En ouverture de cette 23e journée de Ligue 1, l’OM recevait le LOSC ce vendredi. Marseille pouvait espérer sortir enfin vainqueur d’une rencontre de championnat au Vélodrome, chose qui n’est plus arrivée depuis le 13 septembre dernier lors de la 5e journée, face à Bastia. La mission s’annonçait délicate, car le club olympien évoluait ce soir sans deux de ses tauliers. Blessé depuis le week-end dernier, Lassana Diarra n’était toujours pas disponible. Quant à Steve Mandanda, touché aux ischio-jambiers cette semaine à l’entrainement, il était également absent. En face, Lille a besoin de régularité. Depuis l’arrivée de Frédéric Antonetti, le club nordiste s’est redressé mais est encore en proie à de sérieux doutes. Si la large victoire 5-1 contre Bordeaux en Coupe de la Ligue cette semaine a redonné du baume au cœur aux joueurs, les désillusions face à Trélissac et contre Troyes sont encore bien présentes.

Le début de match était justement en faveur des Marseillais. Grâce à un pressing haut et bien organisé, l’OM mettait le pied sur le ballon durant la première demi-heure. Dominateurs, les Olympiens parvenaient à imprimer un rythme enlevé sans pour autant déstabiliser le bloc adverse. Il fallait tout de même attendre la 23e minute pour enfin voir Marseille se procurer sa première opportunité. Elle a bien failli faire mouche. Après avoir résisté au retour de Pavard, Isla se présentait à l’entrée de la surface côté droit avant de trouver Nkoudou. Celui-ci croisait sa frappe mais Enyeama, bien que pris à contre-pied, détournait en corner. Ce coup de chaud sur la cage lilloise marquait un premier tournant. Après cela, les Dogues durcissaient le jeu et trouvaient des solutions au milieu de terrain notamment. Par deux fois, Benzia réussissait à frapper (32e, 33e) avant que Rolando vienne rattraper l’ancien Lyonnais au dernier moment (40e). Le score en restait à 0-0 à la mi-temps.

Lille qui avait mieux terminé la première mi-temps repartait de plus belle. D’autant que De Ceglie apparaissait sur la pelouse en lieu et place de Manquillo touché à la cuisse. Dominés au milieu pendant un long moment, les Lillois dictaient dorénavant leur rythme et profitaient de la lenteur du jeu adverse pour apporter le danger. Et alors qu’ils s’étaient montrés assez inoffensifs durant le premier acte, il aura fallu quelques incursions dans la surface de Pelé pour ouvrir le score. Lancé dans la zone de vérité par Pavard, Corchia trouvait les filets (0-1, 57e). Devant au tableau d’affichage, le LOSC exploitait comme il le souhaitait ses situations de contres seulement Boufal manquait par trois fois de tuer le match (64e, 69e, 81e). De quoi laisser des regrets pour la fin de match. Car Marseille terminait à dix et se torpillait lui-même pensait-on. Coupable d’un tacle dangereux, Barrada, entré vingt minutes plus tôt, écopait d’un carton rouge. Le match semblait être terminé mais Amalfitano offrait inutilement un coup-franc à l’OM. Et en deux-temps après un arrêt d’Enyeama, Rabillard égalisait au bout du temps additionnel (1-1, 90+5e). Marseille arrache miraculeusement le nul mais montre toujours autant de fébrilité dans le jeu.

Retrouvez le classement de Ligue 1 ici

L’homme du match : Obbadi (7,5) : très bonne performance pour lui ce soir. Propre dans son jeu, le milieu de terrain marocain a été l’homme clé du bon fonctionnement du jeu lillois. Toujours bien positionné, il a multiplié les transmissions bien senties qui ont bien souvent permis aux siens de se procurer de bonnes occasions (32e). Une qualité de passe précieuse, accompagnée d’un bel apport offensif, notamment lors des nombreuses contre-attaques lilloises. Il aurait même pu s’offrir un but mais sa frappe lointaine passait de peu à côté des cages de Pelé (67e). Remplacé par Balmont (85e).

Marseille :

- Pelé (6,5) : alors que Mandanda restait sur une série de 212 matches de suite en Ligue 1, l’ancien Manceau profitait du forfait de son capitaine pour se montrer un peu. Assez logiquement, il n’a pas été très serein dans ses prises de balle. Après un premier arrêt sur une petite tentative de Benzia (32e), il a permis à son équipe de ne pas sombrer en remportant deux fois son duel avec un Boufal trop facile (64e, 69e). Sa sortie n’est pas assez autoritaire sur le but de Corchia (57e).

- Dja Djédjé (6,5) : un match très propre dans son ensemble. Présent défensivement, il a su rester concentré et efficace dans ses précieuses interventions (17e, 29e). Un travail offensif également à saluer grâce à quelques combinaisons réussies avec Sarr. Un trou d’air devant Pavard (55e). Remplacé par Rabillard (82e) qui a marqué le but égalisateur et inespéré (90+5e). C’est son premier en professionnel.

