Présenté au public du Parc des Princes lors de la 1ere journée de Ligue 1 face à Amiens, Neymar effectuait face à Toulouse ses grands débuts à domicile, une semaine après avoir été étincelant à Guingamp avec une passe décisive et un but. Au-delà de cet événement, il s’agissait pour le PSG de recoller à l’AS Monaco et Saint-Etienne en enregistrant une troisième victoire en autant de rencontres. Face à un Téfécé organisé en 4-2-3-1, le club de la capitale a entamé la rencontre tambour battant. Pascal Dupraz avait promis le « bus » devant les buts de Lafont, mais étrangement, il y avait dès le début de rencontre beaucoup d’espace entre les lignes toulousaines, dans lequel Di Maria s’engouffrait allègrement. L’Argentin était ainsi à l’origine des nombreuses situations parisiennes.

Dès la 7e minute, il lançait Neymar côté gauche. Le Brésilien tentait de le resservir au point de penalty mais Blin exécutait un tacle salvateur. Le numéro 10 parisien négociait mal ensuite un 3 contre 2 en choisissant Di Maria plutôt que Cavani dans la surface. Les Parisiens dévoilaient l’étendue de leurs capacités techniques en proposant des enchaînements à haute vitesse à l’entrée de la surface. Neymar, toujours lui, tirait à deux reprises, d’abord suite à une talonnade de Kurzawa (11e) puis sur une bonne passe de Dani Alves (14e). Paris gâchait ses occasions du premier quart d’heure en ne concrétisant pas. Et comme souvent dans ces cas-là, l’adversaire sanctionne. Cela se vérifiait avec un but du revenant Max-Alain Gradel, dont la reprise consécutive à un centre d’Amian a trompait Aréola (1-0, 18e) ! A la surprise générale et après un premier quart d’heure largement dominé par le PSG, c’est bien le Téfécé qui menait à la marque. La réaction ne se faisait pas attendre avec une nouvelle alerte sur les buts de Lafont signée Neymar, dont la tête, pas son point fort le plus connu, touchait le poteau après un nouveau centre précis d’Alves.

Très disponible et affûté, la nouvelle star parisienne était récompensée de ses efforts en reprenant, à bout portant, une frappe de Rabiot repoussée par Lafont, avec lequel il avait précédemment combiné (1-1, 31e). Le public parisien pouvait hurler sa joie face au premier but de Neymar au Parc des Princes. Le PSG reprenait sa domination outrageuse et trouvait de nouveau le chemin des filets. Rabiot et Neymar, encore eux, proposaient un une-deux, et le Français déclenchait une frappe rasante qui battait Lafont (2-1, 35e). Le PSG avait donc vite réagi et pouvait rentrer aux vestiaires avec l’avantage au score. Au retour des vestiaires, le match reprenait sur le même mode, avec une possession énorme du club de la capitale, mais un peu moins de rythme.

Paris s’est mis en difficulté... avant de s’échapper

C’est même Toulouse qui s’offrait la première occasion de la deuxième période avec un ballon de Gradel pour Delort, un peu court, qui glissait le ballon hors de portée d’Aréola mais Kimpembe veillait (55e). Paris se réveillait un peu avec un débordement de… Kimpembe dont le centre à destination de Cavani était détourné en corner (58e). Unai Emery, pour redonner un peu de souffle à son équipe, lançait Pastore à la place de Motta (68e) mais était vite pénalisé par Marco Verratti, qui taclait bêtement Jullien dans la surface toulousaine. Deuxième jaune et donc carton rouge pour l’Italien, un ton en-dessous ce dimanche soir. Paris gardait malgré tout le jeu à son compte. Di Maria servait parfaitement Cavani, très discret par ailleurs, dont la frappe était détournée par Lafont. C’est finalement Neymar qui faisait de nouveau la différence, avec un penalty, généreusement obtenu. Cette fois-ci, Cavani ne transigeait pas et transformait en force (3-1, 75e). Le match s’emballait de nouveau avec la réduction du score, sur corner, de Jullien (3-2, 78e), avec un peu de chance.

