncidait avec la montée en puissance des Gones. Par deux fois, Tolisso échouait face à Ruffier (74e, 76e). Sur sa première opportunité, il aurait pu aussi servir un Fekir seul face au but. C’était ensuite Darder qui profitait d’un ballon cafouillé dans la surface pour tenter sa chance mais son tir passait au-dessus (77e). Juste après, Ghezzal combinait avec Fekir et l’envoyait tenter sa chance. Il fallait une parade de Ruffier pour éviter le break (78e). Sur le corner, la tête de Tousart venait s’échouer sur le haut de la barre (79e). Le but de la libération venait finalement de Ghezzal. Seul dans l’axe, l’international algérien plaçait une énorme frappe qui terminait au fond des filets (2-0, 89e). Plus réaliste, l’OL remporte un derby très serré et dépasse son adversaire au classement avec cette 5e place.

Le classement de Ligue 1 à retrouver ici.

L’homme du match : Fekir (7,5) : il avait des jambes de feu ce soir. D’entrée, il se procurait une énorme occasion en contre mais a buté sur Ruffier. Il aurait aussi pu la donner en retrait à un Darder bien seul (3e). En première période, il a été l’un des seuls à surnager. Grâce à sa technique et à sa puissance, il fut le meilleur atout dans le jeu de l’OL comme sur cette percée côté droit pour offrir un centre décisif pour Darder (41e). Signe que le joueur retrouve la forme, il a très bien terminé la rencontre où il voit Ruffier sortir sa belle frappe (78e). Son entente avec Ghezzal est pleine de promesses. Seul regret pour lui, il n’a pas marqué.

OL :

- Lopes (7) : en difficulté ces derniers temps, le gardien de l’OL s’est montré décisif ce soir, sortant plusieurs parades. Il a d’abord affiché pas mal de sérénité et de conviction dans ses prises de balle, à l’image de ce tir de Pajot captée (18e). En seconde période, il est sauvé par son poteau mais sort un arrêt du pied incroyable face à Pajot (50e). Bien lui en a pris, car cela a permis aux siens de garder un but d’avance.

- Mammana (7) : il se tardait de voir le jeune défenseur argentin dans un match à enjeux. Profitant de l’absence de Yanga-Mbiwa, l’ancien de River a plutôt été à son aise alors que son équipe et ses coéquipiers en défense affichaient pas mal de difficulté. Costaud dans les duels, régulièrement bien placé, il a su anticiper des situations qui auraient été problématiques pour son équipe comme ce tacle sur Nordin (56e). Ses relances ont été très propres aussi. De bon augure pour la suite.

- Nkoulou (4,5) : pour le coup, le défenseur camerounais a connu une première mi-temps laborieuse face à Beric. La technique, les déplacements et l’intelligence de l’attaquant slovène le gênait terriblement et il a souvent été mis en échec. Mieux ensuite face à son remplaçant Soderlund, il a rarement tremblé et a remporté la plupart de ses duels mais il doit faire attention car il commet trop de fautes dont certaines sont passées inaperçues.

- Morel (3,5) : comme Nkoulou, il a eu beaucoup de mal dans ce derby. Régulièrement mal placé et très fébrile, il a été le point faible de la défense ce soir. À plusieurs reprises, il est pris par Pajot (18e), Dabo (35e) et Soderlund (51e) ce qui a donné les meilleures opportunités stéphanoises. Averti après une intervention très limite sur Tannane (40e), il a vécu un calvaire.

- Tolisso (6) : aligné dans le couloir droit, une position inhabituelle pour lui, le capitaine du soir s’est démené mais n’a pas toujours été en réussite. Il s’est plutôt contenté de défendre dans un premier temps, effectuant quelques interventions précieuses comme ce retour sur la tête de Nordin (49e) ou encore des duels de la tête rempotés qui ont soulagé les siens. Un gros travail de l’ombre même s’il a parfois oublié son adversaire dans son dos (51e, 67e). Son dernier quart d’heure a été excellent même s’il échoue par deux fois face à Ruffier (74e, 76e).

