« Le mot déception est faible », a lâché Rudi Garcia dimanche soir après la défaite 3 à 0 de l’Olympique de Marseille face à l’Olympique Lyonnais lors de la 36ème journée de Ligue 1. L’entraîneur phocéen espérait beaucoup mieux. Mais son équipe n’a pas été capable de le faire. « J’ai dit à mes joueurs de se lâcher à la pause. Je les ai trouvés timorés. Quand Thauvin a débuté (en seconde période), c’était mieux, il n’avait pas 90 minutes dans les jambes. Il nous a aidés mais on n’a pas marqué. C’est comme ça. On est mécontents, on voulait gagner. On a pris un but... je préfère garder l’adjectif en tête pour moi, pour le premier but. En seconde période, on est revenus avec plus d’envie. La tête de Mario, la frappe contrée de Luiz (Gustavo, 58e)... Voilà, il faut parfois un peu de réussite. Ce soir, on est sûrs de ne pas être européens, c’est un échec, c’est évident ».

Un échec pour un club en rupture totale avec ses supporters. Ces derniers n’ont d’ailleurs pas hésité à faire savoir qu’ils étaient mécontents, avant, pendant et après le match. Ce qu’a compris Kevin Strootman, l’un des seuls joueurs à s’être présenté en zone mixte côté olympien. « Je comprends la colère des supporters. Je ne peux rien dire. Qu’est-ce que je peux dire ? » Un journaliste lui a dit qu’il pourrait demander pardon aux fans. Le Néerlandais a reconnu que oui avant de botter un peu en touche, lui qui a eu du mal à trouver ses mots, visiblement touché après cette nouvelle défaite. Il a aussi eu du mal à expliquer les maux de son équipe. « Oui, ce sont des choses dont on doit parler dans le vestiaire, pas avec vous (les journalistes). Vous avez vu le match, on doit faire mieux. Ce n’est pas possible. ».

Des joueurs au président, tout le monde est touché

Puis il a enchaîné ensuite : « Je ne sais pas. Tu veux faire ton travail, tu veux faire mieux. Moi, je n’arrive pas à faire mieux. On doit travailler et moins parler. On doit jouer encore deux matches. On doit les gagner pour le maillot, pour le club. C’est notre travail ». Luiz Gustavo était tout aussi perdu après cette nouvelle désillusion. « On connaissait la rivalité entre les deux clubs et l’attente de nos fans. Il reste deux matches pour terminer la saison et après, on va continuer à travailler. J’espère qu’on finira beaucoup mieux. On va jouer pour bien terminer la saison, une saison mauvaise, on peut le dire, pour un club comme l’OM. C’est un moment compliqué, on n’a pas besoin de parler de ce qui ne va pas. On n’a pas réussi à enchaîner les bons matches. C’est pour ça aussi qu’il nous manque beaucoup de points pour atteindre nos objectifs. On est allés chercher vraiment...zéro objectif et ça, ça fait mal pour le club, pour tous. Il faut qu’on reste tranquilles »

Mais le mal semble très profond au sein d’une formation où le coach et le président sont pris pour cible. D’ailleurs, à écouter Jean-Michel Aulas, Jacques-Henri Eyraud semblait lui aussi très affecté après le match. « J’ai eu le temps de parler avec Jacques-Henri Eyraud un peu avant le match et après dans l’ascenseur en partant. Il était évidemment catastrophé. Mais je lui ai trouvé beaucoup de courage pour rebondir. J’ai vu que Frank (McCourt) n’était pas là ce soir ». Mais pour Kevin Strootman, il n’y a pas qu’un coupable. Tout le monde doit tirer dans le même sens et être unis. « Nous sommes sur le terrain. On doit faire les choses, pas le coach, ni la direction. On fait les choses ensemble avec l’entraîneur et les dirigeants. On doit faire mieux. Quand tu perds beaucoup de matches, tu perds la confiance. Si vous comprenez le foot, vous comprenez qu’il faut gagner pour prendre de la confiance ».Il faudra aussi gagner pour retrouver la confiance d’un public qui, lui, se donne sans compter.