A 10 contre 11, le PSG pouvait encore craindre un retour du Téfécé. Mais c’est à cet instant que Javier Pastore choisissait d’étaler sa classe, en envoyant une frappe enroulée en pleine lucarne, après une remise en retrait de Di Maria (4-2, 82e). Puis Neymar délivrait sa deuxième place décisive de la soirée sur un corner, délicieusement repris en ciseau par Kurzawa, à bout portant (5-2, 84e). Toulouse avait rendu définitivement les armes. Pas Neymar, qui s’offrait un doublé après un numéro de soliste au cœur de la surface adverse (6-2, 91e). Et le Parc des Princes pouvait chanter pour fêter ce deuxième succès de la saison à domicile, qui le place en tête de la Ligue 1, devant Monaco à la différence de buts. La saison est bel et bien lancée.

L’homme du match : Neymar (9) : un but plein d’opportunisme alors qu’il était au départ de l’action, une remise décisive pour Rabiot sur le second but, un penalty obtenu,un corner décisif pour Kurzawa et un deuxième but après un numéro de soliste dans la surface. Comme lors de sa première apparition, face à Guingamp, le Brésilien a soigné ses stats et s’est montré décisif. Ses prises de balle sont un régal, ses accélérations font souvent très mal à l’adversaire. On le sent déjà pleinement adapté à ses nouveaux partenaires. Un petit bémol cependant : il a parfois privilégié la solution individuelle au détriment du collectif. Mais que dire face à un tel talent, qui a ravi le Parc des Princes pour sa grande première dans l’enceinte parisienne.

PSG :

- Aréola (4,5) : pas sûr que ce match aidera à clore le débat sur les gardiens au PSG. Déjà parce qu’il n’a pas eu beaucoup de ballons à arrêter. Mais surtout parce que sur la première frappe toulousaine, cela a donné but. Il est certes gêné sur le but de Gradel, mais la reprise de l’Ivoirien termine en plein milieu du but... Il ne peut rien sur le second but toulousain.

- Dani Alves (6) : ses centres et ses prises d’initiative sont souvent un régal. Il amène de la diversité au jeu parisien et évolue parfois tel un ailier droit, ce qui permet à Di Maria d’entrer dans le coeur du jeu. Cependant, il affiche certaines faiblesses dans le replacement défensif, pas vraiment une nouveauté. Il oublie complètement Gradel dans son dos sur le but toulousain. Plus discret en seconde période.

- Thiago Silva (5) : il s’est d’abord fait bouger par Delort sur les premières prises de balle de l’attaquant toulousain mais a progressivement pris le dessus. On l’a vu se positionner très haut et même tenter sa chance d’une frappe lointaine en première période, détournée de justesse par Lafont. Il se fait dominer dans les airs par Jullien sur la réduction du score, même s’il a joué de malchance, détournant malgré lui le ballon dans ses filets.

- Kimpembe (6) : on peut considérer qu’il est le premier coupable sur le but toulousain, puisque le décalage au marquage vient de son positionnement au premier poteau, sans adversaire direct. Pour le reste, il a affiché sa solidité dans les duels, grattant plusieurs ballons dans les pieds adverses. Un impact physique indiscutable.

- Kurzawa (6) : positionné très haut dans son couloir, il s’est montré plutôt inspiré offensivement, avec des montrées tranchantes et de bonnes combinaisons avec Neymar. Défensivement, il se fait passer trop facilement par Amian sur le but de Toulouse, effacé par un grand pont. Mais pour bonifier son bilan, il a eu la bonne idée d’inscrire un magnifique but, en ciseau retourné, sur un corner tiré par Neymar.

- Motta (7) : l’actualité florissante autour du PSG ne le place évidemment pas au premier plan, mais il faut dire que l’Italien réussit son début de saison. A l’image de ses deux premiers matches, il est apparu très affûté physiquement. Des jaillissements précieux et un repli défensif impeccable. A cela s’ajoutent ses qualités habituelles, à savoir sa science de la passe et sa gestion du tempo. Un match solide. Remplacé par Pastore (68e). L’Argentin n’a pas eu besoin de beaucoup de temps pour faire parler sa classe. Quelques beaux gestes et puis un but somptueux d’une frappe enroulée en pleine lucarne (82e).

