Deux équipes joueuses, des talents individuels énormes, la rencontre entre Paris et Lille promettait du spectacle et des buts, avec la place de leader en guise de récompense pour le vainqueur. Il n’y aura eu rien de tout cela ce soir sur la pelouse du Parc, pour le plus grand plaisir de Montpellier, qui reste en tête de la L1. Pour les spectateurs, pas de quoi garder de grands souvenirs d’un match où les défenses des deux camps ont constamment pris le dessus sur les attaques. Il était difficile de trouver la faille, aussi bien à Lille qu’à Paris. En première période, seul Gameiro a eu la possibilité de débloquer le score (20e), pour ce qui restera la plus grosse occasion parisienne. Lille, de son côté, monopolisait le ballon, sans parvenir à approcher réellement des buts de Sirigu.

Si la maîtrise collective lilloise était insuffisante pour inquiéter le PSG, le quatuor offensif parisien fut lui trop peu inspiré pour créer le danger. On a parfois le sentiment que Pastore, Ménez et Nenê jouent à qui obtiendra le plus de faute dans la rencontre, avec des plongeons à répétition. Malgré un quart d’heure agité au retour des vestiaires, avec deux équipes se rendant coup pour coup, les défenses ont tenu le choc, aidés par l’imprécision de Ménez et Pastore côté parisien, et le peu d’inspiration de Hazard et Cole côté lillois. Dans les arrêts de jeu, c’est le LOSC qui se créa la meilleure opportunité, avec une frappe de Jelen détournée par Sirigu. 0-0 donc, pour un match décevant au regard des attentes.

L’homme du match : Florent Balmont (6,5) : l’ex-Lyonnais s’est distingué par son harcèlement sur ses adversaires au milieu, mais aussi par son travail de compensation sur les montées répétées de Debuchy. Sa générosité, parfois à la limite, lui a valu de toucher un nombre incalculable de ballons. Il a également été l’un des Nordistes les plus dangereux, se procurant plusieurs occasions sur des tentatives lointaines (14e, 57e). Remplacé par Pedretti (82e). L’ex-Auxerrois n’a pas vraiment eu le temps de se mettre en évidence.

Paris Saint-Germain :

- Sirigu (6) : une première période très tranquille, où le danger vint principalement de lui-même, puisqu’il se fit une frayeur sur un dégagement raté. Après la pause, il a pu montrer tout son talent sur la ligne, avec trois parades, sur une tête de Debuchy (60e), une frappe puissante de Gueye (76e), et surtout sur une tentative de Jelen (90e+3). Attention toutefois au jeu au pied, de mauvaise facture ce soir, qui a offert des situations chaudes au LOSC.

- Ceara (6) : une grosse activité ce soir pour ce latéral gauche de fortune. Le jeu penchait sur son aile et il a souvent été sollicité, surtout défensivement, où il a bien contenu Hazard, Cole et Debuchy à tour de rôle. Offensivement, il a plutôt joué juste mais n’a jamais été en position de centrer.

- Camara (6,5) : il a remplacé Sakho, finalement forfait, au pied levé, héritant au passage du brassard. Assez nerveux en début de match, et vite averti par l’arbitre (2e), il a su reprendre le dessus, avec de bons jaillissements et un jeu aérien impeccable.

- Bisevac (6) : moins en vue que son compère mais pas moins solide. Il n’a pris aucun risque dans ses relances, dégageant en touche quand il le fallait.

- Jallet (5) : du bon, avec une prestation défensive de qualité, et du mauvais avec un trop grand nombre de ballons perdus dès lors qu’il passait à l’attaque. Il a beaucoup moins débordé qu’à l’accoutumée.

- Sissoko (6,5) : une tour de contrôle impeccable, qui est en train de se rendre indispensable au PSG. Il a gratté énormément de ballons dans les pieds adverses et a joué proprement. Une seule ombre au tableau avec une perte de balle dangereuse (47e), finalement sans conséquence.

- Bodmer (4,5) : à quoi sert-il dans ce rôle hybride de deuxième récupérateur-relayeur ? S’il s’est appliqué à bien se replacer pour contrer les offensives lilloises, il a récupéré peu de ballons et n’a jamais eu d’impact sur le jeu des siens. À son actif, une belle ouverture pour Pastore, que l’Argentin a vendangé, mais c’est bien trop peu à un poste où Chantôme sait donner sa pleine mesure. Replacé en soutien de Hoarau après la sortie de Pastore, sans effets.

- Nenê (5,5) : le PSG est souvent coupé en deux, entend-on souvent, mais le Brésilien est sans conteste l’élément offensif qui défend le plus. Une implication qui s’est vérifiée ce soir, avec de nombreux ballons récupérés et une aide appréciable apportée à Ceara. Offensivement, il fut le plus dangereux au cours d’une terne première période (16e corner direct, 20e centre dangereux, coup-franc 36e), avant de baisser de pied au fil de la seconde mi-temps. Il regrettera sa frappe manquée sur un bon service de Ménez (53e)

- Ménez (4,5) : toujours aussi agaçant, et la coupe de cheveux n’y est pour rien. Une première période très discrète, puis un gros quart d’heure au retour des vestiaires. Mais il a enchaîné les mauvais choix. À la 50e, son accélération est suivie d’une passe en retrait sans aucun destinataire, à la 56e, il tergiverse et oublie ses coéquipiers, à la 60e il se fait rattraper par le défenseur. Alors, bien sûr, il tente et provoque, mais rien n’est passé ce soir.