- Ferri (4,5) : encore une belle activité pour lui, il a couru sans compter ses efforts, malheureusement ce fut souvent dans le vide et après le ballon. Il a essayé de protéger son axe en compagnie de Tousart mais les percées de Pajot et la distribution de Veretout l’ont déstabilisé et il a perdu beaucoup de duels (12/16). Le milieu de terrain a montré un meilleur visage en seconde période en coupant l’axe milieu-attaque des Verts et en offrant une balle de but à Tolisso (74e). Il a aussi commis beaucoup de fautes et a été averti (67e). Remplacé par Kalulu (88e).

- Tousart (4,5) : alors qu’il avait bien pallié l’absence du capitaine Gonalons jusque-là, l’ancien joueur de Valenciennes a vécu une rencontre compliquée devant sa défense. Le système de jeu adverse l’a gêné et il s’est souvent retrouvé en infériorité numérique dans son secteur. Ainsi, il a perdu pas mal de ballons mais s’est rattrapé par la suite, notamment parce que Ferri et Darder sont venus lui donner un coup de main. Sa présence sur coups de pied arrêtés a fait du bien. Il touche notamment la barre de Ruffier (79e). Un peu juste dans son ensemble tout de même.

- Darder (6) : dans un premier temps, il a peiné à exister ce soir. Avec son physique de gringalet, il a eu du mal à résister face aux solides milieux de terrain stéphanois. Mais au fur et à mesure de la rencontre, on l’a senti plus à son aise, trouvant les solutions pour sortir du marquage adverse serré. Il faut dire que son but de filou en fin de première période l’a mis en confiance (41e), car derrière, il a réussi à faire avancer le jeu de son équipe une fois le ballon dans les pieds. Il manque le doublé de peu (77e).

- Rybus (4) : il a animé son couloir mais n’a pas vraiment su rendre efficaces ses actions. Volontaire, notamment en début de rencontre, il a tenté mais a rarement été servi dans les bonnes conditions. Face aux nombreuses montées de Malcuit, il a plutôt bien défendu mais a tout de même pris l’eau, la faute à une infériorité numérique et à un Tannane qui lui a mené la vie dure. On l’a vu faire de meilleurs matches même s’il a bien terminé.

- Valbuena (3,5) : titulaire derrière Fekir, l’ancien Marseillais n’a pas réalisé un grand match, loin de là. Il a mis du temps à se mettre en route et a trop rarement pu mettre ses qualités en évidence. Isolé au milieu, ses coéquipiers n’arrivaient pas à le trouver et on l’a surtout vu dans le combat physique. Il a un peu pointé le bout de son nez après la demi-heure de jeu mais après la pause il a de nouveau disparu. Après avoir pris quelques coups, il a été averti pour une faute sur Monnet-Paquet (53e). Remplacé par Ghezzal (64e) dont l’entrée a permis le réveil de son équipe. Il a donné quelques bons ballons à Fekir (78e) et surtout, il scelle la victoire de son équipe en marquant d’une magnifique frappe (89e). C’était aussi son premier but de la saison.

- Fekir (7,5) : voir ci-dessus.

Saint-Etienne :

- Ruffier (6) : l’ange gardien des Verts a soufflé le chaud et le froid ce soir. Impérial sur sa parade face à Fekir d’entrée, exceptionnel lorsqu’il empêche Tolisso de creuser l’écart (74e), avant de remporter un nouveau duel avec le capitaine lyonnais deux minutes plus tard, ou quand sa main ferme repousse la frappe de l’attaquant des Gones au ras de son poteau droit (78e). Beaucoup trop spectateur, en revanche, sur le centre de Fekir qui amène le but de Darder (41e), ou lorsque, gêné par Nkoulou, il se troue et est proche d’offrir un doublé à Darder (76e).

- Malcuit (6) : dans l’ensemble, le latéral droit a livré une copie très sérieuse. Appliqué défensivement avec 4 duels remportés sur 5, il apporte aussi sur le plan offensif, avec notamment de bons centres (22e, 35e). Mais il n’est pas exempt de tout reproche sur le but de Darder (41e). Un bon dégagement de la tête sous la pression de Fekir (47e), ou ce retour pour gêner Tolisso qui filait au but (76e).

