Waldemar Kita aimait le rappeler assez souvent. Propriétaire du FC Nantes depuis plus de dix ans, l’homme d’affaires franco-polonais rêvait de voir sa présidence nantaise aboutir sur la construction d’un nouveau stade et donc la fin du FCN à la Beaujoire. Kita avait d’ailleurs lancé le projet YelloPark, une infrastructure géante censée abriter la nouvelle antre des Canaris et un complexe de bureaux et de commerces autour. Un projet qui a fait grincer beaucoup de dents sur les bords de l’Erdre, les opposants préférant un projet de rénovation pour la Beaujoire et ne pas entendre parler de YelloPark. Des critiques qui ont finalement eu raison des ambitions de Kita, la Métropole nantaise ayant tout annulé. Cependant, n’allez pas croire que la famille Kita a baissé les bras pour autant.

Présent ce jeudi en conférence de presse, le fils de WK, Franck Kita, a clairement fait savoir que la direction du FCN ne comptait pas en rester là. Mieux, il n’a pas hésité à envoyer un petit tacle aux défenseurs du projet de rénovation du stade actuel et emblématique du club. « Il y a toujours un projet de rénovation, mais si vous souhaitez mettre 50 M€ d’argent public dans un stade qui ne peut plus rien accueillir en compétition internationale, que ce soit l’Euro ou le Mondial des filles. On n’accueille plus rien à la Beaujoire. On est bloqué, et j’aimerais bien que ces 50 M€ doivent peut-être être donnés au football amateur, aux associations et pas dans la rénovation d’un stade qui pourrait être privé, sans demander l’argent à personne. Le projet de stade doit rebondir. On ne peut pas rester comme ça, c’est impossible. A moins que ça ne vous dérange pas que l’argent public finance un stade privé. On est forcément à l’affût pour améliorer le club. Pour cela, il faut une vision, des infrastructures. »

« Le projet de stade doit rebondir »

Des propos qui ne devraient pas forcément ravir une franche des supporters nantais. Pour rappel, l’ambiance est plus que tendue entre Waldemar Kita et une partie du public de la Beaujoire. Pour les habitués du stade, il est ainsi très fréquent d’apercevoir des banderoles et des chants très hostiles au patron des Canaris. Des griefs visant surtout le projet d’abandonner le stade actuel et qui se sont accentués avec la création d’un nouveau logo sans concertation. Pas de quoi refroidir les ardeurs des Kita. « Il faudrait peut-être faire une réunion et leur expliquer qu’il y a des choix à faire économiquement parlant. Je trouve dommageable que de l’argent public finance un stade alors qu’il pourrait servir à autre chose », explique Franck Kita. Et ce n’est pas tout.

Toujours prêts à bondir si l’opportunité de créer une nouvelle enceinte se présente, les Kita souhaitent également un centre d’entraînement plus grand. Actuellement, la Jonelière commence à se faire petite. Un constat qui s’est renforcé avec la promotion de l’équipe féminine en D2. « Le moteur de la métropole c’est le sport. Mais aujourd’hui, on a des contraintes d’installations qui sont contraignantes. Le fait que les filles soient montées en Ligue 2, nous pénalise énormément. On est très heureux (pour elles) mais on est pénalisé au niveau infrastructures. On est bloqué. Les filles doivent être équipées comme les hommes. A un moment donné, on doit en prendre conscience. On adore le stade, le centre d’entraînement, mais on est bloqué. Il me faudrait des terrains, des bâtiments en plus, mais on n’a pas de solutions. Sur le site actuel, on n’a pas de solution. Le centre de formation qui est prestigieux est bloqué. On risque de perdre notre statut, de descendre de catégories. On aimerait bien être un peu plus soutenu, aidé. On ne peut pas rester les deux pieds dans le même sabot. » Le message est passé.

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