La tension est palpable au Stade Rennais. Hier, la défaite face à l’Olympique de Marseille à domicile (1-0) a été visiblement la goutte d’eau qui a fait déborder le vase pour le public breton. Un public déçu et qui apprécie le beau jeu, en témoigne l’acclamation réservée à Hatem Ben Arfa il y a quelques semaines. Mais les spectateurs rennais ne sont pas servis ces temps-ci. « On se fait chier ! », « Montanier démission ! ». Les mots des supporters hier au Roazhon Park ont été forts. Ils ont surtout été à la hauteur de leur déception. Dixièmes après 16 journées de championnat, les Rennais sont loin d’évoluer au niveau que l’on pouvait présager à la vue de leur effectif et de leur mercato. Et forcément, le capitaine de bord Philippe Montanier est dans la ligne de mire.

Ses choix tactiques et les nombreux changements qu’il tente, font l’objet de critiques. On lui reproche d’ailleurs souvent de trop s’adapter à l’adversaire. Hier face aux Phocéens, l’entraîneur rennais a démarré avec un 4-1-4-1 très défensif. En plus d’avoir aligné deux numéros 6 (Fernandes et Sylla), il a notamment lancé Mehdi Zeffane, latéral droit de formation, au poste d’ailier droit. Contrairement au match face à l’OL, son pari n’a pas été payant. Malgré les absences de Giovanni Sio ou Paul-Georges Ntep, Juan Quintero a encore commencé sur le banc. La gestion de la recrue, qui envisagerait un départ, interroge. L’absence au coup d’envoi d’un élément comme Kamil Grosicki, meilleur buteur du club cette saison en Ligue 1 (5 réalisations), aussi. Des choix qui traduisent quelque part le manque d’ambition de Montanier. Le coach s’en est expliqué : « Il fallait d’abord être costaud, bien en place. Je ne voulais pas mettre toutes les munitions d’entrée ». Sauf que cela n’a pas payé et qu’encore une fois il s’est donc adapté à l’adversaire du jour.

Un entraîneur menacé ?

Ses choix sont d’ailleurs aussi pointés du doigt au sein de l’écurie rennaise. Contactée par nos soins, une source interne du club nous a confié : « Du fait des résultats, ce n’est pas facile en ce moment. Certains joueurs auraient aimé que ça joue un peu plus offensivement. Le fait de s’adapter aux adversaires est compliqué pour les joueurs parce qu’ils n’ont jamais de repères. Ensuite, ne pas jouer avec des joueurs offensifs n’est pas la meilleure des solutions ». Et si son coaching ne séduit pas tout le monde, l’homme ne fait pas non plus l’unanimité au sein du vestiaire rennais : « Dans le vestiaire, il n’est pas trop apprécié. Il y a eu certains problèmes aussi. Ça ne s’est pas toujours bien passé avec tout le monde. Il y a beaucoup de joueurs donc certains ne jouent pas et sont passés de tout à rien. Certains joueurs d’ailleurs ne sont pas contents du traitement qui leur est accordé. Donc je pense qu’ils ne vont pas faire long feu ici. (...) On n’en est pas encore au stade de la rupture. Mais ça commence à faire beaucoup. Quand l’équipe gagnait, ça allait. Mais ça, plus le fait de ne pas gagner, ça le fragilise un peu ».

Une situation qui, logiquement, remet de nouveau sur la table les questions au sujet de l’avenir du coach français. En février dernier, on évoquait déjà un départ ou une prolongation. C’est finalement la deuxième option qu’a choisie René Ruello, qui a étendu son bail jusqu’en 2019 au mois de mai dernier. Mais qu’en sera-t-il cette saison ? De passage en conférence de presse hier soir, Philippe Montanier, lui, a botté en touche au moment d’évoquer son avenir : « Ma situation personnelle n’est pas ce qui importe le plus. On restait sur une victoire et deux nuls et on oublie de dire que l’on n’avait perdu que trois fois depuis le début de la saison. Le championnat est très serré puisque l’on était à cinq points de la Ligue des Champions et à cinq points de la zone de relégation avant le match. On ne lâchera pas. Il va falloir faire des matches pleins pour récupérer des points ». Il va aussi falloir séduire un public qui en a assez....