- Lacroix (4,5) : match mitigé du Suisse. Quelques relances manquées en première période. Au retour des vestiaires, il apporte davantage d’assurance, en muselant notamment bien Fekir, surtout en fin de match quand celui-ci tentait de s’échapper en contre. Trop passif sur le deuxième but de Lyon. Averti pour une faute sur Valbuena (32e).

- Dabo (5,5) : une grosse activité de l’ancien Montpelliérain au milieu. Il a tantôt joué près de son arrière-garde en se signalant avec de bons retours défensifs, comme sur Tolisso (5e), tantôt essayé d’apporter son envie devant, comme sur cette belle incursion dans la surface avec un une-deux avec Pajot et un joli sombrero, action sur laquelle il ne peut reprendre le ballon (36e). Il a néanmoins perdu beaucoup trop de duels.

- Monnet-Paquet (5,5) : il n’est pas défenseur latéral et laisse trop d’espace sur son coté gauche, notamment à Fekir sur le premier but. Mais sur le plan offensif, il se montre intéressant par sa vitesse sur les débordements, notamment celui qui débouche presque sur l’ouverture du score de Pajot (14e). Dès le retour des vestiaires, il est tout proche d’inscrire un but exceptionnel sur une frappe enveloppée (49e) mais il y avait mieux à faire sur cette action, avec deux Stéphanois dans l’axe.

- Pajot (6,5) : le milieu stéphanois s’est montré très tranchant, notamment, et c’est une surprise, dans le domaine offensif. Il s’applique pour reprendre le centre en retrait de Monnet-Paquet mais est contré par son propre coéquipier Beric (14e). Très incisif, il s’essaie à son tour quelques minutes plus tard mais sa frappe lointaine est repoussée par Beric (17e). Disponible sur le joli numéro de Dabo (36e). Défensivement, il réalise quelques bons gestes, comme ce tacle sur Valbuena (39e). En seconde période, il continue de se montrer saignant mais manque son duel avec Lopes, qui sauve du bout du pied (50e). Sans doute le meilleur vert ce soir.

- Veretout (5) : , il défend bien sur le côté gauche, à l’image de cette intervention sur Ferri (20e). Quelques interventions salvatrices aussi, lorsqu’il enlève du bout du crâne le ballon à Valbuena (63e). Offensivement, il se signale notamment par une frappe bloquée par Lopes (38e).

- Selnaes (4) : milieu de terrain défensif aligné en défense centrale, le Norvégien a manqué de repères et ça s’est ressenti. Si son match à Lille avait été excellent, il a beaucoup plus souffert ce soir face à une opposition plus relevée. Son habileté dans la relance, comme sur ce joli ballon renvoyé de l’extérieur du pied gauche (23e), ne fera pas oublier ses difficultés sur les ballons aériens, notamment celui débouchant sur l’ouverture du score lyonnaise .

- Hamouma (non-noté) : il a beaucoup aidé défensivement, réalisant un très bon retour sur Valbuena, puis un excellent tacle quelques minutes plus tard sur Fekir (13e). Ses coups de pied arrêtés étaient néanmoins mal tirés, notamment son coup-franc dès le début du match, qui a conduit à un contre presque fatal des Lyonnais. Sa partie s’arrête prématurément puisque, touché à la cuisse, il cède sa place après 25 minutes à Tannane (5,5), auteur d’un joli crochet sur Rybus suivi d’un bon centre en retrait (37e) et qui a délivré de bons ballons sur les coups de pied arrêtés. Mais le Marocain a quelque peu manqué d’agressivité offensive.

- Nordin (5,5) : vif et inspiré, le petit ailier de 18 ans n’a pas ressenti la pression du rendez-vous. Un ballon intercepté, puis un bon centre dans la foulée (8e). Il s’est un peu éteint par la suite. Dommage que ses éclairs aient été si rares.

- Beric (5,5) : il obtient un bon coup-franc (2e). Derrière, il empêche Pajot d’ouvrir le score en contrant son propre coéquipier du postérieur (14e). Presque à la réception du centre de Tannane, mais Mammana le devance (37e). Son derby s’arrête à la mi-temps. Ressentant sans doute les effets de son retour de blessure, il cède sa place à Soderlund (4,5). Ce dernier n’a pas pesé sur l’arrière garde lyonnaise. Il a eu un mal fou à exister face à un Nkoulou supérieur physiquement.