Bordeaux-OM, 18 novembre 2012. Un match qui ne restera pas dans les annales, conclu par une victoire des Girondins (1-0), au terme d’une rencontre des plus ternes. Et pourtant, cette date restera à jamais gravée pour un homme, en l’occurrence Fabrice Apruzesse. Attaquant de la réserve phocéenne, l’ancien chauffeur-livreur a pu fouler une pelouse de Ligue 1 18 minutes durant. Un conte de fées pour lui, malgré de nombreuses moqueries sur les réseaux sociaux. Qu’importe, l’intéressé n’en garde qu’un merveilleux souvenir, comme il l’avoue à La Provence :

« J’ai réalisé un rêve. Je n’avais quasiment jamais revu les images du match, mais il y a quinze jours, je me suis posé devant la télévision et j’ai regardé la vidéo qu’avait enregistrée ma femme… Je n’en garde évidemment que des bons souvenirs, même si tout est allé très vite. Je me suis fait un peu chambrer au début quand j’ai rejoué en CFA 2. Mais ça ne me dérangeait pas. Ça faisait partie du jeu. Aujourd’hui, quand on me reconnaît, ça me fait plaisir, forcément, mais je n’y attache pas plus d’importance que ça. Je sais d’où je viens, je n’ai jamais eu honte de mon parcours et j’ai gardé les pieds sur terre. Je suis toujours le même ».

Un homme qui n’a pas changé, malgré cette entrée en L1. Retourné depuis dans l’anonymat de la CFA 2 avec la réserve marseillaise, Apruzesse arrive en fin de contrat, mais entend bien prolonger : « J’en ai envie, mais je n’y pense pas. Je ne me prends pas la tête avec ça, car le plus important est d’être performant sur le terrain. À moi de faire une belle saison. Ça me plairait, mais j’ai un peu de temps devant moi. J’ai toujours envie de jouer quand même ». En attendant, l’attaquant passe ses diplômes d’entraîneur. Sage décision.