Quel souvenir laissera le Marseille version 2012-2013 dans les mémoires ? Celle d’une équipe courageuse et réaliste ? Ou celle d’une équipe ennuyeuse, au classement miraculeux ? Vincent Labrune, le président de l’OM, a lui déjà choisi. Pour lui, cet OM-là se doit d’être considéré comme un grand cru. « Etant donné la réduction drastique de notre budget en fin de saison dernière, le départ de joueurs importants, la pression médiatique et la concurrence inédite du Paris SG, être à la 2e place dans ce contexte représente une grosse performance. Dans ce contexte financier et sportif, en occupant la 2e place au classement, et sans présager de notre classement final, l’OM est en train d’écrire l’une des plus belles pages sportives de l’histoire du club depuis sa victoire en Ligue des champions en 1993 », a-t-il déclaré hier. Une sortie médiatique qui fait jaser.

Souvent critiqué sur la qualité de son jeu, Marseille parvient toutefois à se hisser sur les hauteurs du classement. Chaque semaine, les mêmes commentaires peu élogieux reviennent, et du coup, les membres du club phocéen doivent régulièrement se justifier de leur présence sur le podium. Vincent Labrune ne déroge pas à la règle et continue d’encenser ce Marseille inattendu. Toutefois, lier les volets sportifs et économiques pour juger de la qualité d’une saison n’est pas forcément réaliste. Tous les clubs excepté le PSG ont adopté une politique de réduction de la masse salariale. Ce besoin de justification permanente ne contribue-t-il pas à remettre en cause le réel niveau de l’OM ?

Surtout, parler de plus belle page sportive de l’histoire du club trois ans seulement après le titre de champion dégoté sous l’ère Dassier et les nombreux trophées récoltés avec Didier Deschamps sur le banc de touche ressemble presque au déni du bilan de ses prédécesseurs. Vincent Labrune a-t-il voulu tacler par la même occasion les présidents précédents, qui s’entre-déchirent sur la place publique et qui sont coupable selon lui d’une mauvaise gestion financière ? Fier à juste titre du parcours de son équipe cette saison, Labrune promène un regard de chef d’entreprise, mais qui peut paraître dénué de passion.