Pour être le leader de l’attaque du Paris Saint-Germain, il faut avoir les nerfs bien accrochés. En tout cas, pour Edinson Cavani, c’est le cas. Arrivé dans la capitale française en 2013 en provenance de Naples, El Matador avait accepté de venir évoluer aux côtés de Zlatan Ibrahimovic, pensant alors qu’un 4-4-2 allait être mis en place par Laurent Blanc, histoire de faire la part belle aux deux goleadors. Un projet qui n’a jamais vu le jour. Attaquant de pointe, Cavani s’était alors retrouvé poussé sur le côté, obligé de jouer les faire-valoir du Suédois.

Un repositionnement face auquel l’intéressé a souvent râlé, notamment lors de sa fameuse sortie médiatique juste avant ce fameux quart de finale retour de Ligue des Champions contre Chelsea (0-2), mais qu’il a finalement accepté. D’ailleurs, en termes de bilan comptable, Cavani a su se montrer efficace malgré l’omniprésence d’Ibra (53 buts en Ligue 1). Puis est venue la « libération ». Ibra parti à Manchester United, l’ancien Napolitain a enfin pu s’exprimer tout seul à la pointe de l’attaque. Résultat : 35 buts inscrits en championnat.

Cavani ravi d’avoir Neymar à ses côtés

Mais cette année, Paris a de nouveau choisi de renforcer son secteur offensif. Et en attendant peut-être l’arrrivée du Monégasque Kylian Mbappé, c’est un certain Neymar qui a débarqué. Le Brésilien n’évolue pas au même poste que Cavani qui peut donc conserver sa place d’attaquant de pointe, mais l’ancien Blaugrana a très rapidement monopolisé le cuir. Très recherché sur le terrain, Neymar profite d’une liberté tactique pour animer tout aussi bien le flanc gauche que l’axe de l’attaque francilienne. Une cible de choix pour ses partenaires (3 buts, 3 passes décisives) qui n’a pas empêché pour autant Cavani de se montrer efficace (3 buts en autant de rencontres de Ligue 1).

Sur le plan comptable, l’Uruguayen ne pâtit donc pas de l’arrivée ultra médiatisée de Neymar. D’ailleurs pour lui, le fait que le Brésilien soit plus recherché que lui est loin d’être un problème. « L’équipe est plus constante. Elle attaque durant 90 minutes. On cherche tout le temps à marquer. C’est peut-être une chose qu’on a moins fait les saisons passées. On a fait un bon début de saison. On doit continuer à faire ça, à toujours chercher à marquer ». Collectif dans son raisonnement, Cavani voit donc en Neymar un allié capable de donner cet allant offensif à une attaque parisienne ronronnante très souvent critiquée dans le passé.

Trouver la bonne carburation avec Neymar... en attendant peut-être Mbappé ?

Et si Cavani n’a pas souvent été servi par ses coéquipiers, malgré de multiples appels bien senti -Il a tout de même gâché quelques actions franches sur des passes justement de Neymar- El Matador ne veut pas (encore ?) se focaliser sur son cas personnel et profite de ce nouvel atout parisien. « C’est bien d’avoir un joueur important. Il hausse le niveau de l’équipe. Nous savons très bien que, quand il y a des top joueurs, toute l’équipe est plus sûre au niveau mental. C’est un bon début de saison, on marque beaucoup. Il faut continuer comme ça, continuer à bien nous préparer, pas seulement au niveau du jeu de l’équipe, mais aussi dans nos têtes ».

Encore perfectible, l’entente Neymar-Cavani semble bien se passer pour le moment et a tout pour faire des étincelles cette saison. Et si les deux hommes parviennent à se partager la part du gâteau, Paris pourrait alors se permettre le luxe d’ajouter un nouvel ingrédient fort en goût : Kylian Mbappé. Un trio qui aurait fière allure et qu’Emery, si le Monégasque est recruté (bien évidemment), espérera gérer aussi bien que le Barça ne l’a fait avec sa formidable MSN.