- Rabiot (7,5) : le passage de témoin a eu lieu. Avant la rencontre, Matuidi a dit adieu au Parc des Princes et à ses partenaires. Sur le pré, Rabiot a hérité, comme depuis le début de la saison, de son poste et il n’a pas déçu, bien au contraire. Tranchant dans les duels, tourné vers l’avant, le milieu s’est montré à son aise techniquement. C’est lui qui combine avec Neymar sur le premier but, lui qui inscrit le second d’une frappe limpide, l’un de ses points forts. Un match plein, terminé au charbon, dans l’entrejeu, à 10 contre 11.

- Verratti (3) : un début de match tonique, avec notamment une ouverture délicieuse pour Di Maria. Puis plus grand-chose. A l’image de son début de saison, le petit Italien a affiché un niveau décevant, avec plusieurs pertes de balles étranges et peu d’inspiration dans ses choix. Il a surtout pénalisé son équipe en recevant un carton rouge à la 69e minute en allant bêtement tacler Jullien dans la surface adverse, même si ce dernier jouait bien le coup. Il va vite devoir se reprendre...

- Di Maria (6,5) : brillant en première période, il a délivré de nombreux caviars à ses partenaires et a parfaitement combiné avec Dani Alves sur le côté droit. De belles inspirations et une complicité technique évidente avec Neymar. Il lui a manqué un but pour parachever sa bonne prestation. On l’a un peu moins vu en seconde période, même s’il a notamment donné un bon ballon de but à Cavani et surtout bien décalé Pastore pour le 4e but. Remplacé par Draxler (86e).

- Cavani (5) : drôle de soirée pour Edinson Cavani. Certes, il a marqué son 3e but en 3 rencontres, sur penalty. Mais l’Uruguayen n’a pas semblé dans le même tempo que ses partenaires offensifs. Ces derniers l’ont d’ailleurs rarement servi dans de bonnes conditions, ignorant ses appels en première intention. On l’a vu souvent s’agacer devant les choix de ses coéquipiers. Remplacé par Lo Celso (86e).

- Neymar (9) : lire ci-dessus.

Toulouse :

-  Lafont (4) : il a dû garder les yeux bien ouverts durant toute la première période, avec pas moins de sept arrêts au compteur (1ère, 21e, 26e, 34e, 44e...). Sauvé également par sa transversale sur une tête de Neymar (14e). Sur l’égalisation parisienne (31e), certains diront qu’il aurait pu mieux repousser la frappe de Rabiot, qu’il n’a pu dévier dans les pieds de Neymar. Sur le but de Rabiot (35e), il n’y peut absolument rien. Dans le second acte, il s’est montré décisif sur une frappe moyenne de Cavani (73e), mais a ensuite pris quatre buts en seize minutes, abandonné par sa défense. Six buts encaissés ce soir, c’est beaucoup.

-  Amian (4,5) : discret offensivement jusqu’à sa magnifique action individuelle amenant le but de Gradel (18e). Sur ce coup-là, le jeune défenseur français de 19 ans a éliminé Kurzawa d’un grand pont avant de délivrer un centre millimétré pour Gradel. C’est à son tour de se faire enrhumer sur la talonnade de Neymar amenant l’égalisation parisienne (31e). Une première mi-temps en dents de scie. En seconde période, comme ses voisins de la défense, il a dû rendre les armes face au talent du PSG et de Neymar malgré le fait d’avoir commis très peu d’erreurs. Dur.

-  Diop (4) : vigilant dès le début avec des bons dégagements de la tête (3e, 20e) et deux contres décisifs sur une frappe de Neymar (11e) et une action de Cavani (42e). Il a plutôt bien tenu la baraque en première période mais les multiples vagues d’attaques parisiennes ont finalement eu le dernier mot. Dans le second acte, il a failli tromper son propre gardien (59e) sur un centre de Kimpembe. A dégagé de justesse le ballon de pieds de Neymar qui allait frapper (72e). Comme Jullien, un match où il ne peut vraiment pas se reprocher grand chose, mais le talent d’en face était trop grand.

-  Jullien (5) : il a perdu un ballon dangereux, provoquant une demi-occasion parisienne (7e), mais il s’est bien remis avec plusieurs dégagements importants dans la surface (9e, 10e, 27e). Comme Diop, il n’a rien à se reprocher sur les deux buts parisiens (31e, 35e) mais la domination parisienne a fini par payer. Une seconde période solide, avec plusieurs dégagements (48e, 66e), dont deux cruciaux sur Neymar (69e) et Draxler (89e). Sur un énième dégagement, il a provoqué l’expulsion de Verratti (70e). Il a marqué le but de l’espoir toulousain de la tête sur un corner de Jean (78e). Il ne mérite pas les six buts encaissés par le TFC.

