La rencontre entre le Paris Saint-Germain et l’Olympique de Marseille est un Classique du championnat de France de Ligue 1. En temps normal, c’est la rivalité entre les deux clubs, et leurs supporters, qui donne tant de relief à cette rencontre. Sauf que cette saison, l’enjeu sportif est également considérable puisque c’est dans la peau du leader que l’OM vient défier le PSG, 3e au coup d’envoi après la victoire lyonnaise contre Guingamp (3-1), au Parc des Princes. La première occasion du match ne se faisait pas attendre puisque l’OM touchait le poteau dès la 5e minute de jeu. Thauvin trouvait la tête de Gignac sur corner, lequel expédiait le ballon sur la barre, avant que Payet ne manque le cadre sur sa reprise. Premier frisson dans les travées du Parc des Princes.

Les Marseillais insistaient et c’était au tour d’Alessandrini de manquer le cadre d’une jolie demi-volée après un bon déboulé côté gauche de Mendy (7e). Résultat de cette belle entame, les Phocéens affichaient déjà 5 tirs au compteur après 10 minutes de jeu, quand les Franciliens n’avaient toujours pas eu la possibilité de prendre leur chance. Il fallait attendre ce une-deux entre Matuidi et Pastore côté gauche pour voir l’international français frapper au-dessus du but de Mandanda (16e). L’Argentin n’était pas en reste puisque c’était lui qui cadrait la première tentative parisienne sur une talonnade de Lucas dans la surface (22e). Les occasions s’enchaînaient de part et d’autre et c’était au tour d’Alessandrini d’inquiéter Sirigu d’une frappe vicieuse à l’entrée de la surface (30e).

C’est pourtant le PSG qui ouvrait la marque. Lavezzi et Cavani combinaient sur l’aile gauche, et l’Argentin de centrer au cordeau devant le but. Mendy croit arriver avant Lucas mais dégage sur le Brésilien qui fusille Mandanda (38e, 1-0). L’OM prenait un coup sur la tête mais pensait réagir via Payet, au terme d’une bonne percée qui s’achevait dans la surface, Thiago Silva profitant des tergiversations de l’attaquant marseillais pour mettre un terme à l’action (42e). La seconde période débutait sur des bases tout aussi plaisantes, avant que la rencontre devienne nettement plus tactique à l’abord des 20 dernières minutes. Événement s’il en est, Zlatan Ibrahimovic faisait son grand retour sous le maillot du PSG en remplaçant Lavezzi (66e). Autre tournant, le carton rouge sorti par Clément Turpin à Imbula sur un contact viril avec Cabaye (78e). De quoi sceller l’issue d’un match qui avait perdu de sa superbe, d’autant que Cavani reprenait de la tête un superbe centre d’Aurier (86e). Cruel pour l’OM qui peut se consoler en s’accrochant à sa place de leader, un point devant le PSG

L’homme du match : Verratti (7,5) : replacé un cran plus bas qu’à l’accoutumée, quoiqu’il est habitué à dézoner, en raison de l’absence de Thiago Motta, il a fait preuve d’un sang-froid impressionnant lors de ses relances et ses percussions, parfois même au départ de sa propre surface (13e, 17e). N’a pas hésité à venir aider ses défenseurs centraux et ainsi procéder à la première relance, avec brio. Ajoutez à cela une belle agressivité sur le porteur du ballon, et vous obtenez une prestation très aboutie. Remplacé par Cabaye (66e), qui allait provoquer l’expulsion d’Imbula (78e).

PSG :

- Sirigu (6,5) : sollicité à de très nombreuses reprises, il a répondu présent. Sauvé tout d’abord par son poteau sur la tête de Gignac (5e), il devait s’employer sur cette frappe lointaine d’Alessandrini (30e). De bonnes appréciations des trajectoires et plusieurs interventions aériennes réussies après la pause. Clean sheet à la clé face à la meilleure attaque du championnat.