- Nkoulou (6) : bonne prestation de la part du Camerounais. Capitaine d’un soir, il s’est montré vigilant devant la reprise en madjer de Benzia (33e). Sa complémentarité avec Rolando est de plus en plus intéressante. Parfois livré à lui-même devant la faiblesse affichée par le milieu de terrain comme lorsqu’il fut averti (49e). Pas assez tranchant sur le but de Corchia (57e).

- Rolando (6,5) : à l’image de ses bonnes prestations de ces dernières semaines, le défenseur monte en puissance. Un placement souvent bon, un jeu de tête impeccable et une présence physique redoutable, le Portugais n’a jamais failli dans cette rencontre. Un tacle salvateur devant Benzia (44e).

- Manquillo (4,5) : aligné côté gauche une nouvelle fois, il n’a pas toujours été à son aise face à Boufal ou Benzia. Touché à la cuisse droite, il a dû céder sa place à la mi-temps à De Ceglie (3,5) (46e). Pas souvent sur le pré, l’Italien a eu beaucoup de mal à rentrer dans le match. En difficulté dans de nombreux domaines, il a donné des frissons au Vélodrome. Néanmoins, c’est lui qui obtient le coup-franc égalisateur et qui oblige Enyeama à une première parade (90+5e).

- Silva (3) : les semaines se suivent et se ressemblent pour lui. Préféré à Romao au milieu de terrain, il aura montré un niveau d’une grande fébrilité. Très fragile et surtout lent à l’exécution, il a perdu beaucoup trop de ballons pour permettre à son équipe d’avancer. Le harcèlement du milieu de terrain adverse l’a gêné (20e). Sorti sous les sifflets et remplacé par Barrada (60e) qui a donné l’impression de marcher sur les pieds de Cabella. Surtout, il laisse ses coéquipiers à dix après un tacle dur sur Benzia (83e).

- Isla (5,5) : une performance en dent de scie pour lui ce soir. Le Chilien a souvent cherché le bon sens du jeu en orientant, ralentissant,accélérant. Seulement, il a montré une maladresse inquiétante et a perdu de nombreux ballons. L’ancien de la Juventus a tout de même offert quelques bonnes séquences en donnant une balle de but notamment pour Nkoudou (23e).

- Sarr (6) : à son avantage en première mi-temps, il aura rendu chèvre le fragile Pavard. Après avoir tiré un coup-franc vicieux qui terminait sa course sur le poteau (8e), l’ex-Messin a multiplié les duels en un contre un et est souvent passé sur son côté. Il a pu compter aussi sur un Dja Djédjé affûté.

- Cabella (4) : placé en soutien de l’attaquant, le joueur prêté par Newcastle a tenté d’apporter le danger dans la surface adverse mais n’a pas souvent donné satisfaction. Il ne s’est pas toujours simplifié la tâche et portant parfois trop le ballon. Souvent reculé, il s’est souvent montré trop loin de Batshuayi pour que leur duo pèse.

- Nkoudou (5,5) : très actif sur son côté gauche (10e), il a été le principal danger pour les Lillois en étant l’auteur des deux plus belles occasions marseillaises en première période (23e, 40e). A l’inverse des dernières rencontres, il s’est éteint et a même fini par subir la loi de l’expérimenté Civelli. Mangé par Corchia sur le but lillois.

- Batshuayi (3,5) : s’il arrive à emmener des défenseurs avec lui sur ses appels, son travail de l’ombre ne vient pas récompenser sa prestation d’ensemble. Il a passé son match à jouer dos au but et à courir dans le vent. Il semble coupé du reste de l’équipe. Jamais durant la rencontre le Belge n’a été en position de frappe. Très décevant.

Lille :

- Enyeama (7) : le portier lillois a prouvé qu’il était bel et bien l’un des meilleurs portiers de notre championnat. Serein sur sa ligne (17e) et parfait dans les airs (45e), le Nigérian a multiplié les bonnes interventions. Notamment sur une frappe puissante de Nkoudou sur laquelle l’ange gardien des Dogues réalisait une parade extraordinaire (23e). Malheureusement pour lui, le portier lillois devait s’incliner dans les dernières secondes de la rencontre après avoir pourtant réalisé un arrêt réflexe (90e+6). Dommage.

- Pavard (4) : en difficulté face aux nombreuses offensives marseillaises sur son côté gauche, le défenseur du club nordiste a souvent été pris de vitesse. Offensivement, le Lillois a eu dû mal à se mettre dans son match. Si ses quelques montées n’étaient au départ pas véritablement intéressantes et ses centres manquaient de précision, le jeune défenseur s’est repris par la suite avec des déboulés davantage concluants (55e). De l’envie mais tout de même insuffisant.