-  Moubandje (4) : l’international suisse est vite entré dans la partie, battu d’abord sur une ouverture parisienne (1ère) avant une belle accélération sur son côté gauche (4e). Battu par Dani Alves sur l’action amenant la frappe sur la transversale de Neymar (14e), il n’a pas eu le temps de se reposer en première période et a fait quelques fautes de marquage. Quelques percées intéressantes offensivement sinon. Une deuxième mi-temps beaucoup plus calme, car le danger est surtout passé dans l’axe et sur le côté gauche. Un match sobre, mais les Parisiens étaient trop forts.

-  Blin (4) : auteur d’un bon dégagement sur Neymar (3e), puis d’un tacle sauveur sur Di Maria qui armait sa frappe (7e), il a rassuré les siens au début. Sa perte de belle (10e) a failli coûter cher ensuite, mais il a fait du bon travail en première mi-temps, avec des bonnes récupérations et des passes bien dosées. Il a baissé d’un cran en seconde période, et a surtout compté sur l’énergie et l’impact physique de Somalia. Averti pour une bousculade sur Jullien (68e).

-  Somalia (6) : le Brésilien a été adroit avec le ballon en première période et a mené de bonnes phases toulousaines (8e, 18e sur l’action du but, 30e). Défensivement en revanche, il a parfois été pris de vitesse et est battu sur la tête de Neymar qui a échoué sur le poteau (26e). Une première mi-temps intéressante. Sa force physique a été précieuse en seconde période, il a gratté plusieurs ballons au milieu mais a été moins précis dans ses passes. Il a fait son travail ce soir, mais doit s’incliner devant les stars du PSG.

-  Gradel (6) : discret jusqu’à son but (18e) où il a parfaitement repris un centre d’Adou. Le joueur prêté par Bournemouth a crucifié Areola d’une volée sans contrôle de l’intérieur du pied. A part son but, il a été quasiment inexistant en première période. Très dynamique au retour des vestiaires, il est à l’origine de deux occasions toulousaines (51e, 55e). Le meilleur joueur offensif de Toulouse ce soir, remplacé par Michelin (62e), qui a parfois été pris de vitesse par Neymar ce qui lui a valu un carton jaune (81e).

-  Durmaz (2,5) : pris de vitesse sur la première accélération de Neymar où il a dû commettre une faute (2e), l’international suédois n’a pas vraiment trouvé ses repères en première période. Il a mal négocié certains ballons (comme à la 35e où il y avait un bon contre à jouer et où le PSG a finalement marqué, et la 37e). Une première mi-temps ratée, il est d’ailleurs remplacé à la pause par Jean (46e - note 5,5). L’ancien Monégasque s’est surtout illustré sur les coups de pieds arrêtés, avec une passe décisive sur corner pour Jullien (78e). Plus en jambes que Durmaz, il mérite la moyenne.

-  Delort (4) : l’ancien joueur de Tours a fait ce qu’il a pu en première période, tenant plutôt bien le ballon quand il le fallait. Une première-temps où il a surtout été spectateur. Comme Toivonen, il est revenu avec des bonnes intentions et n’est pas loin d’égaliser (55e) après un bon travail avec Gradel mais il s’est loupé sur sa frappe. Il est débordé par un grand pont de Neymar et semble ensuite avoir joué le ballon en taclant, mais l’arbitre a sifflé penalty (74e). S’est vite repris avec une frappe puissante et contrée (76e) qui a amené le corner du deuxième but toulousain. Un match où il s’est bien battu, pour rien.

-  Toivonen (3,5) : comme Delort, l’international suédois a été quasiment inexistant en première période en raison de la forte domination parisienne. Il s’est enfin illustré au début du second acte (51e) où il a failli reprendre de la tête un centre de Gradel qu’il avait lui-même décalé. Un match difficile pour lui, remplacé par Machach (58e), qui n’a pas vraiment pu s’exprimer.

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