- Aurier (7,5) : certainement le match référence du latéral droit ivoirien depuis son arrivée à Paris. En plus d’avoir gratté bon nombre de ballons, il a multiplié les bonnes montées (21e) malgré la présence de Thauvin. Précis à la relance (34e), il a également multiplié les bonnes interventions (45e+1). Une frappe qui fuit le cadre de peu (50e). Passeur décisif d’un centre magnifique pour la tête de Cavani (86e).

- Thiago Silva (6) : pas son meilleur match, mais prestation correcte étant donné qu’il est en phase de reprise après sa gosse blessure du début de saison. Un peu attentiste devant Gignac (9e) avant de perdre le cuir face à l’attaquant marseillais (27e) mais aussi de bonnes interventions (12e, 34e) et une relance de qualité.

- David Luiz (6) : au même niveau que son compatriote et ami de l’axe de la défense parisienne. Sans passer à côté de l’événement, il n’a pas su dégager l’assurance qui peut être la sienne à l’accoutumée. Une communication pas toujours au top avec Thiago Silva mais également de belles percées balle au pied dans la moitié de terrain adverse (13e) ou des interventions défensives de qualité (73e).

- Maxwell (6) : il a pris le feu pendant vingt grosses minutes en début de rencontre, obligé de faire preuve d’une vigilance extrême pour ne pas prendre le bouillon face aux attaquants marseillais. Mais tenait bon, soignait sa relance (20e) et se retrouvait même à deux doigts de reprendre une ouverture lumineuse de Pastore si Cavani ne lui avait pas enlevée (27e).

- Verratti (7,5) : voir ci-dessus.

- Matuidi (6,5) : un rôle ingrat entre un Verratti dévoreur de ballons et un Pastore lui aussi avide de possessions vers l’avant. A pourtant su trouver sa place, sachant descendre pour aider à éteindre l’incendie lors du premier quart d’heure, comme de déborder superbement dans la surface pour servir Lavezzi en retrait (33e). Dans l’ombre, il fallait savoir briller : c’est chose faite.

- Pastore (7) : l’Argentin s’est montré étincelant, rien de moins, face à l’OM. Toujours aussi facile techniquement, il a également fait parler sa vista pour relancer vite et propre, puis briller en projection vers l’avant. Des déviations astucieuses (13e), plusieurs frappes intéressantes (22e, 33e), une superbe ouverture qui aurait pu permettre à Maxwell de marquer sans l’intervention de Cavani (27e) ainsi qu’un soutien sans faille à ses coéquipiers tout au long du match. Remplacé par Marquinhos (88e).

- Lucas (7,5) : le virevoltant ailier parisien a parfois des misères à l’arrière-garde marseillaise : avec cette talonnade pour Pastore (22e), cette combinaison avec Aurier dans un petit périmètre (24e), cette super chevauchée plein axe (25e) avant d’ouvrir la marque en faisant parler sa hargne devant Mendy (38e). Moins en vue après la pause, sans disparaître pour autant. Un grand match de sa part.

- Cavani (6) : l’un des Parisiens les moins en vue dimanche soir avant son but. Placé assez haut, il a mis 20 minutes à toucher son premier ballon dos au but. Puis une frappe sans danger (24e), une mauvaise remise pour Lucas (25e), une balle de but enlevée à Maxwell (27e), un choix étrange de temporiser en plein contre (34e). Mais on ne peut pas lui enlever cette avant-dernière passe sur l’ouverture du score (38e) ainsi que son but de la tête en fin de match (86e).

- Lavezzi (6) : s’il n’a pas existé avant la demi-heure de jeu, étant donné qu’il était contraint de descendre pour soulager un Maxwell en souffrance face aux coups de boutoir marseillais, il a par la suite su exploser en contre. Impliqué sur le but de Lucas puisqu’il centre au cordeau. Une frappe trop axiale (54e) ainsi qu’une reprise sur corner (58e) dont s’est saisi Mandanda sans problème. Remplacé par Ibrahimovic (66e) pour sa 100e sous le maillot parisien.