- Pastore (4) : un éclair de génie dans le match et c’est tout. À la 20e, son extérieur du pied à destination de Gameiro aurait dû être transformé en but par ce dernier. Pour le reste ? Pas grand-chose de bon : des talonnades mal senties et trop systématiques, une nonchalance agaçante dès lors qu’il joue vers l’arrière ou qu’il perd la balle. Pourtant, on le sent sur la bonne voie après son mois de novembre catastrophique. La trêve devrait sûrement lui faire du bien. Remplacé par Armand (80e), qui s’est placé à côté de Sissoko pour verrouiller l’entrejeu.

- Gameiro (4) : il avait retrouvé le chemin des filets à Sochaux au prix d’un exploit personnel et d’un peu de chance. Il n’en aura pas tous les week-end et actuellement, il ne peut pas compter sur ses partenaires pour lui offrir quantité d’occasions. Une seule pour lui ce soir (20e), une qu’il aurait dû transformer en but. Mais il expédia sa frappe hors cadre. Ce fut tout pour l’attaquant parisien, sûrement encore frustré, remplacé par Hoarau (80e), vite sollicité.

Lille :

- Landreau (4,5) : le portier du LOSC a vécu une soirée tranquille, profitant notamment du manque de réalisme des attaquants parisiens (Gameiro 20e, Pastore 47e). Il a tout de même dû rester vigilant pour sortir des poings un corner direct de Nenê (16e) et capter un coup franc du Brésilien (56e). Il a par ailleurs paru nerveux dans son jeu au pied.

- Debuchy (6) : comme à son habitude, l’international tricolore a évolué très haut sur le pré, en profitant pour délivrer de bons centres (3e, 45e +1, 79e) et pour tenter sa chance de loin (frappe non cadrée 45e +2) ou de près (tête sortie par Sirigu 60e). Il a livré de sacrés duels tantôt offensifs, tantôt défensifs avec Nenê et Ceara sur son aile droite.

- Basa (6) : avec deux belles interventions d’entrée, le Monténégrin, solide dans les duels, a parfaitement lancé son match. Sérieux et appliqué, il a souvent été bien placé pour couper les offensives parisiennes et dégager les centres des Rouge-et-Bleu du pied ou de la tête.

- Chedjou (5,5) : le Lion Indomptable a surveillé Gameiro comme le lait sur le feu. Et s’il l’a laissé échapper à quelques reprises (20e), le défenseur central s’est plutôt bien acquitté de sa tâche, sans fioritures.

- Béria (4) : la vitesse et les gestes imprévisibles de Ménez puis de Nenê l’ont parfois gêné, même s’il n’a pas perdu pied. Plus nerveux qu’à l’accoutumée, l’ancien Messin n’a pas spécialement brillé par son apport offensif. malgré une tentative (80e).

- Mavuba (5) : le capitaine des Dogues s’est attelé à prêter main forte à ses défenseurs, jouant très bas, compensant les déplacements de ses partenaires et suivant Pastore. Pas toujours très heureux dans l’utilisation du ballon, mais irréprochable dans l’investissement et la débauche d’énergie.

- Balmont (6,5) : voir ci-dessus.

- Gueye (5) : le Sénégalais, préféré à Pedretti, s’est montré disponible et volontaire dans l’entrejeu, proposant des solutions et privilégiant le plus souvent des transmissions courtes en première intention. Sa lourde frappe des 25 mètres (76e) a obligé Sirigu à une parade de grande classe. Averti (55e).

- Cole (4) : plutôt discret en première période sur son aile gauche, l’Anglais a fait le métier en exerçant un pressing soutenu sur les relanceurs parisiens. Un peu plus en vue au retour des vestiaires avec une influence grandissante dans le cœur du jeu. Remplacé par Payet (67e). Le Réunionnais a tenté de dynamiser le jeu offensif lillois. Sans réussite.

- Hazard (5) : le meilleur joueur de L1 en 2011 a affiché la même facilité balle au pied qu’à l’accoutumée, mais, ce soir, il a initié ses actions de beaucoup trop loin pour être influent et décisif en première période. Un peu plus libéré lors du second acte. Ses coups de pied arrêtés, souvent bien frappés, ont failli débloquer la situation (43e, 60e).

- Sow (4,5) : il a parfaitement joué son rôle de point d’ancrage de l’attaque lilloise, se multipliant sur tous les fronts devant et en gênant considérablement la charnière centrale parisienne. Malheureusement, à trop dézoner, le Sénégalais n’a eu que très peu de ballons corrects à exploiter. Sur l’une de ses rares situations, il a manqué de spontanéité (49e). Remplacé par Jelen (87e). Le Polonais aurait pu être le héros lillois si Sirigu n’avait pas détourné sa superbe frappe enroulée au bout du suspense (90e +2).