Il ne fait guère bon se frotter aux supporters en ce moment. Ces derniers se distinguent de bien triste manière depuis quelques jours. À Saint-Étienne, ils ont poussé les dirigeants à annuler le prêt d’Antony Mounier, qui correspondait à un besoin sportif, en raison d’anciennes déclarations du joueur. À Bordeaux, c’est Grégory Sertic qui a subi les foudres de fans bordelais très énervés par la perspective de le voir signer à l’OM. Menacé de mort, le joueur de 27 ans n’a pas cédé aux pressions et s’est engagé avec le club phocéen pour trois ans et demi.

Et s’il est allé contre la volonté des supporters girondins, certains supporters marseillais n’ont pas manqué de se rappeler de quelques déclarations de Sertic, en 2010 avant la finale de la Coupe de la Ligue entre Bordeaux et Marseille, où il chambrait le club phocéen. Sertic s’est donc senti obligé de revenir sur cet épisode, pour calmer le jeu. « C’est Diawara qui m’a accueilli, qui m’a pris sous son aile, j’étais son petit frère, il se moquait de moi. On a été champion de France ensemble, il part à l’OM après, on se chambrait par SMS. J’ai dit une phrase, j’étais très jeune. C’était un chambrage avec Souley, je ne visais pas le club ou les supporters. La phrase a été mal interprétée, il n’y avait aucune méchanceté là-dedans. »

Eyraud vole au secours de Sertic

De même, il est revenu sur les menaces reçues à Bordeaux. « Ce n’est pas facile de vivre ça, c’est une situation difficile, ça a touché ma compagne. C’est du passé, c’est malheureux d’en arriver là pour du foot. Maintenant je suis à Marseille, je pense au présent. Je veux oublier, ce n’est pas important. (…) Les supporters bordelais, ils savent ce que j’ai fait pour Bordeaux, il y a de la rivalité entre les deux clubs, j’ai fait mon temps là bas, je ne regrette rien du tout. Maintenant, je veux dire aux supporters marseillais, je vais me donner à fond, je n’arrive pas en tant que grande star, mais je suis un guerrier et je vais faire de grandes choses pour le club. »

Il a pu trouver un soutien de poids avec les paroles de Jacques-Henri Eyraud, toujours aussi mesuré. « Ce que je veux dire aux supporters marseillais, c’est de ne juger qu’une chose, le terrain, sa performance, son état d’esprit et certainement pas les déclarations qu’il a faites il y a 7 ans, sûrement un chambrage avec Souleymane Diawara, un ami proche », a-t-il lancé, avant de rappeler quelques déclarations de Gabriel Heinze et Lorik Cana du temps où ils étaient Parisiens, avant de rallier l’OM quelques années plus tard. Dans ce contexte assez sensible, la pondération d’Eyraud et la bonne volonté de Sertic seront-elles suffisantes pour calmer les supporters les plus agacés ?