Depuis quelques années maintenant, les PSG-OM ont récolté un nom : le Clasico. Un nom tiré du duel espagnol entre Barcelone et le Real Madrid. L’idée de le reprendre n’est pas si mauvaise tant la rivalité entre ces deux clubs est exacerbée. Le Sud contre le Nord, la capitale contre la provinciale, les prétextes historiques et géographiques ne manquent pas pour souligner le piment de cet affrontement. Une autre donnée vient ajouter du sel à la rencontre : sur la pelouse dimanche soir, 5 joueurs auront déjà porté les couleurs des deux clubs. Une sorte d’exploit, pourtant fréquent, tant il est difficile de se faire accepter par le public quand on vient de l’ennemi juré.

Ces cinq joueurs se nomment Lorik Cana et Modeste M’bami côté marseillais, Claude Makelele, Peguy Luyindula et Zoumana Camara côté parisien. L’occasion de revenir sur ces joueurs qui n’ont pas hésité à franchir le pas et à hériter pendant quelques temps du statut de traître.

Dimanche soir, le capitaine du PSG va découvrir la ferveur de cette rencontre en portant le maillot du club de la capitale. Claude Makelele a évolué à l’OM lors de la saison 1997-1998. Marseille avait alors terminé le championnat à la 4e place alors que le recrutement laissait espérer la conquête d’un titre qui échoua finalement à Lens. Le Makelele d’alors n’avait pas encore ce statut de milieu récupérateur mais de milieu plus offensif, décalé sur la droite, qui savait déborder et marquer. Ce n’est pas à l’OM qu’il a pris sa dimension d’homme défensif indispensable à l’équilibre d’une équipe, mais en Espagne. Car après juste un an passé sur la Canebière, l’ancien Nantais faisait ses bagages pour le Celta Vigo. Et le seul PSG-OM qu’il avait donc disputé l’avait vu victorieux (2-1 pour l’OM au Parc).



Formé à Paris, devenu capitaine de l’OM

A contrario, Lorik Cana en a vécu une belle quantité. Et est lui passé d’un club à l’autre sans regret. Apprécié par les supporters parisiens pour sa combativité, il était l’enfant du PSG, qui l’avait accueilli après qu’il ait fui l’Albanie. Et pourtant, après quelques rencontres passées sur le banc en début de saison 2005-2006, le milieu de terrain défensif a décidé de quitter le club de la capitale. Peu importe que les dirigeants parisiens ne veuillent pas le lâcher, Cana a fait le forcing, et le mot est faible, pour rejoindre l’OM, tout heureux de piquer un joueur prometteur à son rival de toujours. Depuis, Cana s’est parfaitement acclimaté à la Canebière et les supporters phocéens lui ont assez vite pardonné son origine parisienne. Le voilà depuis un an et demi capitaine de l’OM. 

Une distinction que n’auront probablement jamais M’Bami ou Luyindula. Le cas du premier cité ressemble finalement un peu à celui de Lorik Cana, avec un an de décalage. En 2006-2007, Modeste ne démarre pas la saison en tant que titulaire et souhaite clairement changer d’air. C’est Marseille qui en profite une nouvelle fois et qui offre au Camerounais ses galons de titulaire. En quelques matches, il est adopté par le Vélodrome. Ce Vélodrome qui n’a jamais véritablement accepté Peguy Luyindula et qui a précipité son départ.

Prêté successivement à Auxerre puis à Levante, il échoue finalement à Paris où il traîne d’abord un certain mal-être. Le Parc des Princes ne croit pas en la résurrection de cet attaquant qui faisait des étincelles sous le maillot lyonnais et qui avait rendu des statistiques honorables à l’OM (10 buts en 30 titularisations). Ce n’est que cette saison que Peguy Luyindula a réussi à convaincre les fans parisiens. Pourtant, l’année dernière, c’est lui qui avait égalisé de la tête face à l’OM (1-1).

Une fois de plus, ces cinq joueurs vont se retrouver sur la pelouse du Parc et éprouver des sensations qu’ils ont forcément déjà connues des deux côtés de la barrière. Qu’ils se rassurent, ils sont loin d’être les seuls. De Jérôme Leroy à Frédéric Déhu en passant par Peter Luccin ou Fabrice Fiorèse, ils sont nombreux à avoir trahi tout un peuple. Et le nombre continuera sans doute toujours d’augmenter...