OM :

- Mandanda (4,5) : le gardien remplaçant d’Hugo Lloris en Équipe de France a effectué une prestation plus que moyenne. Un très bel arrêt devant Pastore pour débuter son match (20e), mais il confirma ses problèmes dans les sorties sur la réalisation de Lucas Moura (38e), même si ce dernier était à bout portant, et des erreurs de communication avec ses défenseurs (cf. son choc avec Dja Djédjé).

- Dja Djédjé (5,5) : lui qui revient de suspension, de justesse après son incident avec Paul-Georges Ntep, s’est montré très convaincant dans sa participation offensive et dans son harcèlement des attaquants parisiens. Un véritable chien de garde.

- Fanni (5) : pas grand chose à signaler. Le latéral droit de métier a assuré dans son remplacement de Morel au centre. Paradoxalement, il n’a pas été tant sollicité malgré la victoire parisienne et a été autoritaire dans les duels.

- N’Koulou (5,5) : très concentré devant un Edinson Cavani à côté de ses pompes, avec une intervention de justesse (24e) même s’il fut impuissant sur la tête de l’Uruguayen. L’entrée de Zlatan Ibrahimovic n’a pas influé sur son jeu. Le N’Koulou des deux dernières saisons a disparu et celui de sa première saison commence à revoir la lumière.

- Mendy (4) : ses montées sont incisives et toujours aussi efficaces. Il semblait dans le tempo en début de partie, cependant, sa passivité sur le but de Lucas, qui engendre le but (38e), et son absence sur le débordement d’Aurier entachent sérieusement sa performance. Surtout qu’il a été l’auteur de plusieurs retours notables. Très dommage.

- Imbula (5) : une couverture de balle impeccable qui a beaucoup aidé les offensives et les relances, un peu dans le style de Verratti. Sa deuxième partie de match ne reflète pourtant pas son apport de la première mi-temps, perdant quelques ballons stupides et en se faisant déborder à maintes reprises par Lucas. Expulsé très sévèrement pour un contact avec Cabaye (79e). Frustrant.

- Lemina (6) : pas de véritable expérience à ce niveau, il n’a toutefois pas montré un signe de nervosité devant le trio parisien défensivement et offensivement parlant. Il ne s’est pas laissé marcher dessus au milieu, jusqu’à prendre quelques coups. Un bon joker pour l’avenir. Remplacé par Barrada (75e).

- Thauvin (6) : comme lors de ses dernières sorties, il est arrivé avec de bonnes intentions. Lui qui avait complétement raté son Clasico l’année dernière, a rendu une copie de bien meilleure qualité. Il s’est dépensé sans mesurer sur son flanc gauche manquant de précision dans le dernier geste. Remplacé par Batshuayi (65e).

- Payet (5) : un peu en dessous lors de la bonne période marseillaise. Il s’est emmêlé les pinceaux au cours de la première mi-temps à l’image de sa cogitation devant Thiago Silva, une action aurait pu remettre les Phocéens sur de bons rails juste avant la pause (43e).

- Alessandrini (6,5) : il avait la lourde tache de remplacer André Ayew, suspendu. Il a même mieux fait que de substituer le Ghanéen. Sa vivacité et sa frappe de balle ont été des atouts de taille pour perturber le bloc parisien : une superbe reprise venant du centre de Mendy (7e), et une frappe arrêtée à l’entrée de la surface (30e). Le meilleur marseillais sur la pelouse.

- Gignac (6,5) : l’ancien toulousain n’a jamais scoré au Parc des Princes. Il était déterminé à vouloir conjurer ce mauvais sort, en témoigne sa tête sur poteau sur un corner de Thauvin (4e) et sa détermination dans le pressing. Cela aurait pu d’ailleurs payer avec ce ballon chipé à Thiago Silva et sur la passe de Sirigu.

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