- Civelli (6) : le taulier de la charnière centrale a fait respecter l’ordre au sein de sa défense. Précieux dans le domaine aérien, le défenseur argentin a rarement été dépassé. Solide sur ses appuis et souvent bien placé, il a su lire les offensives phocéennes et a réalisé quelques bonnes interventions parfois décisives (10e). Son expérience fait du bien au groupe lillois, surtout dans ce genre de rencontre. Propre.

- Soumaoro (4) : moins en vue que son compère de la défense centrale, il n’a pas véritablement rayonné de sérénité. Très fébrile balle au pied, il n’a quasiment jamais tenté de relancer vers l’avant, préférant constamment jouer avec son portier. Un problème de relance qui a empêché les Dogues de trouver des solutions dans l’entrejeu en début de match. Plus serein par la suite, il a tenu son poste sans être inquiété. Sa tentative de la tête sur coup franc ne trouvait pas le cadre (50e).

- Corchia (7) : beaucoup plus percutant que son pendant à gauche, le latéral lillois a été récompensé de ses efforts. Après quelques montées intéressantes, et plusieurs centres qui ont souvent apporté le danger dans la surface marseillaise (33e, 37e), le défenseur français débloquait la rencontre en allant tromper Pelé d’une frappe du gauche après avoir résisté à un retour de Nkoulou (57e). Solide défensivement, il a livré une prestation complète et convaincante.

- Mavuba (6) : le capitaine lillois a régulé le jeu des Dogues. Souvent bien placé, son pressing a souvent empêché la formation marseillaise de déployer son jeu. Malgré quelques imprécisions dans ses transmissions, le milieu tricolore a surtout été essentiel dans ses projections vers l’avant. Un gros travail défensif mais aussi un rôle de soutien sur le front de l’attaque qui a porté ses fruits. A noter tout de même une baisse de régime au fil des minutes.

- Amadou (5) : match correct pour le milieu de terrain du club nordiste. Placé devant sa défense, il a plutôt bien réussi son rôle de sentinelle. Vigilant face aux appels des Marseillais, il a également été intéressant offensivement en n’hésitant pas à se projeter vers l’avant pour casser les lignes adverses. De nombreux efforts qui lui ont permis, avec ses compères de l’entrejeu, de dominer le milieu de terrain dans cette partie.

- Obbadi (7,5) : voir ci-dessus.

- Boufal (6,5) : il doit s’en mordre les doigts. Le meneur de jeu lillois était intenable dans cette partie. Très remuant, ses très nombreuses percussions ont posé de sérieux problèmes à l’arrière-garde phocéenne. Mais le milieu offensif des Dogues a très clairement manqué de finition, notamment sur sa tentative aux vingt mètres qui s’envolait dans les tribunes du Vélodrome (55e). Puis surtout lors des nombres contre-attaques du club nordiste sur lesquelles le Franco-Marocain a manqué de lucidité en tentant de piquer son ballon à deux reprises, et en oubliant au passage ses partenaires (64e, 69e). Tout était là, sauf la finition... Dommage. Remplacé par Nangis (90+4e).

- Bauthéac (6) : tout comme son coéquipier, l’ailier lillois s’est montré très disponible dans cette rencontre. Après un début de match compliqué durant lequel il n’a pas touché un grand nombre de ballons, l’ancien Niçois est ensuite monté en régime et a profité des largesses défensives marseillaises pour prendre de l’espace. Alors que sa tête décroisée ne trouvait pas le cadre (38e), ses nombreuses combinaisons sur le front de l’attaque ont été précieuses et ont bien souvent été à l’origine des grosses occasions lilloises. A noter également de bons coups de pied arrêtés (50e).

- Benzia (7) : il a tout donné et doit également être très déçu du résultat. Le buteur lillois n’a pas compté ses efforts ce soir, et a certainement été l’un des plus remuants dans cette rencontre. Ses nombreux appels ont pesé sur l’arrière-garde marseillaise, tandis que sa qualité technique lui a permis de faire la différence balle au pied face à des défenseurs phocéens inoffensifs. Après une première tentative qui ne trouvait pas le cadre (16e), il parvenait à enchaîner à l’entrée de la surface quelques minutes plus tard mais sa frappe n’inquiétait pas Pelé (32e). Dans la foulée, l’international Espoirs tricolore tentait une madjer mais manquait une nouvelle fois de précision (33e), de même après un bon service de Bauthéac (44e). Benzia sait ce qu’il doit travailler : sa finition. Remplacé par Amalfitano (90e) qui récoltait un carton jaune quelques secondes après son entrée en jeu et provoquait par la même occasion le coup franc à l’origine de l’égalisation marseillaise (90e+6)...