À quelques minutes de l’officialisation de Mario Balotelli sous les couleurs olympiennes - croit-on - et à deux jours de la réception du LOSC, solide deuxième de Ligue 1, pour le compte de la 22e journée, le milieu de terrain de l’Olympique de Marseille Kevin Strootman est venu répondre aux questions des journalistes, à la Commanderie. Passeur sur le but victorieux de Morgan Sanson à Caen (0-1), le Néerlandais a contribué au premier succès marseillais depuis dix matchs. À son avantage depuis le déplacement de l’OM à Saint-Etienne (défaite 2-1), le joueur recruté cet été à la Roma contre un chèque de 25 millions d’euros a pourtant vécu des débuts compliqués sur les bords de la Méditerranée. En conférence de presse, il s’est longuement confié, assumant un retard à l’allumage, honnête sur ses prestations et bien décidé à poursuivre son intégration à l’OM.

« J’ai bien débuté contre Monaco, j’ai fait un bon match. Après, je ne me sentais pas bien physiquement, je ne me sentais pas bien, que ce soit avec ou sans le ballon, (...) j’étais énervé contre moi-même, de la façon dont je jouais. Je voulais toujours faire mieux, le coach, les joueurs m’ont fait confiance. Je veux aider l’équipe, rendre la confiance que me donnent l’entraîneur, le club. Je veux toujours m’améliorer » a lâché Kevin Strootman sur le ton du repentir. Ce souvenir de Louis-II remonte au 2 septembre et une rencontre comptant pour la 4e journée de Ligue 1 remportée sur le fil (2-3). Son premier match sous les couleurs olympiennes, solide aux côtés de Morgan Sanson devant la défense. Si la journée suivante le Néerlandais adresse une passe décisive, contre Guingamp, il s’agira de son dernier fait d’arme jusqu’au 16 janvier dernier et son but face aux Verts, malgré la défaite dans le Chaudron.

« Si je joue mal, je joue mal. Je le dis. »

Dur envers lui-même, le milieu de terrain peut compter sur un coach qui a fait des pieds et des mains pour le rapatrier à l’OM, lui qui l’avait connu à Rome, et qui le soutient dans les périodes de galère. Pas trop pressé, le coach olympien réclame de l’indulgence pour ses nouvelles recrues en général et son milieu de terrain en particulier. « Kevin est quelqu’un de lucide sur ses performances. On l’a vu, cela a été le patron sur les deux derniers matchs. Il faut laisser du temps aux nouveaux. Il a quitté un club qui jouait la Ligue des champions pour rejoindre un club qui joue l’Europa Ligue, il lui fallait s’adapter, » a rappelé l’entraîneur de l’OM, également présent en conférence de presse, mercredi. De la lucidité, le joueur n’en manque pas. Lui qui n’écarte pas la possibilité d’avoir cédé à une forme de pression liée à son transfert. Il faut dire que le Néerlandais émarge à 4,5 M€ par saison. Un chiffre qui a fait parler, notamment au sein du vestiaire.

« Peut-être qu’il y a un peu de pression, je ne sais pas. J’ai joué cinq ans à la Roma. On arrive dans un nouveau club, on veut donner le meilleur. Le club a disputé une finale de Ligue Europa la saison dernière, il reste sur une belle saison en championnat... Et moi j’arrive et ça ne se passe pas bien. Donc on se demande si c’est ma faute, c’est logique. Mais si je joue mal, je joue mal. Je le dis. Je travaille pour m’améliorer, comme toute l’équipe », a-t-il abondé, sans fuir ses responsabilités. Cette saison, lorsque la paire Luiz Gustavo-Strootman était alignée devant la défense, l’OM ne s’est imposé qu’une seule fois. « Je ne connaissais pas cette statistique, c’est vrai que ça ne fait pas beaucoup. Je ne sais pas pourquoi ça ne marche pas très bien avec Luiz. Il a d’énormes qualités, il est un leader d’équipe. Récemment, j’ai joué avec Max, ça s’est bien passé, je m’entends bien avec d’autres joueurs également, » a-t-il répondu, avant d’évoquer un autre aspect de son acclimatation compliquée.

Un problème de langue en train d’être réglé

C’est en italien que l’ancien joueur de la Roma a répondu aux journalistes cet après-midi. Mais ces derniers temps, le grand milieu de terrain néerlandais se montre plus souvent en zone mixte, après les matchs. Plus à l’aise avec la langue française. S’il baragouine un français approximatif, ses progrès sont notables et résultent d’un réel engagement de s’intégrer dans le projet olympien. L’isolement au sein du groupe peut sans doute expliquer les débuts compliqués de Kevin Strootman. « Si on ne parle pas la langue, on ne peut pas bien jouer. C’est important de comprendre, de parler la langue, pour se comprendre avec ses coéquipiers. Ce n’est pas dit que si on ne parle pas, on n’arrive pas à bien jouer, mais de mon côté la connaissance de la langue m’aide à mieux comprendre le coach et mes coéquipiers, à jouer » a-t-il expliqué. Tourné vers la deuxième partie de saison, Kevin Strootman a, comme ses coéquipiers, quatre mois pour inverser la tendance et tenter d’accrocher le podium.

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